Le mercredi 18 juin 2025, Kinshasa a accueilli la troisième édition du Congo Digital Economy Summit (Codes Africa), placé sous le patronage d’Augustin Kibassa Maliba, ministre des Postes, Télécommunications et Numérique de la RDC et en présence de Mark-Alexandre Doumba Officiel, ministre gabonais de l’Économie numérique, de la Digitalisation et de l’Innovation.
Réunis autour du thème « Souveraineté, sécurité, prospérité », gouvernements, investisseurs, startups et régulateurs ont dresser un état des lieux du numérique en Afrique et ont débattu des stratégies à mettre en œuvre pour rattraper le retard du continent et poser les fondations d’une identité numérique panafricaine solide.
Un sommet stratégique pour la souveraineté numérique
La cérémonie d’ouverture a rappelé l’enjeu majeur d’un numérique porté par et pour les Africains.
« Il était important pour un pays frère comme la RDC de pouvoir soutenir l’initiative, qui allie développement de l’écosystème local et partage d’expériences avec le Gabon », a insisté Augustin Kibassa Maliba sur l’importance de tisser des liens entre pays frères.
« Nous devons harmoniser nos lois pour créer un cadre solidaire et ainsi développer efficacement nos économies numériques », estime le ministre congolais sur la coopération réglementaire comme un levier indispensable.
Une coopération renforcée entre la RDC et le Gabon
Aux côtés du ministre congolais, Mark-Alexandre Doumba, ministre de l’Économie numérique, de la Digitalisation et de l’Innovation du Gabon, a souligné la complémentarité des deux pays.
« La RDC peut apporter son expérience en matière de connectivité et d’innovation, tandis que le Gabon apprendra de ses succès pour consolider son propre secteur numérique », a-t-il déclaré.
« Le Gabon fait du numérique un levier essentiel de souveraineté, de productivité et d’inclusion », a déclaré le ministre gabonais, dont la présence souligne l’engagement de Libreville, a quant à lui mis en exergue la vision de son chef de l’État, Brice Clotaire Oligui Nguema.
« Moins de 100 datacenters sur le continent, soit 1,3 % de la moyenne mondiale, c’est inacceptable », a rappelé Mark-Alexandre Doumba Officiel a rappelé, chiffres à l’appui, le retard technologique auquel fait face l’Afrique.
« Nous devons investir massivement dans la science, la technologie et l’innovation pour combler le fossé numérique et construire une véritable souveraineté numérique africaine », a-t-il lancé.
Cette dynamique bi-nationale illustre la volonté des États africains de mutualiser leurs efforts pour combler un déficit criant.
Les jeunes, acteurs clés de l’identité numérique africaine
Magalie Tema Bemba, promotrice de Codes Africa, a mis l’accent sur l’engagement de la jeunesse.
« Le sommet permet à nos jeunes de prendre conscience que le numérique est avant tout entre leurs mains. Nous, responsables politiques, sommes là pour montrer le chemin, mais ce sont eux qui créeront le contenu local indispensable pour que l’Afrique soit à la fois un marché et un fournisseur de solutions », a-t-elle souligné.
Elle a insisté sur la nécessité de « connecter nos visions, nos compétences et nos volontés » pour forger un numérique « qui nous ressemble, qui rassemble et qui nous renforce ».
Des objectifs chiffrés et un horizon prometteur
Selon l’Union internationale des télécommunications, seulement 37 % de la population africaine est aujourd’hui connectée, contre 68 % dans le reste du monde.
« Si les investissements et la formation se poursuivent, nous pourrions atteindre plus de 50 % de connexions d’ici dix ans », ont-ils fait état d’une tendance à la hausse.
Dans tous les panels, experts et décideurs ont convergé vers la même conclusion : seuls des investissements audacieux et une coopération renforcée permettront à l’Afrique de prendre en main son destin digital.
Les ministres Doumba et Kibassa Maliba ont insisté sur :
– La mutualisation des infrastructures, pour multiplier les datacenters et réduire les coûts de connexion.
– L’harmonisation des régulations, afin de faciliter les échanges transfrontaliers de données et de services.
– Le soutien aux startups locales, moteurs d’innovation et de création d’emplois.
Souveraineté, sécurité et prospérité ne seront atteignables que par une coopération étroite, des réglementations harmonisées et l’implication active de la jeunesse africaine.
Lydia Mangala


