À Kinshasa, la 9ᵉ édition de la Semaine française s’affirme comme un espace de redéfinition des relations économiques entre la République démocratique du Congo et la France. Du 22 au 24 avril 2026, cette rencontre organisée par la Chambre de commerce et d’industrie franco-congolaise (CCIFC) réunit décideurs publics, entreprises et investisseurs autour d’une ambition commune de transformer les opportunités en partenariats structurants.
Au cœur de cette dynamique, l’intervention de Philippe Labonne, président du comité Afrique du MEDEF International et CEO du groupe Africa Global Logistics (AGL), a marqué les esprits par une vision claire du futur des relations économiques entre les deux pays.

Dès l’ouverture de la plénière inaugurale du mercredi 22 avril, il a salué la tenue de l’événement et le rôle des institutions dans la consolidation du dialogue économique. Mais très vite, son propos a dépassé le cadre protocolaire pour s’inscrire dans une réflexion plus large sur la transformation des partenariats.
Dans un contexte où la RDC attire de plus en plus l’attention des investisseurs internationaux, il a insisté sur la nécessité de dépasser les logiques classiques pour entrer dans une dynamique de co-construction. Une approche qui, selon lui, repose sur la responsabilité partagée et la valorisation des compétences locales.
« Nous sommes là non seulement pour investir, mais pour contribuer à l’émergence d’un Congo nouveau auquel nous participerons et dont in fine, nous bénéficierons », a-t-il affirmé, posant les bases d’une relation économique plus équilibrée.

Pour Philippe Labonne, la réussite des investissements ne peut plus être pensée sans un ancrage local solide. C’est dans cette logique qu’il a mis en avant le rôle central du capital humain, notamment à travers les programmes de formation et de transfert de compétences développés par AGL en RDC.
« Nous avons la chance d’être dirigés en Afrique, et en particulier au Congo, par des cadres que nous avons formés », a-t-il souligné, illustrant ainsi la volonté du groupe de bâtir une expertise locale durable.
Cette vision rejoint les attentes exprimées par les acteurs économiques congolais. Le président de la Fédération des entreprises du Congo (FEC) a, de son côté, rappelé la nécessité de créer un environnement des affaires stable et attractif pour favoriser l’émergence de champions nationaux.

Dans la même dynamique, le vice-Premier ministre en charge de l’Économie nationale, Daniel Mukoko Samba, a replacé les échanges dans un contexte global, marqué par des enjeux géostratégiques de plus en plus déterminants. Il a notamment insisté sur le fait que les décisions économiques actuelles ne peuvent être dissociées des réalités politiques et internationales.
La présence d’une délégation d’environ 25 entreprises françaises, dont plusieurs grands groupes, confirme l’intérêt croissant pour le marché congolais. À travers des rencontres B2B et des échanges institutionnels, les discussions ont rapidement évolué vers des perspectives concrètes de collaboration.
Dans ce cadre, AGL s’impose comme un acteur clé de la transformation logistique et infrastructurelle du pays pour accompagner la structuration des chaînes de valeur et soutenir le développement économique local.

Cette 9ème édition 2026 de la Semaine française de Kinshasa met en lumière une évolution profonde des relations franco-congolaises. L’heure n’est plus seulement aux intentions, mais à la construction de partenariats durables, fondés sur la confiance, la formation et le partage de valeur.
Ainsi, le message porté par Philippe Labonne résonne comme une ligne directrice : investir oui, mais surtout construire ensemble.
Lydia Mangala


