Le dialogue national pour la paix, la cohésion et la refondation de l’État ne devrait pas s’installer dans la durée. Dans son adresse à la Nation, Félix Tshisekedi a annoncé que l’ensemble du processus sera enfermé dans un délai maximal de trois mois, avec l’ambition d’aboutir rapidement à des engagements concrets et mesurables.
Pour le chef de l’État, cette limitation dans le temps doit permettre d’éviter que les assises nationales ne reproduisent les travers de précédents processus, marqués selon lui par des engagements parfois longs à se concrétiser. Il entend ainsi inscrire ce dialogue dans une logique d’efficacité, de responsabilité et de résultats.
« L’ensemble du processus sera limité à une durée maximale de trois mois », a déclaré Félix Tshisekedi, avant de préciser que le dialogue devra rester suffisamment inclusif pour permettre une représentation pluraliste, tout en étant rigoureusement encadré.
Le président de la République veut ainsi éviter que le processus ne se transforme en espace de négociations politiques interminables. Il entend également prévenir « l’enlisement, les manœuvres dilatoires et la dilution des responsabilités ».
Cette exigence de rapidité s’inscrit dans une volonté plus large de tirer les leçons des précédents dialogues politiques organisés en RDC. Dans son adresse, Félix Tshisekedi a relevé que plusieurs processus avaient produit des accords et des résolutions sans toujours parvenir à empêcher le retour des crises.
« Trop souvent, la signature a été confondue avec l’action. Les responsabilités étaient mal définies, les calendriers imprécis, les moyens insuffisamment identifiés et les mécanismes de suivi trop faibles », a-t-il déploré.
Pour rompre avec cette logique, le chef de l’État annonce un processus structuré en plusieurs étapes. Celui-ci doit commencer par des consultations dans les 26 provinces avant la tenue des assises nationales à Kinshasa. Les contributions recueillies auprès des différentes composantes de la société congolaise devront être consolidées dans un document de synthèse nationale servant de base aux travaux.
Le dialogue devra ensuite déboucher sur l’adoption d’un pacte national pour la paix, la cohésion et la refondation de l’État. Pour Félix Tshisekedi, ce pacte devra dépasser le stade des déclarations politiques.
« Ce pacte ne sera pas une déclaration de principe sans lendemain », a-t-il affirmé.
Le président entend notamment établir une matrice de mise en œuvre permettant d’identifier, pour chaque engagement, l’institution responsable, le calendrier d’exécution et les résultats attendus. Un mécanisme national de suivi devra également être institué, avec la publication régulière de rapports permettant à la population de suivre les engagements pris.
« C’est par la transparence que nous reconstruirons la confiance. C’est par l’exécution que nous distinguerons ce dialogue de tous ceux qui l’ont précédé », a soutenu le chef de l’État.
La durée maximale de trois mois apparaît ainsi comme l’un des garde-fous annoncés pour empêcher que le dialogue national ne reproduise les lenteurs et les incertitudes de précédents processus. L’objectif est de faire des assises un instrument de transformation de l’État, avec des décisions assorties d’échéances et de mécanismes de suivi.
Félix Tshisekedi entend toutefois concilier cette exigence d’efficacité avec une participation large des forces politiques, sociales, institutionnelles, coutumières, religieuses et citoyennes. Le processus devra, selon lui, garantir « une expression libre, pluraliste et représentative », sans pour autant perdre de vue son objectif central : la paix, la cohésion nationale et la refondation de l’État.
Lydia Mangala


