Dans un courrier adressé à la ministre de l’Éducation nationale et nouvelle citoyenneté, Raïssa Malu, les enseignants des provinces éducationnelles Nord-Kivu 1 et 3, couvrant la ville de Goma et les territoires de Nyiragongo, Rutshuru, Masisi et Walikale, expriment leur profonde indignation face à une situation qui perdure depuis janvier 2025.
Dans ce document, les chefs d’établissements, après avoir scrupuleusement respecté toutes les procédures administratives requises pour le versement de leurs salaires, dénoncent une gestion qu’ils jugent inéquitable par la CARITAS Goma.
Des procédures rigoureusement respectées
Les enseignants expliquent qu’ils ont fait don de toutes les pièces administratives, décharges, procurations, autorisations de transfert des salaires, sans oublier l’autorisation de retenue de 1 % , afin de permettre le virement via les numéros de téléphone indiqués.
Pourtant, malgré leur diligence et trois mois de patience, aucune rémunération ne leur a encore été versée, révélant ainsi une défaillance dans le dispositif de paiement géré par la CARITAS Goma.
L’impatience d’une catastrophe humanitaire
Au-delà d’un simple retard de paiement, cette situation plonge les enseignants dans une détresse grandissante, aggravée par le contexte sécuritaire et humanitaire particulièrement tendu de la région.
L’occupation de Goma par les rebelles du M23 a déjà contraint plusieurs institutions financières à fermer, compliquant davantage les opérations de paiement et accentuant la précarité dans laquelle se trouvent de nombreux agents de l’Éducation nationale.
Les responsables des établissements dénoncent ainsi une inégalité de traitement, mettant en lumière l’absence d’une solution adéquate pour les affectés par ces dysfonctionnements administratifs.
Appel urgent à l’intervention de la ministre de l’EDU-CN
Conscients des conséquences dramatiques qui pourraient découler d’un tel statu quo, les enseignants sollicitent l’intervention personnelle de la ministre Raïssa Malu.
Ils rappellent que, quelques mois auparavant, des promesses avaient été faites pour assurer la rémunération des enseignants dans les zones sous occupation rebelle. Toutefois, pour beaucoup, ces engagements demeurent lettre morte.
Dans leur appel, ils espèrent que la haute autorité s’emparera de ce dossier pour mettre en place des mécanismes alternatifs urgents, permettant de rétablir leurs droits et de réduire la détresse qui s’installe chaque jour davantage.
Une quête de justice au milieu des défis
Face à ce que qualifient les enseignants de négligence administrative, leur démarche s’inscrit dans une volonté plus large de restaurer la confiance dans les institutions publiques et de garantir une gouvernance plus transparente.
Dans un environnement déjà fragilisé par des crises multiples, cet appel à la justice sociale résonne comme un vibrant cri du cœur pour une meilleure gestion des ressources et un avenir où les promesses gouvernementales se traduisent par des actions concrètes en faveur des populations vulnérables.
Ce dossier, désormais porté sous le feu des projecteurs, démontre à la fois la détermination des enseignants à faire respecter leurs droits et l’urgence pour les autorités de répondre aux défis imposés par un contexte national et régional particulièrement difficile.
Lydia Mangala


