En marge de la 21ᵉ édition de la DRC Mining Week, la Directrice générale de l’Agence nationale pour la promotion des investissements (ANAPI), Rachel Pungu Luamba, a dressé à Lubumbashi un tableau ambitieux des réformes économiques en cours et des opportunités offertes par la République démocratique du Congo aux investisseurs.
Dans une table ronde consacrée au climat des affaires et aux investissements dans la chaîne de valeur minière, organisée autour du thème « Climat des affaires et investissements dans la chaîne de valeur minière en RDC : réformes engagées, acquis et perspectives », elle a mis en avant les efforts du gouvernement pour améliorer l’attractivité du pays et accélérer sa transformation économique.
S’appuyant sur les données du Fonds monétaire international, la Directrice générale de l’ANAPI a rappelé la trajectoire macroéconomique encourageante de la RDC.
« La RDC s’impose comme un acteur économique majeur en Afrique subsaharienne. Les dernières estimations du FMI projettent un PIB nominal de 123 milliards de dollars, plaçant le pays au cinquième rang régional, avec une croissance estimée à 5,9 % », a-t-elle indiqué, soulignant que cette performance dépasse la moyenne africaine.

Elle a également rappelé la réussite de la première émission d’eurobond de la RDC sur les marchés internationaux, perçue comme un signal de confiance des investisseurs. Toutefois, elle a reconnu que cette croissance reste encore largement dépendante du secteur extractif.
« On voit très bien la richesse du sous-sol congolais : plus de 1 100 variétés de minerais, dont la moitié des minerais stratégiques mondiaux. Mais la RDC ne veut plus rester une économie extractive : elle veut devenir une économie de transformation », a-t-elle insisté.

Au centre de son intervention, le corridor de Lobito a été présenté comme un levier structurant de la nouvelle vision économique du pays.
Pour Rachel Pungu Luamba, cette infrastructure n’est pas seulement logistique, mais un véritable moteur d’industrialisation.
Le corridor traverse notamment le Haut-Katanga et le Lualaba, deux provinces riches en cuivre, cobalt et minerais critiques essentiels à la transition énergétique mondiale. Il relie les zones de production au port de Lobito, sur l’Atlantique, offrant une alternative stratégique aux routes traditionnelles vers l’océan Indien.

« Cela permet de réduire les délais, réduire les coûts et améliorer la compétitivité de la RDC », a-t-elle expliqué, en soulignant l’importance de cette ouverture vers les marchés internationaux.
Elle a également insisté sur la dimension régionale du projet, rappelant que la RDC est membre de la SADC, du COMESA et de la ZLECAf, donnant accès à un marché potentiel de près d’un milliard de consommateurs.
Outre les infrastructures, la Directrice générale de l’ANAPI a mis en avant les atouts humains et géopolitiques du pays.
Avec plus de 110 millions d’habitants, dont plus de 60 % âgés de moins de 35 ans, la RDC dispose, selon elle, d’une main-d’œuvre jeune, dynamique et en pleine expansion.

« C’est le premier atout du pays », a-t-elle insisté, en évoquant une population capable de soutenir l’industrialisation à long terme.
Consciente des préoccupations liées au climat des affaires, la responsable a détaillé les mécanismes juridiques et institutionnels mis en place pour sécuriser les investissements.
Elle a notamment évoqué la stabilité du régime fiscal, douanier et de change pour les projets miniers, la transparence dans l’octroi des titres miniers, les mécanismes internationaux de protection des investissements issus des accords régionaux ainsi que la révision en cours du Code des investissements.
Elle a également mis en avant la digitalisation du guichet unique de l’ANAPI, destinée à simplifier les procédures administratives et réduire les délais pour les investisseurs.
Dans son argumentaire, la Directrice générale a rappelé que la RDC détient l’un des sous-sols les plus riches au monde, avec plus de 1 100 variétés de minerais, dont une part importante de ressources stratégiques pour les technologies vertes et la transition énergétique mondiale.
Cette richesse, selon elle, doit désormais être transformée en valeur ajoutée locale.
Tout en présentant les avancées, Rachel Pungu Luamba n’a pas éludé les défis structurels qui freinent encore l’attractivité du pays. Elle a reconnu que la transformation du modèle économique reste un chantier ouvert, notamment en matière d’énergie, d’infrastructures et de gouvernance.
Elle a conclu sur la nécessité de faire du corridor de Lobito un véritable catalyseur de transformation économique, capable de positionner la RDC comme un hub régional de production, de transformation et de commerce.
Parallèlement aux échanges de haut niveau, le stand de l’ANAPI a connu une affluence exceptionnelle tout au long de la journée.
Installé au cœur de l’espace d’exposition de la DRC Mining Week, ce stand s’est imposé comme un point de passage incontournable pour les investisseurs, représentants d’entreprises minières, délégations étrangères et partenaires institutionnels.

Les visiteurs ont pu y découvrir les nombreuses opportunités d’investissement offertes par la RDC, notamment dans les secteurs minier, énergétique, industriel et des infrastructures.
Les experts de l’agence ont multiplié les séances d’information personnalisées, présentant les incitations du Code des investissements, les facilités administratives ainsi que l’accompagnement technique offert aux porteurs de projets.
L’ANAPI confirme son rôle central dans la promotion de la destination RDC auprès des investisseurs internationaux. Mais au-delà du discours, les acteurs économiques attendent désormais la concrétisation des réformes et la transformation effective de ce potentiel en croissance inclusive et durable pour les populations.
Lydia Mangala


