L’Université des Sciences de l’Information et de la Communication (UNISIC) traverse une phase de profond réajustement administratif. Depuis sa prise de fonctions, la rectrice, la professeure Espérance Bayedila, a engagé un vaste processus d’assainissement ayant conduit à l’annulation de plus de 200 engagements du personnel intervenus entre 2022 et 2025, jugés irréguliers à l’issue d’enquêtes internes.
Ces mesures sont formalisées dans plusieurs décisions rectorales signées au début du mois de février 2026. Elles découlent des conclusions d’une commission d’enquête instituée dès l’installation de la nouvelle équipe dirigeante, avec pour mission d’examiner la conformité des procédures de recrutement et de gestion du personnel.
L’objectif affiché par le rectorat est sans équivoque : rétablir l’ordre administratif, garantir le respect des textes légaux et restaurer la crédibilité académique d’une institution longtemps considérée comme une référence nationale en matière de formation aux métiers de l’information et de la communication.
Des décisions lourdes de conséquences
Parmi les actes pris figurent notamment la décision rectorale n°017/2026 du 2 février 2026, portant retrait de toutes les décisions d’engagement du personnel intervenues entre 2022 et 2025 ; la décision n°018/2026, relative au retrait d’une charge horaire attribuée à un professeur associé ; ainsi que la décision n°011/2026, annulant une précédente mise en service datant de 2024.
Ces décisions concernent plus de 200 personnes, dont près d’une centaine de jeunes assistants récemment diplômés de l’UNISIC ou d’autres universités, ainsi que plusieurs agents administratifs. Une situation qui provoque une onde de choc au sein de la communauté universitaire.
Une rigueur assumée, un impact social réel
Fait notable, la fille de la rectrice figure elle-même parmi les personnes concernées par ces annulations. Un élément qui, pour certains observateurs, témoigne d’une volonté de gestion rigoureuse et impartiale, sans favoritisme. Toutefois, cette dimension symbolique n’efface pas les conséquences sociales immédiates de la mesure.
Privés brusquement de leurs fonctions, de nombreux jeunes assistants expriment leur incompréhension et leurs inquiétudes, dans un contexte national marqué par un chômage élevé des diplômés. Des voix critiques dénoncent la brutalité de la décision, tandis que d’autres saluent un acte de courage administratif dans un secteur longtemps affecté par des pratiques opaques et des recrutements controversés.
Un tournant institutionnel
Du côté du rectorat, l’on insiste sur la nécessité de refonder les procédures d’engagement sur la base du mérite, de la transparence et du respect strict des normes en vigueur, afin de redonner toute sa place à l’excellence académique.
Cette opération de « nettoyage » marque ainsi un tournant décisif pour l’UNISIC. Si elle ambitionne de poser les bases d’une gouvernance plus saine et crédible, ses répercussions sociales et institutionnelles continueront, à n’en point douter, d’alimenter le débat au sein de l’opinion universitaire et nationale dans les semaines à venir.
La rédaction


