En marge du match nul entre la RDC et le Portugal lors de la Coupe du monde 2026 à Houston, l’exploit des Léopards a rapidement été relégué au second plan. En cause figure le discours du président Félix Tshisekedi devant la diaspora, marqué par des propos virulents à l’encontre de son prédécesseur Joseph Kabila. Une sortie qui a suscité une vive réaction de l’opposant Seth Kikuni, lequel y voit les signes d’un basculement autoritaire.
Pour Seth Kikuni, les mots prononcés à Houston dépassent le cadre d’une simple invective politique. En qualifiant l’ancien président de « chien », le chef de l’État aurait, selon lui, franchi une ligne rouge.
« En traitant Joseph Kabila de chien, Félix Tshisekedi n’a pas seulement insulté un ancien chef de l’État, il a affiché un mépris profond pour les millions de Congolais qui ont voté pour lui en 2006 et 2011, ainsi que pour tous ceux qui continuent de lui faire confiance aujourd’hui », martèle Kikuni.
Seth Kikuni s’alarme de la tonalité générale de la communication présidentielle. L’opposant accuse le chef de l’État d’installer un climat de confrontation permanente. Selon lui, les violences physiques, les actes d’intimidation et les tensions visant l’opposition, et particulièrement les Swahiliphones, trouveraient leur origine dans l’attitude et les discours du sommet de l’État.
« À Houston, il a publiquement assumé cette logique de confrontation, éclipsant l’exploit sportif de notre sélection nationale par des propos indignes de la fonction présidentielle », analyse-t-il, s’interrogeant sur le respect que le président porte au peuple congolais.
Il rappelle également l’usage passé du terme « niangalakata », estimant que ce nouveau dérapage s’inscrit dans une continuité préoccupante.
Le discours de Houston constitue, pour Seth Kikuni, une alerte supplémentaire concernant les intentions du pouvoir sur la loi fondamentale. L’opposant craint que ces déclarations ne préparent le terrain à une modification de la Constitution visant à prolonger le mandat présidentiel.
« Si Félix Tshisekedi parvient à modifier la Constitution pour se maintenir au pouvoir, la RDC risque de devenir un enfer pour tous », prévient-il.
Face à ce qu’il qualifie de « danger majeur pour l’avenir de la RDC », Seth Kikuni durcit le ton. Pour lui, la posture actuelle du président doit servir de déclic pour l’opposition. Il appelle ainsi à une mobilisation accrue de tous les citoyens attachés à la démocratie et à l’État de droit, lançant un appel à s’unir pour contester ce qu’il qualifie de « dérive autoritaire ».
Alors que le pays traverse une période charnière, cette polémique illustre une nouvelle fois la fracture profonde entre le pouvoir en place et une partie de l’opposition, qui voit désormais dans chaque déclaration présidentielle une menace pour les acquis démocratiques de la nation.
Joëlle Luniongo


