Après plus de deux ans de suspension, l’Union nationale de la presse du Congo (UNPC) a officiellement relancé, le vendredi 26 décembre à l’hôtel Memling de Kinshasa sous la direction du comité conduit par Kamanda Wa Kamanda Muzembe, président de l’UNPC, la délivrance de la carte d’identité professionnelle du journaliste en République démocratique du Congo.
Cette reprise s’accompagne de nouveaux tarifs et d’un cadre réglementaire renforcé, arrêtés à l’issue des réunions du Comité directeur tenues les 19 et 26 décembre à Kinshasa.
La décision vise à assainir la profession, renforcer l’éthique journalistique et doter les professionnels des médias d’un document sécurisé, conforme à la loi en vigueur.
Formulaire, carte et cotisations : des coûts désormais clairement établis
Selon les nouvelles dispositions adoptées par l’UNPC, le formulaire de demande de la carte de presse est fixé à 5 dollars américains, un montant non remboursable.
Ce formulaire se présente en trois feuillets distincts comprenant un exemplaire pour le requérant, un exemplaire destiné à la province d’exercice et un exemplaire réservé au Secrétariat général de l’UNPC.
La carte d’identité professionnelle, toutes catégories confondues, journaliste professionnel, professionnel des médias, stagiaire ou membre honoraire, coûte 50 dollars américains et est valable pour une durée de deux ans.
À ce montant s’ajoutent les cotisations obligatoires, fixées à 25 dollars par an, avec l’exigence du paiement de deux années, soit 50 dollars au moment de l’obtention de la carte.
Le coût total à débourser s’élève donc à 100 dollars américains pour deux ans.
Par ailleurs, le coupe-fil ou laissez-passer presse est désormais établi à 25 dollars.
Conditions strictes de recevabilité, conformément à la loi Muyaya
La reprise de la délivrance de la carte de presse s’inscrit dans le strict respect de la loi dite Muyaya, qui réglemente l’exercice du journalisme en RDC.
Pour être recevable, toute demande doit notamment satisfaire aux conditions fixées. Le requérant doit être titulaire d’un diplôme en journalisme délivré par une université reconnue par l’État congolais. À défaut, il doit disposer d’un diplôme universitaire dans une autre filière, assorti d’au moins trois années de pratique professionnelle avérée dans les médias.
Le dossier doit également comporter deux parrains habilités, l’indication précise des maisons de presse où le demandeur a exercé et exerce, l’absence de toute sanction judiciaire, ainsi que la signature d’un acte de bonne conduite, engageant formellement le journaliste au respect de l’éthique et de la déontologie professionnelles.
Une commission dédiée et une carte mieux sécurisée
La commission de la carte de presse de l’UNPC est chargée d’examiner chaque dossier, de vérifier sa conformité et de statuer sur l’octroi ou non de la carte.
Les ressources issues des frais et cotisations serviront notamment au fonctionnement des organes statutaires, à la production et à la sécurisation des cartes, ainsi qu’aux activités de formation, d’éthique et de déontologie.
L’UNPC prévient que le non-paiement des frais et cotisations expose les membres aux sanctions prévues par ses textes internes.
Cette étape est une avancée remarquable pour la presse congolaise, appelée à se professionnaliser davantage, dans un contexte où la responsabilité, la crédibilité et le respect des règles demeurent des enjeux majeurs pour le paysage médiatique national.
Lydia Mangala


