La République démocratique du Congo (RDC) a franchi une étape historique en réussissant sa première émission d’obligations internationales (Eurobonds), levant un montant de 1,25 milliard de dollars américains. Ces fonds sont destinés au financement de projets d’infrastructures inscrits dans le Plan national stratégique de développement 2024-2028.
Cette opération marque une avancée majeure dans la stratégie de financement du pays, qui accède pour la première fois aux marchés financiers internationaux. L’émission, conduite sous la supervision du ministre des Finances Doudou Fwamba Likunde Li-Botayi, s’inscrit dans le cadre des réformes économiques engagées par le gouvernement.
Structurée en deux tranches de maturité (5 et 10 ans), l’opération a été proposée avec des taux d’intérêt de 8,75 % et 9,00 %. Elle a suscité un fort engouement auprès des investisseurs internationaux, avec un carnet d’ordres dépassant 5,3 milliards de dollars, soit une sursouscription de plus de quatre fois le montant initial recherché.
Selon les autorités, cet intérêt traduit un regain de confiance des marchés financiers dans l’économie congolaise, soutenu par les réformes visant la stabilité macroéconomique, l’amélioration de la gouvernance et le renforcement de la discipline budgétaire.
En amont de cette opération, les équipes du ministère des Finances ont effectué plusieurs roadshows dans des places financières majeures, notamment à Washington, New York, Londres et Paris, afin de présenter les perspectives économiques du pays aux investisseurs.
Les ressources mobilisées seront prioritairement orientées vers des projets d’infrastructures structurants, notamment dans les secteurs des transports et de l’énergie, considérés comme essentiels pour soutenir la croissance et améliorer la connectivité nationale.
Cette première entrée de la RDC sur le marché international des capitaux constitue une étape stratégique dans la diversification des sources de financement de l’État, en complément des ressources concessionnelles traditionnelles.
Pour les autorités, cette opération envoie un signal positif aux investisseurs internationaux et confirme l’engagement du pays dans la poursuite des réformes économiques et de l’ouverture aux partenariats financiers mondiaux.
Joëlle Luniongo


