Jeudi 19 juin 2025 restera gravé dans la mémoire des premiers citoyens congolais à recevoir le nouveau passeport biométrique.
Officiellement lancé le 5 juin par le chef de l’Etat, Félix-Antoine Tshisekedu, ce document moderne, conforme aux normes internationales, suscite déjà l’adhésion et la satisfaction de nombreux requérants.
Plus accessible, plus rapide et moins cher, il marque un tournant dans la délivrance des documents officiels en RDC.
Un processus simplifié et fluide

La grande nouveauté de ce passeport ne réside pas seulement dans ses caractéristiques techniques notamment 38 pages, micropuce RFID, page en polycarbonate, sécurité renforcée, mais aussi dans la procédure entièrement numérisée.
Pour 75 USD, chaque requérant peut entamer les démarches sans intermédiaire. Une avancée qui change la donne.
Sarah Nkela Bulengela, l’une des premières bénéficiaires, partage son expérience avec enthousiasme :
« Déjà l’expérience a été simple, ça n’a pas pris beaucoup de temps par rapport à ce que je pensais. C’est l’occasion parfaite pour ceux qui n’avaient pas encore leur passeport, ceux qui veulent renouveler, c’est l’occasion parfaite de venir le faire surtout que maintenant on peut le faire tout seul. Moi, je trouve que c’est beaucoup plus facile de le faire comme ça. J’ai payé 75$. Je crois j’ai fait presque deux semaines. »
Plus besoin d’intermédiaires

Dans les témoignages recueillis, un élément revient avec insistance : l’élimination des intermédiaires.
Le requérant gère de bout en bout son processus, du pré-enregistrement à la capture des données.
Jean Maseke Nzalingo l’a expérimenté et s’en réjouit :
« Quand j’ai vu le message passer qu’il faudrait avoir le passeport, j’ai sauté sur l’occasion, j’ai suivi la procédure normale sur l’informatique. D’abord il faudrait avoir le NIF donc Numéro d’Impot Fiscal. Je n’ai pas eu de difficulté pour en avoir. On m’a envoyé par après par E-mail le numéro NIF. Vraiment une procédure qui va vraiment très bien pour l’instant et il n’y a pas vraiment trop de soucis. Et à la banque j’ai payé 75$ pas plus pas moins. D’ailleurs ça ne passe même pas aux affaires étrangères. Vous aurez besoin d’un intermédiaire pourquoi ? La procédure soit facilitée comme pour l’instant, moi je pense que si ça va comme ça, ça va permettre à tout le monde, à celui qui a besoin de passeport d’en avoir à un bref délai. »
Une procédure plus rapide que jamais

La célérité de la procédure a également surpris plus d’un. En moins de 10 jours, certains requérants avaient déjà leur passeport en main.
Monsieur Batandi témoigne de cette rapidité, en insistant sur l’autonomie laissée à chaque citoyen dans le processus :
« C’est vraiment une grande joie d’être parmi les premières personnes à recevoir son passeport. Et c’est un processus qui, réellement, a apporté beaucoup d’innovation plus rapide et plus simple parce que dans ce processus d’ailleurs j’étais le seul, j’ai pas eu d’autres personnes qui ont intervenu. Moi-même j’ai fait toutes les démarches à partir de mon ordinateur, n’est-ce pas, le pré-enregistrement. Moi-même je suis allé à la banque, j’ai payé mes 75 $, que personne ne vous trompe, c’est effectivement 75 $ que j’ai payé, et c’est moi-même qui ai fait les démarches. J’ai amené mon dossier au niveau de l’ANR et l’ANR a traité les dossiers et l’a transmis aux affaires étrangères. Et c’est les affaires étrangères qui m’ont envoyé un message avec un rendez-vous pour la capture. Et après quelques temps ils m’ont aussi envoyé le message pour qu’aujourd’hui je puisse récupérer mon passeport. Donc c’est un processus qui est fait dans je peux dire moins de 10 jours pratiquement. J’ai mon passeport, et compris toutes les démarches et c’est plus facile qu’avant. »
Des attentes et recommandations pour la suite
Alors que le processus semble tenir ses promesses, certains requérants appellent à ce qu’il reste constant dans la durée.
Thierry Kambundi, lui aussi parmi les premiers servis, partage son espoir de voir cette dynamique se maintenir dans le temps :
« Jusqu’ici ça va. J’ai commencé la procédure le 5 juin dès que c’était ouvert. En tout cas, je me suis empressé de suivre les instructions. Je suis allé à la banque, j’ai payé les 75 $ tout en présentant bien évidemment tous mes documents : l’impôt, etc., et tout ce qui était exigé. Puis je crois un ou deux jours après je suis passé à l’ANE pour d’autres formalités. Aujourd’hui on m’a appelé pour la capture, donc voilà. Il y a eu juste quelques jours entre l’ANR et la capture, mais je crois que ça va. La procédure est plutôt allégée, mais il faut simplement respecter les exigences, et voilà. Le numéro d’impôt déjà, c’est important. Bon, entre temps, j’avais envoyé la photocopie de mon ancien passeport, mais c’est surtout le numéro d’impôt qu’il faut présenter avec son identité complète à la banque avant de payer les 75 $. Dès que vous payez, on vous envoie la preuve du paiement d’Equity que vous allez annexer à votre dossier et qui va suivre la procédure normale. Je souhaite aussi, peut-être la recommandation à faire même si ce n’est pas revenu dans la question, je souhaite que le processus puisse être maintenu de manière aussi légère, aussi simple, aussi pratique. Parce que chez nous très souvent ça commence bien, puis après la machine devient lourde. J’espère que le ministère des Affaires étrangères veillera à ce que la procédure, telle que présentée depuis le 5 juin, puisse être la même pour tout le monde en tout temps et en toute circonstance. »
Une réforme bien accueillie, à pérenniser
Le lancement du nouveau passeport biométrique congolais semble donc être une réussite, du moins à ce stade. Simplicité, transparence, rapidité et réduction des coûts sont les éléments clés salués par les premiers bénéficiaires.
Si les autorités maintiennent cette dynamique, cette réforme pourrait marquer un tournant exemplaire dans la délivrance des documents officiels en RDC.
Pour les citoyens, c’est une lueur d’espoir dans un système longtemps miné par les lourdeurs administratives et les pratiques opaques.
Lydia Mangala


