Le ministre de l’Intégration régionale, Floribert Anzuluni, a reçu, le samedi 10 janvier 2026 à Kinshasa, une délégation de militants engagés venus du Nord-Kivu.
Originaires notamment de Béni, Masisi et Goma, ces activistes sont venus porter la voix des populations de l’Est de la République démocratique du Congo, durement affectées par les violences armées et l’occupation de certaines zones par les rebelles de l’AFC/M23.
Des témoignages poignants sur la vie sous occupation
Au cours des échanges, les militants, pour la plupart persécutés pour avoir dénoncé l’agression rwandaise ou refusé de rejoindre la rébellion, ont dressé un tableau sombre de la situation sécuritaire et humanitaire au Nord-Kivu, au Sud-Kivu et en Ituri.
Ils ont décrit un quotidien marqué par la peur, les déplacements forcés et une pression économique devenue insoutenable dans les zones contrôlées par le M23-AFC.
L’un des activistes a notamment dénoncé l’imposition de taxes exorbitantes aux populations civiles.
« Les habitants sont soumis à des taxes trop chères, allant jusqu’à 45 dollars par personne », a-t-il témoigné, soulignant l’impact dévastateur de ces prélèvements sur des familles déjà appauvries par des années de conflit et d’exil.
L’insécurité persistante et l’extension des violences
Au-delà des zones occupées par le M23, la délégation a également alerté le ministre sur la poursuite des attaques attribuées aux rebelles ADF dans le Grand Nord, ainsi que sur la propagation progressive de la violence vers de nouveaux territoires.
Ces dynamiques sécuritaires aggravent une crise humanitaire déjà critique, caractérisée par un accès limité aux soins de santé, à l’éducation et aux moyens de subsistance.
Un appel à la mobilisation nationale
Originaire de l’Est du pays et ancien acteur des mouvements citoyens, Floribert Anzuluni a reconnu la gravité de la situation décrite par ses interlocuteurs. Il a insisté sur la nécessité d’une prise de conscience collective face à l’ampleur de la crise.
« Le pays est agressé, la guerre est en cours et chaque Congolais doit l’intégrer. Seule une vaste mobilisation citoyenne, au-delà des clivages politiques, peut créer les conditions d’un retour à la paix », a déclaré le ministre, appelant à l’unité nationale pour faire face aux défis sécuritaires et humanitaires.
Porter la voix des populations de l’Est
Cette rencontre avait pour objectif de renforcer l’écoute des autorités nationales à l’égard des acteurs de terrain et des victimes directes du conflit.
En recevant ces militants, le ministre de l’Intégration régionale a voulu rester attentif aux réalités vécues dans l’Est du pays afin de plaider pour des solutions durables en faveur de la paix, de la sécurité et de la dignité des populations affectées.
Lydia Mangala


