À l’occasion de la Journée internationale de lutte contre les Violences Basées sur le Genre (VBG), l’Université Catholique du Congo site de Limete accueillera, ce 25 novembre, une conférence exceptionnelle animée par Madame Sharufa Amisi, présidente de la fondation Bomoko. Sous le thème :
« Influence féminine comme levier pour éradiquer les violences basées sur le genre », cette rencontre s’annonce comme un moment de vérité, de sensibilisation et de plaidoyer puissant.
Une prise de parole rare, personnelle et courageuse
Avant son intervention, Sharufa Amisi a livré un message empreint d’authenticité, révélant une part de son expérience personnelle. Elle insiste sur une réalité souvent minimisée :
les violences basées sur le genre ne sont pas uniquement physiques.
« Les violences émotionnelles sont parfois les plus dangereuses, car elles ne laissent aucune trace visible », confie-t-elle.
Avec courage, elle reconnaît avoir été victime de ce type de violence, notamment dans un contexte où son indépendance financière devenait un motif d’insultes, de dévalorisation et de tension.
Briser le silence : sa réussite professionnelle n’était pas un affront
Dans son témoignage, Sharufa Amisi revient sur un stéréotype profondément ancré : le traitement différencié de l’ambition selon le genre.
« Un homme qui travaille dur est admiré. Une femme qui fait la même chose est critiquée et même étiquetée… C’est de la violence émotionnelle. »
Elle dénonce la manière dont les femmes professionnellement visibles sont souvent victimes de jugements infondés, parfois même venant d’autres femmes. Un phénomène douloureux, encore tabou, et qui contribue au silence de nombreuses victimes.
L’influence féminine comme outil de guérison et de transformation
Sharufa Amisi explique avoir trouvé la résilience à travers l’entourage féminin positif qui l’a soutenue :
« Grâce à l’influence féminine autour de moi, j’ai guéri, j’ai grandi et je me suis dépassée. »
C’est cette dimension la capacité des femmes à s’élever mutuellement qu’elle souhaite mettre au cœur de son intervention à l’UCC.
Elle entend démontrer que la solidarité féminine, lorsqu’elle est authentique, peut devenir un véritable levier d’éradication des violences basées sur le genre.
Dire la vérité pour libérer celles qui souffrent en silence
L’intervenante promet d’aborder des sujets souvent contournés :
• la pression sociale qui culpabilise les femmes indépendantes ;
• les critiques toxiques provenant de leur propre environnement féminin ;
• l’impact durable des violences psychologiques ;
• le manque de reconnaissance de l’ambition féminine comme une valeur et non une menace.
« Je vais en parler. Parce que j’ai une voix. Et parce qu’en parler, c’est déjà sauver une femme qui vit la même chose. »
Pour elle, combattre les VBG implique aussi de regarder en face les violences subtiles, discrètes, mais dévastatrices, qui minent l’estime de soi et empêchent les femmes de s’épanouir.
Un appel à la solidarité féminine
L’un des axes centraux de son discours sera la nécessité de reconstruire une solidarité féminine réelle, débarrassée des rivalités et des jugements.
« Pour bénéficier de l’influence positive des femmes, certaines vérités doivent être dites. »
Sharufa Amisi plaide pour une sororité consciente, mature et engagée, estimant qu’une partie des violences émotionnelles subies par les femmes vient de l’intérieur même du cercle féminin.
Une conférence attendue, un message puissant
Prévue de 11h30 à 14h30 le 25 novembre, cette conférence promet d’être un moment fort du mois dédié à la lutte contre les VBG.
Sharufa Amisi y livrera non seulement son témoignage, mais aussi une lecture lucide du rôle de l’influence féminine dans la prévention, l’accompagnement et l’éradication des violences.
Avec son expérience personnelle, son engagement social et son discours sans concession, elle espère inspirer, éveiller les consciences et redonner une voix à celles qui se battent dans l’ombre.
Joséphine Mawete


