À quelques heures de l’ouverture du sommet Union européenne–Union africaine de Luanda, la Présidente de la Commission européenne, Ursula Von Der Leyen, a réaffirmé l’engagement de l’Union européenne à soutenir la République démocratique du Congo dans sa transition énergétique et dans la protection de ses écosystèmes stratégiques.
Un message adressé alors que la RDC fait face à une explosion de la demande en électricité, portée par une croissance démographique parmi les plus rapides du monde.
Une coopération énergétique centrée sur les parcs de conservation
Pour la présidente de la Commission européenne, l’avenir énergétique du Congo passe par une approche durable, intégrée et profondément liée à la préservation de la biodiversité.
L’Europe a ainsi choisi d’investir dans cinq espaces de conservation emblématiques notamment la Garamba, la Salonga, les Virungas, l’Upemba et le paysage de Yangambi.
Ce choix n’est pas anodin. Ces territoires représentent à la fois des trésors écologiques uniques et des zones cruciales pour la production d’énergie propre.
À travers l’initiative « Corridor vert », incluse dans la stratégie mondiale « Global Gateway », l’Union européenne ambitionne de transformer un axe de 2 600 kilomètres reliant l’Est du pays à Kinshasa puis à la façade atlantique.
Ce corridor vise à stimuler l’agriculture, renforcer l’économie locale et favoriser la création d’emplois, tout en réduisant la pression humaine sur les écosystèmes les plus sensibles.
L’objectif est d’apporter une énergie fiable aux populations, de dynamiser la transformation agro-industrielle et d’inscrire durablement la RDC dans une transition verte.
Des impacts directs sur la vie des Congolais
L’un des points essentiels de l’engagement européen repose sur l’électrification des villes et régions jusque-là insuffisamment desservies. Le renforcement du réseau autour de Kisangani et l’amélioration de la distribution permettent déjà d’élargir l’accès à l’électricité à plusieurs millions de personnes.
Dans cette logique, le corridor de Lobito s’intègre pleinement à l’ambition de déployer des solutions hydrauliques et solaires tout en soutenant l’électrification rurale.
Pour Ursula Von, il s’agit d’un pilier fondamental pour réduire les émissions régionales, s’aligner sur les objectifs climatiques globaux et stimuler une économie plus inclusive.
L’expérience sud-africaine comme modèle d’accélération
La présidente rappelle qu’un an plus tôt, l’Europe et l’Afrique du Sud ont lancé la campagne « Scaling Up Renewables in Africa », une initiative destinée à attirer les investissements et à accélérer la production d’énergie propre.
Selon Ursula Von, cette démarche a permis de mobiliser 15,5 milliards d’euros afin d’améliorer l’accès à l’électricité pour des millions d’Africains et de positionner le continent comme un pôle majeur d’opportunités dans le secteur énergétique.
L’expérience sud-africaine sert aujourd’hui de référence pour amplifier les efforts en RDC et dans d’autres pays, en misant sur un partenariat basé sur la confiance, l’investissement et la création de valeur locale.
Ce que la RDC peut attendre du sommet de Luanda
Le rendez-vous de Luanda marque symboliquement les vingt-cinq ans du premier sommet UE-UA tenu au Caire.
Ursula Von Der Leyen insiste sur la force de ce partenariat historique reposant sur une relation fondée sur la conviction que la paix et la prospérité ne se construisent que lorsqu’elles sont partagées et lorsque les destins des deux continents sont liés.
À Luanda, l’Europe entend franchir une nouvelle étape. De nouveaux projets seront annoncés dans le cadre de « Global Gateway », avec pour ambition d’améliorer les connexions, de renforcer le commerce et d’ouvrir une ère plus dynamique entre les deux marchés continentaux.
Pour la RDC, cela signifie l’opportunité de capter davantage d’investissements dans les domaines des énergies propres, des matières premières critiques, de l’agro-industrie et de l’industrialisation locale. Des initiatives destinées non seulement à créer de la valeur ajoutée sur le sol congolais, mais aussi à générer des emplois durables pour sa jeunesse.
Un partenariat fondé sur la durabilité et la création de valeur en Afrique
Ursula Von Der Leyen souligne enfin que l’approche européenne repose sur une logique de partenariat équitable, où l’Afrique n’est pas simplement un réservoir de matières premières mais un acteur central de la transformation énergétique mondiale.
Pour elle, investir dans la RDC revient à investir dans un futur énergétique propre, dans la stabilité régionale et dans l’émergence économique du continent.
L’Europe mise sur une RDC capable de jouer un rôle majeur dans la transition énergétique mondiale, tout en préservant son patrimoine naturel exceptionnel.
Lydia Mangala


