À la clôture de la 21ᵉ édition de la DRC Mining Week, Jean-Marie Kanda, Conseiller principal du Président de la République au collège Mines, Énergie et Hydrocarbures, a plaidé pour une transformation profonde du modèle économique congolais.
Face aux mutations de l’économie mondiale et à la demande croissante en minerais stratégiques, il estime que la République démocratique du Congo doit désormais aller au-delà de l’exportation des matières premières et miser davantage sur la transformation locale de ses ressources.
Intervenant lors d’un panel de haut niveau organisé par VUKA Group avec l’appui d’Equity BCDC, consacré au changement de paradigme géopolitique et aux partenariats stratégiques, il a défendu une vision fondée sur l’industrialisation, la création de valeur ajoutée et le renforcement de l’économie nationale.
Pour Jean-Marie Kanda, la transition énergétique mondiale ouvre une fenêtre d’opportunité historique pour les pays riches en ressources minières comme la RDC.
Avec ses importantes réserves de cuivre, de cobalt, de lithium et d’autres minerais stratégiques indispensables aux technologies vertes, le pays dispose d’atouts majeurs pour s’insérer davantage dans les chaînes de valeur mondiales.
« Aujourd’hui, l’orientation mondiale est claire : les pays producteurs doivent être en mesure de transformer davantage leurs ressources sur place avant leur exportation. La RDC doit saisir cette opportunité pour créer plus de richesses localement et renforcer son tissu industriel », a-t-il déclaré.
Selon lui, l’avenir du secteur minier congolais ne doit plus se limiter à l’extraction et à l’exportation de minerais bruts, mais s’orienter vers la transformation industrielle capable de générer davantage d’emplois, de revenus et de retombées économiques pour le pays.
Le conseiller du Chef de l’État a rappelé que cette orientation s’inscrit dans la Vision minière africaine ainsi que dans la stratégie continentale des minéraux verts, qui encouragent les États africains à développer localement leurs chaînes de valeur.
L’objectif est de permettre aux pays producteurs de capter une plus grande part des bénéfices générés par leurs ressources naturelles et de réduire leur dépendance aux exportations de matières premières.
Pour Jean-Marie Kanda, la RDC dispose de tous les ingrédients nécessaires pour réussir cette transformation, à condition de renforcer son environnement d’affaires et d’attirer des investissements orientés vers la transformation industrielle.
Diversifier les investissements au-delà de la ceinture cuprifère
Au-delà du cuivre et du cobalt du Grand Katanga, il a également mis en avant le potentiel considérable d’autres ressources minières encore insuffisamment exploitées.
Selon lui, le développement de nouvelles filières minières pourrait contribuer à diversifier l’économie nationale, attirer davantage de capitaux et créer de nouvelles opportunités d’emplois à travers le pays.
« La RDC possède un potentiel minier exceptionnel qui va bien au-delà des ressources actuellement exploitées. Nous devons créer les conditions permettant de développer de nouvelles chaînes de valeur et d’attirer davantage d’investissements », a-t-il souligné.
Jean-Marie Kanda a également insisté sur l’importance de renforcer les retombées sociales de l’activité minière au profit des populations locales.
Il a salué les mécanismes prévus par le Code minier, notamment les cahiers des charges communautaires, la dotation de 0,3 % du chiffre d’affaires destinée aux projets de développement local ainsi que la redistribution de la redevance minière.
Pour lui, ces dispositifs constituent des outils essentiels pour améliorer les conditions de vie des communautés riveraines et renforcer l’acceptabilité sociale des projets miniers.
« L’exploitation minière doit être un facteur de progrès pour les populations qui vivent dans les zones concernées. Les communautés doivent voir concrètement les bénéfices générés par les ressources de leur territoire », a-t-il fait valoir.
Le représentant de la Présidence de la République a réaffirmé l’ambition des autorités congolaises de faire du secteur minier un véritable levier d’industrialisation et de diversification économique.
Dans un contexte où les minerais critiques occupent une place centrale dans les enjeux énergétiques mondiaux, la RDC entend désormais convertir son immense potentiel géologique en opportunités de transformation, d’innovation et de prospérité partagée.
Pour Jean-Marie Kanda, le défi n’est plus seulement d’exploiter les richesses du sous-sol congolais, mais de les transformer en valeur ajoutée locale, en emplois durables et en développement au bénéfice des générations présentes et futures.
Lydia Mangala


