À l’occasion de la quatrième commémoration nationale du GENOCOST, organisée dimanche 2 août 2026 au Mémorial du GENOCOST à Kinshasa, le ministre des Droits humains, Samuel Mbemba Kabuya, a consacré son intervention à l’explication des fondements juridiques du concept de « Génocost ».
Devant le Président de la République, les autorités, les diplomates, les survivants et les invités, il a soutenu que ce référentiel mémoriel repose sur une base juridique solide et constitue un outil de reconnaissance des crimes commis en République démocratique du Congo.
Dès l’ouverture de son allocution, le ministre a expliqué que le thème retenu cette année, « Maintenant que tu sais, que fais-tu ? », interpelle chaque Congolais sur sa responsabilité face au devoir de mémoire.
« Nous nous réunissons ce 2 août 2026 en ces lieux pour commémorer le Génocost, notre référentiel mémoriel. Cette année, la commémoration est placée sous le thème : « Maintenant que tu sais, que fais-tu ? » », a déclaré Samuel Mbemba.

Répondant aux interrogations sur la valeur juridique du concept de Génocost, le ministre des Droits humains a rappelé que celui-ci s’appuie sur les instruments internationaux ratifiés par la République démocratique du Congo.
« Le point commun entre le Génocost et le génocide est que les deux concepts recouvrent le crime de génocide dont la définition est donnée par la Convention des Nations Unies de 1948. Cette définition est également reprise dans le Statut de Rome instituant la Cour pénale internationale, que la RDC a ratifié », a expliqué le ministre.

Tout en reconnaissant cette base juridique commune, Samuel Mbemba a insisté sur la spécificité du Génocost, qu’il considère comme un concept plus large.
« Le Génocost est plus large que le génocide en ce qu’il évoque tous les massacres, tous les pillages, en particulier les génocides perpétrés en RDC depuis 1996, les mobiles économiques de ceux-ci traduits par le suffixe “cost”, ainsi que la mémoire des victimes », a-t-il soutenu.

Selon lui, le suffixe « cost » renvoie aux motivations économiques qui alimentent les violences commises depuis près de trois décennies sur le territoire congolais, notamment autour de l’exploitation des ressources naturelles.
Évoquant la situation sécuritaire dans l’Est du pays, le ministre a affirmé que plusieurs massacres documentés répondent à la qualification juridique de génocide.
« Face à ces faits précis qui se sont déroulés dans des localités précises, il y a lieu de dire qu’aucune autre qualification juridique n’est possible si ce n’est le crime de génocide », a affirmé Samuel Mbemba.

Il a également estimé que cette réalité doit être intégrée dans la mémoire collective nationale.
« Sans verser dans le discours de haine, ceci doit être enseigné aux Congolais d’aujourd’hui et de demain. En cela, le Génocost devient un mécanisme de notre mémoire nationale », a poursuivi le ministre.

Revenant sur les avancées enregistrées au cours des derniers mois, Samuel Mbemba a salué les initiatives engagées sous le leadership du Président Félix Tshisekedi pour faire progresser la reconnaissance des crimes commis en RDC sur les plans politique, diplomatique et institutionnel.
« Aujourd’hui, le peuple congolais s’approprie le Génocost et le monde commence à parler des génocides commis en République démocratique du Congo », a déclaré le ministre des Droits humains.
Il a également cité les résolutions adoptées par les deux chambres du Parlement congolais, la Commission africaine des droits de l’homme et des peuples ainsi que plusieurs organisations africaines, estimant que ces démarches ouvrent progressivement la voie à une reconnaissance judiciaire internationale.

Samuel Mbemba a, par ailleurs, appelé la justice congolaise à agir sans attendre l’aboutissement des procédures devant les juridictions internationales.
« Je formule le vœu que notre justice interne exploite les rapports Mapping, les résolutions de notre Parlement, la résolution de la Commission africaine des droits de l’homme et des peuples ainsi que les différents rapports des Nations Unies pour déclencher des poursuites à l’endroit des auteurs qui sont à notre portée », a plaidé le ministre.
Insistant sur les attentes des victimes, il a rappelé que la lutte contre l’impunité constitue une étape essentielle vers la reconstruction du pays.
« Les victimes doivent connaître la vérité. Il faut mettre en place des garanties de non-répétition. Il faut commencer à guérir », a insisté Samuel Mbemba.
Clôturant son intervention, le ministre des Droits humains a invité chaque Congolais à transformer le devoir de mémoire en engagement personnel.
« Maintenant que tu sais, qu’en fais-tu ? », a conclu Samuel Mbemba, reprenant le thème de cette quatrième commémoration nationale du GENOCOST.
Lydia Mangala


