À l’occasion d’une réception officielle organisée à la Cité de l’Union africaine, le Président de la République, Félix Tshisekedi, a publiquement sollicité le soutien des États francophones à la candidature congolaise au poste de Secrétaire général de la Organisation internationale de la Francophonie.
Cette rencontre s’inscrivait dans le cadre de la Journée internationale de la Francophonie, célébrée cette année sous le thème « La Francophonie de l’avenir : jeunesse, innovation et solidarité ». À cette occasion, le Chef de l’État a reçu les ambassadeurs des pays francophones accrédités en République démocratique du Congo, dans un contexte marqué par la volonté du pays de renforcer son influence au sein de l’espace francophone.
Portée par Julianna Amato Lumumba, ancienne Vice-ministre puis Ministre de la Culture et de l’Information, cette candidature a pour ambition de repositionner la RDC comme un acteur majeur au sein de l’espace francophone et peser davantage dans les dynamiques internationales.
Devant le groupe des ambassadeurs francophones accrédités à Kinshasa, le Chef de l’État a livré un plaidoyer clair en faveur de cette candidature.

« Soutenir sa candidature, ce n’est pas seulement accompagner une femme d’expérience. C’est surtout faire le choix d’une Francophonie qui assume pleinement sa vocation politique et humaine : une Francophonie qui défend la paix et la souveraineté des États (…) C’est pourquoi, en cette occasion solennelle, je sollicite officiellement le soutien de vos États et gouvernements à la candidature de la République démocratique du Congo », a-t-il déclaré.
À travers ce message, Félix Tshisekedi met en avant une vision renouvelée de la Francophonie, au-delà de son rôle culturel et linguistique traditionnel. Il s’agit, selon lui, d’un espace stratégique capable d’influencer les équilibres internationaux, de promouvoir la paix et de soutenir le développement des États membres.

Le parcours de Julianna Amato Lumumba au sein des institutions congolaises, marqué par son engagement en faveur de la diversité culturelle et de la souveraineté narrative, est présenté comme un atout pour porter une Francophonie plus affirmée, tournée vers les enjeux contemporains.

La cérémonie a également réuni plusieurs membres du Gouvernement ainsi que des Chefs d’institutions. Parmi eux, Crispin Mbadu, Ministre délégué aux Affaires étrangères en charge de la Francophonie et de la diaspora congolaise, a salué l’initiative présidentielle, mettant en avant la position stratégique de la RDC comme premier bassin francophone au monde.
Le moment marquant de cette rencontre était celui d’une délégation de jeunes issus de la Génération Z, réunie sous l’appellation « Génération de Paix », a porté la voix de la nouvelle génération. À travers la lecture de la Déclaration de Kinshasa, ces jeunes ont exprimé leur vision d’une Francophonie renouvelée, fondée sur la paix, l’innovation et l’engagement citoyen. Leur intervention a souligné le rôle déterminant de la jeunesse dans la construction d’un espace francophone dynamique, inclusif et résolument tourné vers l’avenir.
Dans un contexte mondial marqué par des mutations profondes, cette candidature défend également une orientation axée sur la jeunesse, l’éducation et l’innovation, tout en valorisant le français comme langue d’influence et de progrès. Une manière pour la RDC de proposer une Francophonie en phase avec les réalités du XXIᵉ siècle.
Au-delà de l’enjeu institutionnel, il est également question de renforcer la présence de la République démocratique du Congo sur la scène internationale et affirmer son rôle dans les grandes instances multilatérales.
Dans un espace francophone où l’Afrique occupe une place de plus en plus centrale, cette candidature pourrait marquer un tournant pour la RDC, qui pourrait ainsi transformer son poids démographique, culturel et linguistique en influence politique au sein de la Francophonie.
Par cette offensive diplomatique, Kinshasa semble déterminée à répondre par l’affirmative.
Lydia Mangala


