En marge de la DRC Mining Week 2026, une table ronde de haut niveau s’est tenue le mercredi 17 juin à Lubumbashi autour des enjeux liés au devoir de diligence dans les chaînes d’approvisionnement des minerais critiques, notamment le cuivre et le cobalt. L’initiative a été organisée conjointement par la Délégation de l’Union européenne, le Consulat général du Royaume de Belgique et le Centre Carter.
Réunissant des acteurs du secteur minier, des investisseurs, des représentants de la société civile et des partenaires au développement, la rencontre s’est déroulée à la résidence de la Consule générale de Belgique, Hilde Van Inthoudt.
Les échanges ont porté sur les défis croissants liés à l’approvisionnement responsable en minerais critiques, dans un contexte où la République démocratique du Congo occupe une place centrale dans la production mondiale de cuivre et de cobalt.
Indispensables à la transition énergétique mondiale, à la fabrication des batteries électriques et aux technologies numériques, ces ressources placent la RDC au cœur des chaînes industrielles globales. Toutefois, leur exploitation continue de soulever des préoccupations majeures liées aux droits humains, à l’environnement et aux relations entre entreprises minières et communautés locales.
Les participants ont souligné que la compétitivité du secteur minier congolais ne dépend plus uniquement de la richesse de son sous-sol, mais également de sa capacité à garantir des pratiques transparentes, responsables et traçables.
Au cours des discussions, plusieurs intervenants ont insisté sur l’évolution du devoir de diligence, désormais considéré non plus comme une simple recommandation, mais comme une condition essentielle d’accès aux marchés internationaux.
Des études de cas ont permis d’analyser les difficultés rencontrées par les entreprises dans l’identification et la gestion des risques liés à leurs activités, notamment en matière de respect des droits humains, d’impacts environnementaux et de gestion des conflits communautaires.
Les participants ont également partagé diverses initiatives mises en œuvre en RDC pour améliorer la traçabilité des minerais et renforcer la transparence tout au long de la chaîne de valeur.
Dans un contexte international marqué par le durcissement des normes d’approvisionnement responsable, la République démocratique du Congo est appelée à adapter son cadre réglementaire et institutionnel afin de répondre aux attentes des investisseurs et des consommateurs.
Pour les organisateurs, la diligence raisonnable constitue un levier essentiel permettant de concilier développement économique, compétitivité du secteur minier et respect des normes sociales et environnementales.
L’objectif est de bâtir des chaînes d’approvisionnement capables de garantir l’origine des minerais ainsi que les conditions dans lesquelles ils sont extraits.
La table ronde a réuni une vingtaine d’acteurs issus du secteur privé, des institutions financières, des organisations de la société civile et des partenaires techniques et financiers.
Au terme des échanges, plusieurs pistes d’action ont été identifiées afin de renforcer l’application du devoir de diligence dans le secteur minier congolais. Ces recommandations devraient contribuer aux futures réformes de gouvernance et à l’amélioration des mécanismes de contrôle, de transparence et de responsabilité.
À l’heure où la demande mondiale en minerais critiques continue de croître, la RDC se trouve face à un défi majeur : démontrer sa capacité à concilier exploitation minière, respect des normes internationales et développement durable.
Lydia Mangala


