Le lancement de Landila, le baromètre citoyen de suivi de l’action gouvernementale en République démocratique du Congo, constitue une initiative complémentaire aux mécanismes déjà mis en place par la Primature pour évaluer la mise en œuvre des politiques publiques. C’est ce qu’a indiqué Kayamba Tshitshi, conseiller principal politique au cabinet de la Première ministre, lors de la journée de présentation de cet outil développé par Ebuteli.
Représentant la cheffe du gouvernement, actuellement en mission à l’étranger, Kayamba Tshitshi a transmis la gratitude de la Première ministre aux organisateurs de cette initiative, tout en saluant la création de cet instrument citoyen destiné à renforcer la transparence et la redevabilité dans la gestion publique.

« La Première ministre salue l’initiative de Landila comme un outil citoyen qui vient compléter les autres dispositifs existants au sein de la Primature en matière de suivi et d’évaluation des politiques publiques », a-t-il déclaré.
Selon lui, le suivi de l’action gouvernementale s’inscrit d’abord dans le cadre du Programme d’action du gouvernement 2024-2028, qui traduit en actions concrètes les engagements pris par le Chef de l’État devant la population.

« Le programme d’action du gouvernement constitue une boussole qui permet de traduire les engagements politiques en actions concrètes, avec des mécanismes de suivi permettant d’évaluer les progrès réalisés », a expliqué le conseiller principal politique.
Il a rappelé que ce programme repose sur plusieurs axes majeurs liés à l’État, à l’économie et à la société, déclinés en différents piliers et actions prioritaires. Pour mesurer leur évolution, la Primature dispose notamment de deux mécanismes internes de suivi.
Le premier est la Direction du suivi et de l’évaluation des politiques publiques au sein du Secrétariat général de la Primature. Cette structure permet de suivre régulièrement les performances des ministères à travers des indicateurs précis et de produire des évaluations périodiques sur l’état d’avancement des engagements gouvernementaux.
« Grâce à ce dispositif, nous pouvons disposer en temps réel d’une lecture des performances des ministères, rendre compte des avancées réalisées et prendre des mesures correctives lorsque des obstacles apparaissent », a-t-il indiqué.

Le second mécanisme est la Delivery Unit, chargée du suivi des projets structurants du gouvernement. Elle analyse leur niveau d’exécution, identifie les contraintes rencontrées et propose des solutions afin d’accélérer leur réalisation.
Abordant la question de l’agenda législatif du gouvernement, Kayamba Tshitshi a expliqué que son évolution a été influencée par le contexte sécuritaire et politique du pays.

« Au moment de l’élaboration du programme d’action du gouvernement en 2024, le contexte politique et sécuritaire était différent. La guerre imposée à notre pays est venue bouleverser certaines prévisions et a nécessité un recentrage des priorités », a-t-il soutenu.
Il a toutefois insisté sur le fait que le programme gouvernemental demeure un cadre de référence, complété par les plans sectoriels propres à chaque ministère.

Concernant l’accès aux données publiques, le conseiller de la Première ministre a affirmé que plusieurs informations relatives au suivi de l’action gouvernementale sont disponibles pour les citoyens, conformément aux principes de transparence et de redevabilité.
« Ces données sont disponibles pour les citoyens. Il existe cependant plusieurs bases sectorielles qui regroupent des informations spécifiques selon les domaines d’intervention », a-t-il précisé.

Il a notamment cité les plateformes développées par certaines structures publiques, dont la cellule du climat des affaires à la Présidence de la République ainsi que d’autres mécanismes spécialisés disposant de données sur les politiques publiques.
Pour Kayamba Tshitshi, l’arrivée de Landila représente donc une opportunité supplémentaire pour rapprocher l’action gouvernementale des citoyens et renforcer le dialogue autour des résultats des politiques publiques.
Le lancement de Landila, organisé par Ebuteli avec l’appui de l’Agence suédoise de coopération internationale pour le développement (Sida), a réuni des membres du gouvernement, des parlementaires, des représentants de la société civile, des chercheurs, des diplomates et des acteurs des médias autour des enjeux de transparence et d’évaluation de l’action publique en RDC.
Lydia Mangala


