Au lendemain de la déclaration officielle de la 17ᵉ épidémie de maladie à virus Ebola en République démocratique du Congo, le Ministre de la Santé publique, Hygiène et Prévoyance sociale s’est rendu ce dimanche 17 mai à Bunia, chef-lieu de la province de l’Ituri, pour évaluer la situation sur le terrain et renforcer la coordination de la riposte sanitaire.
Conduisant une importante délégation composée notamment du directeur général de l’Institut national de santé publique (INSP), le Dr Dieudonné Mwamba Kazadi, ainsi que du coordonnateur du Centre des opérations d’urgences de santé publique (COUSP), le ministre Dr Samuel Roger Kamba a entamé une mission jugée stratégique dans une province déjà fortement touchée.

Selon l’Institut national de santé publique, cette descente intervient dans un contexte d’urgence sanitaire visant à évaluer la situation épidémiologique, renforcer les dispositifs de riposte, coordonner les interventions sanitaires et apporter un message de solidarité aux communautés affectées.
« À travers cette mission, le Gouvernement réaffirme son engagement à assurer une réponse rapide, coordonnée et efficace face aux urgences sanitaires, en plaçant la protection des populations au centre des priorités nationales », a précisé l’INSP.

Cette visite intervient alors que la situation s’est encore aggravée sur le plan international. Vingt-quatre heures après la déclaration de l’épidémie, l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) a annoncé que la flambée d’Ebola de souche Bundibugyo en RDC et en Ouganda constitue désormais une urgence de santé publique de portée internationale (USPPI).
Selon l’OMS, cette classification repose sur plusieurs facteurs préoccupants, notamment le taux élevé de positivité des premiers tests, la propagation transfrontalière déjà constatée, ainsi que l’absence de vaccin ou de traitement spécifique contre cette souche.

« L’OMS a identifié plusieurs facteurs aggravant le risque de propagation : l’insécurité persistante en Ituri, les déplacements massifs de populations, la forte mobilité liée aux activités minières à Mongbwalu et la densité des structures de santé informelles », a indiqué le communiqué, qui rappelle également les similitudes avec la grande épidémie de 2018-2019 en RDC.
L’organisation onusienne insiste toutefois sur le fait que cette situation ne constitue pas, à ce stade, une urgence pandémique. Elle recommande le renforcement de la surveillance, du traçage des contacts, du dépistage aux points d’entrée, ainsi que la gestion sécurisée des cas et des enterrements.
Par ailleurs, l’OMS déconseille fermement toute fermeture de frontières ou restriction commerciale, estimant que ces mesures seraient contre-productives et pourraient aggraver la propagation du virus.
Sur le terrain, la situation demeure préoccupante. Les zones de santé de Rwampara, Mongbwalu et Bunia enregistrent une progression rapide des cas, dans un contexte sécuritaire fragile marqué par l’activisme de groupes armés et des déplacements massifs de populations civiles, ce qui complique davantage la riposte sanitaire.
Cette nouvelle flambée survient quelques mois seulement après la fin de la 16ᵉ épidémie d’Ebola déclarée au Kasaï en décembre 2025, illustrant une fois de plus la récurrence de cette maladie dans le pays, malgré l’expérience accumulée par les autorités sanitaires congolaises.
Face à l’ampleur de la situation, les autorités congolaises et les partenaires internationaux promettent une réponse rapide et coordonnée afin de contenir cette 17ᵉ épidémie et limiter sa propagation au niveau national et régional.
Lydia Mangala


