Le gouvernement congolais entend donner un nouvel élan à la production agricole en facilitant l’accès des producteurs aux intrants essentiels. Cette ambition s’est concrétisée le samedi 15 août 2026 à travers la signature d’un contrat de fourniture et d’achat entre le ministère d’État en charge de l’Agriculture et de la Sécurité alimentaire et Burundi International Trading Company (ITRACOM).
La cérémonie a été présidée par le ministre d’État Muhindo Nzangi Butondo, qui a présenté cet accord comme une étape supplémentaire dans la stratégie visant à renforcer les capacités de production agricole de la République démocratique du Congo. Au-delà de l’aspect contractuel, l’initiative cherche surtout à répondre à l’un des défis récurrents du secteur : l’accès des agriculteurs aux intrants nécessaires pour améliorer les rendements.
L’accès aux engrais constitue un enjeu important pour l’amélioration de la productivité agricole. Dans un pays disposant d’importantes terres arables mais confronté à des rendements encore insuffisants dans plusieurs filières, la disponibilité et l’accessibilité des intrants peuvent jouer un rôle déterminant dans l’augmentation de la production.
Le ministère de l’Agriculture entend donc contribuer à créer de meilleures conditions pour les producteurs. L’objectif est de permettre aux agriculteurs de disposer des moyens nécessaires pour améliorer leurs performances et participer davantage à l’approvisionnement du marché national.
Cette démarche s’inscrit dans une vision plus large de transformation de l’agriculture congolaise, avec l’ambition de passer progressivement d’une production essentiellement caractérisée par de faibles niveaux de productivité à une agriculture plus performante et capable de répondre aux besoins croissants de la population.
Pour le ministre d’État, la signature d’un accord ne doit cependant pas constituer une finalité en soi. Muhindo Nzangi insiste sur la nécessité de mesurer les engagements pris à l’aune de leurs effets concrets sur le terrain.
Dans cette logique, chaque contrat conclu dans le secteur agricole doit, selon lui, contribuer à améliorer directement les conditions de production et à générer des résultats perceptibles pour les agriculteurs et les communautés rurales.
Cette approche traduit la volonté de l’autorité ministérielle de lier les engagements institutionnels aux réalités vécues par les producteurs. L’enjeu sera notamment de faire en sorte que les intrants puissent effectivement atteindre les agriculteurs dans des conditions permettant leur utilisation et leur impact sur les rendements.
Pour la RDC, l’amélioration de la production agricole constitue également un enjeu de sécurité alimentaire. La dépendance à certaines importations alimentaires, les difficultés d’accès aux intrants et les faibles rendements dans plusieurs zones de production continuent de peser sur la capacité du pays à satisfaire l’ensemble de ses besoins alimentaires à partir de sa propre production.
Dans ce contexte, faciliter l’accès aux engrais ne représente qu’un maillon d’une stratégie qui devra également prendre en compte les semences adaptées, l’encadrement technique des producteurs, les infrastructures de stockage et de transformation, ainsi que l’accès aux marchés.
Le véritable défi sera donc de transformer les accords signés en une chaîne de production plus efficace, allant de l’approvisionnement en intrants jusqu’à la commercialisation des récoltes.
La signature de ce contrat ouvre ainsi une nouvelle étape dans les efforts du ministère pour soutenir la production nationale. Son efficacité se mesurera toutefois à travers sa capacité à produire des effets concrets tels que davantage d’agriculteurs bénéficiant d’intrants, amélioration des rendements, augmentation des volumes produits et, à terme, meilleure disponibilité des denrées alimentaires sur les marchés.
Pour le ministère de l’Agriculture et de la Sécurité alimentaire, l’ambition est de faire de l’accès aux intrants un levier d’une production agricole plus intensive, plus productive et davantage tournée vers la satisfaction des besoins de la population congolaise.
La signature avec ITRACOM apparaît ainsi comme une pièce supplémentaire d’une stratégie dont la réussite dépendra désormais de sa mise en œuvre effective et de sa traduction dans les champs.
Lydia Mangala


