À l’occasion de la journée de commémoration du Génocost, Fabrice Sambi, cadre de l’opposition politique en ville de Beni, a livré un message fort à la nation et à la communauté internationale. Pour cet acteur politique, la République démocratique du Congo ne peut plus continuer à traiter avec légèreté une tragédie humaine d’une telle ampleur.
« Ce que nous vivons depuis plus de deux décennies dans l’Est du pays, c’est un génocide lent, méthodique, froidement planifié et soigneusement ignoré. Le sang congolais coule abondamment, mais il n’indigne plus personne, ni à Kinshasa, ni à washington, ni en france », a déclaré Fabrice Sambili avec gravité.
Dans son message, le cadre de l’opposition n’a pas mâché ses mots contre le gouvernement actuel qu’il accuse d’inertie criminelle, préférant les discours diplomatiques aux actes de souveraineté. Il a également dénoncé l’attitude de certains partenaires étrangers, qu’il qualifie de profiteurs hypocrites, entretenant volontairement l’instabilité pour mieux piller les ressources du sous-sol congolais.
« Le génocoste n’est pas un accident de l’histoire. C’est un crime silencieux orchestré sous le regard complice de ceux qui prétendent être nos alliés. Tant que les victimes congolaises ne seront pas traitées avec la même dignité que d’autres peuples meurtris, notre humanité restera à deux vitesses. »
À travers ses propos, Fabrice Sambili exhorte les Congolais, en particulier la jeunesse, à refuser l’amnésie nationale et à s’approprier cette date du 2 août comme une journée de lutte, de résistance et d’éveil citoyen.
« Ce n’est pas une journée folklorique. Ce n’est pas un simple dépôt de gerbes. C’est un devoir de mémoire et un appel à l’action. Ceux qui meurent chaque jour à Beni, Ituri, Rutshuru ou Minembwe ne sont pas des statistiques. Ce sont des frères, des sœurs, des enfants. Ils méritent justice, reconnaissance, réparation ! », martèle-t-il.
Fabrice Sambili propose l’érection d’un mémorial national du génocost congolais à Beni, symbole de la douleur mais aussi de la résilience d’un peuple abandonné.
« Nous ne voulons plus d’une mémoire mutilée. Nous ne voulons plus d’une douleur muette. Le 2 août doit être le jour où nous disons plus jamais ça, avec force et conviction. Nous devons reconstruire la dignité congolaise, à partir de nos morts et de nos blessures », insiste-t-il.
La rédaction


