Le Ministre des Ressources Hydrauliques et Électricité, Aimé Sakombi Molendo, s’est présenté, le dimanche 14 décembre 2025, devant le Sénat de la République pour répondre aux préoccupations des Sénateurs relatives à la politique nationale de desserte en électricité et à l’état d’avancement des projets hydroélectriques d’Inga.
Cette comparution faisait suite à une question orale avec débat, initiée le 3 décembre dernier par l’Honorable Sénateur Janvier Mwisha.
Une intervention structurée pour répondre aux préoccupations des Sénateurs
Devant la Chambre haute du Parlement, le Ministre Aimé Sakombi Molendo a livré une intervention méthodique et approfondie, structurée autour de quatorze points thématiques.
Il a ainsi apporté des éclaircissements précis à la centaine de questions formulées par les vingt Sénateurs ayant pris part à la séance précédente.
Privilégiant une exposition rigoureuse des faits à la simple rhétorique, le Ministre a détaillé la vision, les contraintes, les réalisations et les perspectives du Gouvernement en matière d’énergie électrique, suscitant une satisfaction perceptible parmi les élus.
Son exposé a permis de lever plusieurs zones d’ombre sur la planification énergétique nationale et sur la cohérence des projets en cours.
Kwango : une stratégie d’électrification fondée sur le potentiel hydroélectrique
Une part importante de l’intervention du Ministre a été consacrée à la Province du Kwango, pour laquelle une stratégie d’électrification progressive a été élaborée à partir des sites hydroélectriques répertoriés.
Il a notamment annoncé :
– l’électrification de Kenge à partir du soutirage du poste de Bukangalonzo (220/33KV – 75 MVA),
– la construction de la centrale hydroélectrique de Mafiji, d’un potentiel estimé à 63 MW, destinée à alimenter Kahemba, Tembo, Mawungu, Kasongo-Lunda et Popokabaka, avec des études actuellement en cours ;
– la centrale hydroélectrique de Kingambo, d’une capacité comprise entre 3 et 5 MW, pour électrifier la cité et le territoire de Feshi ;
– un projet du Programme Local Énergie (PLE) prévoyant 300 KWc pour Popokabaka cité et territoire ;
– la construction en cours d’une centrale solaire de 300 KWc, assortie d’un réseau électrique pour Kasongo-Lunda, avec un taux d’avancement estimé à 90 % pour la production, les équipements de réseau étant déjà en grande partie sur site.
Partenariats internationaux et projets sociaux structurants
Le Ministre a également mis en avant l’appui des partenaires internationaux, notamment la KOICA, l’agence japonaise de coopération, qui prévoit la construction d’une centrale hydroélectrique de 500 KWc destinée à alimenter l’Hôpital Général de Kenge ainsi que les ménages environnants.
Un protocole d’accord a été signé entre le Ministère des Ressources Hydrauliques et Électricité et la KOICA, avec un démarrage des activités prévu début 2026, confirmant l’orientation sociale des projets énergétiques du Gouvernement.
Importation d’électricité : une solution transitoire face au déficit énergétique
Interpellé sur la question sensible de l’importation d’électricité, le Ministre Aimé Sakombi Molendo a tenu à clarifier la position du Gouvernement.
Il a expliqué que cette mesure est autorisée à titre transitoire afin de combler un déficit estimé à 2 000 MW, principalement dans le secteur minier.
Selon lui, cette option vise à permettre aux entreprises minières d’augmenter immédiatement leur production, tout en laissant au Gouvernement le temps de déployer des solutions énergétiques nationales durables, capables de réduire progressivement la dépendance extérieure.
Il a donc fait comprendre qu’il s’agit d’une réponse pragmatique à une urgence économique, pendant que le gouvernement construit les bases d’une souveraineté énergétique réelle.
Une volonté affirmée d’assurer la souveraineté énergétique
En conclusion, le Ministre des Ressources Hydrauliques et Électricité a réaffirmé l’engagement du Gouvernement à renforcer l’accès à l’électricité, à accélérer les projets structurants, notamment Inga, et à garantir une desserte équitable et durable sur l’ensemble du territoire national.
Cette séance au Sénat a permis de réaffirmer que la question énergétique demeure au cœur de la transformation économique et sociale de la RDC, dans la droite ligne de la vision présidentielle visant à faire de l’électricité un levier de développement national.
Lydia Mangala


