À un moment où l’économie mondiale reste marquée par des incertitudes géopolitiques et des pressions financières croissantes, le gouvernement congolais multiplie les mécanismes de suivi afin de préserver la stabilité économique du pays. C’est dans ce contexte que la Première Ministre Judith Suminwa Tuluka a présidé, ce 5 mars 2026 à la Primature à Kinshasa, une réunion stratégique du Comité de Conjoncture Économique (CCE), consacrée à l’état des finances publiques, à l’évolution des prix sur le marché national ainsi qu’aux impacts potentiels des tensions internationales sur l’économie de la République démocratique du Congo.
Au cœur des échanges figurait notamment la question des finances publiques et la situation de la trésorerie de l’État. Les discussions ont permis de constater l’existence de décalages dans le paiement des salaires de certains agents et fonctionnaires publics. Une situation que le gouvernement attribue principalement à des pressions sur les ressources financières disponibles.
Prenant la parole à l’issue de la réunion, le Vice-Premier ministre en charge de l’Économie nationale et porte-parole du Comité, Daniel Mukoko Samba, a expliqué que ces retards sont liés à des contraintes temporaires sur la trésorerie publique.
« Le décalage est dû à une tension sur la trésorerie. L’objectif du Gouvernement est de revenir à un paiement des salaires dans le mois, comme c’était le cas auparavant », a-t-il déclaré.
Selon lui, cette pression financière s’explique notamment par l’augmentation progressive de la masse salariale de l’État ainsi que par d’autres dépenses jugées prioritaires dans le contexte actuel que traverse le pays. Il a notamment évoqué les dépenses sécuritaires liées à la situation de crise et d’instabilité dans certaines régions, ainsi que les dépenses humanitaires destinées à soutenir les populations affectées par les conflits.
Dans cette perspective, le gouvernement envisage de nouvelles mesures destinées à améliorer l’organisation et la mobilisation des recettes publiques. Le ministre des Finances, Doudou Fwamba Likunde Li-Botayi, travaille avec les différentes institutions financières pour renforcer l’efficacité des mécanismes de collecte et ainsi soulager progressivement la trésorerie de l’État.
Ces ajustements devraient permettre, à terme, de rétablir un rythme normal dans le paiement des salaires et de consolider la gestion budgétaire de l’administration publique.
La réunion du Comité de Conjoncture Économique a également accordé une attention particulière à la situation énergétique et aux risques liés à l’approvisionnement du pays en produits pétroliers. Les membres du gouvernement ont examiné les conséquences possibles de l’escalade des tensions au Moyen-Orient, notamment après les frappes menées par les États-Unis et Israël contre l’Iran, une crise susceptible d’influencer les marchés internationaux de l’énergie.
Pour les autorités congolaises, cette situation internationale pourrait avoir des répercussions indirectes sur l’économie nationale, en particulier sur les prix des carburants et la disponibilité des produits pétroliers.
Face à ces incertitudes, le gouvernement entend anticiper les risques et mettre en place des mesures urgentes afin de préserver la stabilité du marché.
« Des mesures sont envisagées pour sécuriser l’approvisionnement du pays et préserver la stabilité des prix », a assuré Daniel Mukoko Samba, soulignant la volonté des autorités de protéger le pouvoir d’achat des ménages et de prévenir toute perturbation majeure dans la chaîne d’approvisionnement énergétique.
Au-delà de ces préoccupations immédiates, la réunion de conjoncture économique a également abordé la question de l’emploi. Les autorités ont annoncé la publication, d’ici la fin du mois de mars, de nouvelles données nationales relatives à la création d’emplois pour la période 2023-2025. Ces statistiques devraient permettre d’évaluer l’évolution du marché du travail et l’impact des politiques publiques sur l’économie nationale.
À travers ces différentes analyses, le gouvernement dirigé par la Première ministre Judith Suminwa Tuluka entend maintenir une vigilance permanente sur les indicateurs économiques et renforcer les mécanismes de gestion budgétaire. Les autorités congolaises misent ainsi sur une gestion plus rigoureuse des finances publiques et sur des mesures préventives afin de préserver la stabilité économique du pays.
Lydia Mangala



« Le décalage est dû à une tension sur la trésorerie. L’objectif du Gouvernement est de revenir à un paiement des salaires dans le mois, comme c’était le cas auparavant », a-t-il déclaré.