Une nouvelle étape s’ouvre dans la politique de réinsertion des anciens délinquants encadrés par le Service national. Près de 5 000 jeunes formés durant deux ans au centre de Kaniama Kasese seront déployés dans les prochains jours à Kinshasa pour participer aux travaux d’assainissement de la capitale et à la lutte contre l’incivisme environnemental.
L’annonce a été faite jeudi 18 juin par le lieutenant-général Jean-Pierre Kasongo Kabwik, commandant du Service national, lors de sa première prise de parole publique depuis sa nomination à la tête de la Task Force chargée de l’assainissement de la ville de Kinshasa.

S’adressant aux jeunes désormais qualifiés de « bâtisseurs de la nation », le général Kasongo a rappelé la mission qui leur a été confiée par les autorités du pays : contribuer à rendre la capitale plus propre et instaurer une culture de discipline dans l’espace public.
« Nous avons reçu des missions très précises. Nous allons nous occuper de l’assainissement de la ville de Kinshasa et, en même temps, mettre fin à l’incivisme environnemental qui bat son plein dans la ville », a-t-il déclaré.
Pour le commandant du Service national, l’insalubrité observée dans plusieurs quartiers de Kinshasa résulte notamment de comportements contraires aux règles élémentaires d’hygiène et de gestion des déchets. Il a cité, entre autres, les dépôts sauvages d’immondices sur la voie publique, l’obstruction des caniveaux ou encore le déversement anarchique des déchets ménagers.

Selon lui, la Task Force aura pour mission non seulement d’assainir la ville, mais aussi de contribuer à faire respecter les normes de civisme environnemental.
« Nous avons reçu cette mission de la haute hiérarchie d’y mettre fin. Nous avons des objectifs à atteindre et des résultats à produire pour la ville de Kinshasa », a-t-il insisté.
Cette opération s’inscrit dans le cadre du programme de réinsertion conduit par le Service national. Les jeunes concernés, pour la plupart d’anciens membres de gangs urbains communément appelés « Kuluna », ont bénéficié de deux années d’encadrement et de formation à Kaniama Kasese, dans la province du Haut-Lomami.
À l’issue de cette formation, ils ont été intégrés au Service national et obtiennent désormais le statut de fonctionnaires de l’État. Selon les responsables du programme, ils percevront dans un premier temps une rémunération mensuelle de 500 000 francs congolais.

Leur arrivée à Kinshasa est annoncée pour ce week-end. Ils seront progressivement déployés dans différents sites de la capitale pour participer aux opérations d’assainissement et de salubrité publique.
Cette initiative traduit la volonté des autorités de faire du Service national un outil à la fois de réinsertion sociale, de lutte contre la délinquance urbaine et de participation au développement communautaire.
Le gouvernement entend démontrer qu’une seconde chance peut être offerte à d’anciens délinquants en les associant à des actions d’intérêt public. Pour les autorités, ces jeunes ne doivent plus être perçus comme une menace pour la société, mais comme des acteurs du changement appelés à contribuer à la transformation de leur environnement.
L’arrivée de ces milliers de « bâtisseurs de la nation » à Kinshasa marque ainsi le début d’une nouvelle phase dans la stratégie d’assainissement de la capitale, avec l’ambition affichée de restaurer durablement la propreté urbaine et le civisme environnemental.
Lydia Mangala


