Au coup de sifflet final libérant les Lions de l’Atlas (2-0), la capitale marocaine a basculé dans une euphorie indescriptible. De la gare de Rabat-Ville jusqu’au siège de Maroc Telecom, la ville n’était plus qu’un seul chant de victoire, célébrant une qualification historique pour les demi-finales de « sa » CAN 2025.
Une marée rouge et verte…
Il est environ 22h30 quand le centre-ville de Rabat cesse de respirer normalement. La victoire nette face aux Lions Indomptables du Cameroun a agi comme un détonateur. En quelques minutes, les artères principales se sont transformées en fleuves humains. Le rouge des drapeaux et le vert de l’étoile submergent l’asphalte.
Au niveau de l’emblématique carrefour de Maroc Telecom, à deux pas de la gare, la circulation est totalement figée. Les voitures, pare-chocs contre pare-chocs, ne sont plus des moyens de transport, mais des enceintes géantes diffusant les derniers tubes de la sélection à plein volume. L’ on n’avance plus, mais personne ne s’en plaint. Les danses sur les toits des voitures, on s’enlace entre inconnus.
Le vacarme est total. Mais mélodieux pour qui aime le football. Les vuvuzelas, héritage des grandes fêtes africaines, déchirent l’air de leurs sons graves, tandis que les sifflets stridents rythment les slogans à la gloire d’Achraf Hakimi et de ses coéquipiers. Plus loin, une fanfare improvisée s’est installée sur le trottoir, transformant le parvis en une piste de danse géante. Les fumigènes percent la nuit de lueurs cramoisies, ajoutant un aspect mystique à cette célébration.

« C’est plus qu’un match, c’est une libération ! On attendait ce moment depuis tellement d’années. Battre le Cameroun chez nous, avec cette manière… Le Maroc a fait le vide autour de lui ce soir, on est seuls au monde ! » s’exclame Yassine, la voix éraillée par les cris.
Dans la foule compacte près de la place de la Gare, l’émotion est palpable. Salma, 24 ans et étudiante n’a pas caché sa satisfaction.
« Je n’ai jamais vu Rabat comme ça, même pendant le Mondial 2022. On sent une énergie différente parce que la CAN est chez nous. Les gens sont sortis en famille, il y a des grands-mères qui dansent avec les jeunes. C’est la plus belle réponse qu’on pouvait donner. On est prêts pour le sacre ! », a-t-elle déclaré au micro de Zolanews.net.

Alors que l’horloge tourne, la ferveur ne retombe pas. Les cris de « Dima Maghrib ! » résonnent contre les façades blanches de la ville moderne. Ce soir, Rabat n’a pas dormi. Elle a chanté, elle a vibré, et elle a surtout envoyé un message au reste du continent. Le Maroc est chez lui, et il compte bien garder le trophée à la maison.
«Ça fait deux heures que mon compteur est éteint, mais je m’en fiche ! Regardez cette joie. Mes passagers sont descendus pour danser et je les ai rejoints. On a souffert face au Cameroun par le passé, aujourd’hui on a montré qui sont les vrais rois de l’Atlas. », a déclaré de son côté Idriss, 52 ans, chauffeur de taxi à l’arrêt avant que Karim, jeune supporter venu de Salé exprime sa joie.

« On a fait le déplacement à pied depuis Salé tellement les ponts étaient bloqués. Arrivés ici au centre, c’est le feu ! On va rester jusqu’à l’aube. La finale nous appelle, et personne ne pourra nous arrêter dans notre stade, avec notre public. », a-t-il dit.
Alors que les derniers klaxons s’estompent à l’aube, une certitude plane sur les boulevards encore pavoisés. Ce soir, Rabat n’a pas seulement fêté une qualification, elle a commencé à rêver tout haut d’un sacre à domicile.
Josaphat Mayi, à Rabat


