À quelques jours de la journée « ville morte » annoncée par l’opposition congolaise, la Police nationale congolaise (PNC) hausse le ton et renforce son dispositif sécuritaire dans la capitale. Lors d’une parade suivie d’une réunion stratégique, tenue le jeudi 28 mai, le commissaire divisionnaire adjoint Israël Kantu Bakulu a appelé ses troupes à une vigilance accrue pour prévenir tout trouble à l’ordre public.
Face aux commandants des unités urbaines, des groupes mobiles d’intervention (GMI), du Groupe de lutte contre la criminalité et les stupéfiants (GLCCS) ainsi que des services des renseignements généraux, le chef de la police à Kinshasa a insisté sur la nécessité d’anticiper tout débordement lié aux manifestations prévues. L’objectif est d’encadrer les protestations tout en garantissant la sécurité des citoyens non concernés.

« Vous devez être vigilants. Vous allez encadrer toutes les manifestations qui auront lieu à Kinshasa. Vous devez être partout, même là où vous n’êtes pas appelés », a-t-il déclaré, exhortant ses hommes à faire preuve de professionnalisme.
Il a également insisté sur l’image du pays, rappelant que tout dérapage pourrait être observé et amplifié, notamment par les médias et la communauté internationale.

Dans son intervention, Israël Kantu Bakulu a fait état d’informations préoccupantes concernant la présence présumée d’un groupe d’individus dont les nationalités et les intentions restent inconnues.
« Nous avons appris qu’il y a un groupe d’individus venu du Kongo-Central. Nous ne connaissons ni leurs nationalités ni le véritable objectif de leur venue à Kinshasa », a-t-il alerté, appelant à multiplier les efforts pour « faire échec à tout projet visant à créer le chaos dans la capitale ».
La police a clairement affiché sa fermeté face à toute tentative de trouble.
« Tout individu qui tenterait de s’en prendre aux paisibles citoyens ou à leurs biens sera neutralisé conformément à la loi », a averti le commissaire provincial, soulignant la détermination des forces de l’ordre à protéger les personnes et leurs biens.

Cette mobilisation sécuritaire intervient dans un contexte politique tendu, marqué par l’appel de la plateforme d’opposition C64 à une journée « ville morte » le 3 juin prochain. Cette action vise à protester contre tout projet de révision de la Constitution et l’éventualité d’un troisième mandat du président de la République, Félix Tshisekedi.
La PNC entend à la fois prévenir les débordements, maintenir l’ordre public et permettre aux habitants de Kinshasa de vaquer librement à leurs occupations. Un équilibre délicat, dans un climat où les enjeux politiques et sécuritaires restent étroitement liés.
Lydia Mangala


