Le ministre de la Communication et Médias, Patrick Muyaya Katembwe, a clôturé, mardi 13 octobre 2026, le Forum international des médias en Afrique, organisé par la Fondation Konrad Adenauer (KAS), au Salon Congo du Pullman Hôtel, à Kinshasa. À cette occasion, il a insisté sur la nécessité de renforcer la collaboration entre les pouvoirs publics, les professionnels des médias et la société civile pour faire face aux défis qui fragilisent l’espace informationnel.
Placées sous le thème « Développer la connectivité et l’innovation dans la gouvernance des médias », ces assises de deux jours ont réuni des acteurs médiatiques congolais et africains autour des mutations du secteur, notamment la désinformation, la transformation numérique, la sécurité des journalistes et l’indépendance économique des entreprises de presse.
Prenant part à la cérémonie de clôture, Patrick Muyaya a mis en avant l’importance d’une approche concertée face à la propagation des fausses informations, devenue un défi majeur à l’ère des plateformes numériques. Pour le ministre, la réponse à ce phénomène nécessite une implication coordonnée des institutions, des médias et de la société civile, dans le respect de la liberté de la presse et de la responsabilité professionnelle.
Au micro de Zolanews.net, le porte-parole du gouvernement s’est exprimé sur les enjeux de ce forum et les perspectives qu’ouvrent les échanges entre les différents acteurs du paysage médiatique.
Des réformes pour un secteur médiatique plus structuré
Au-delà de la lutte contre la désinformation, cette rencontre a permis de revenir sur les réformes engagées en République démocratique du Congo pour améliorer l’environnement dans lequel évoluent les professionnels de l’information.
Parmi les avancées évoquées figure la modernisation du cadre juridique régissant l’exercice de la liberté de la presse, notamment à travers l’Ordonnance-loi n° 23/009 du 13 mars 2023. Ce texte définit les modalités d’exercice de la liberté de la presse et de l’information, ainsi que les droits et obligations des acteurs du secteur.
La protection des journalistes et la viabilité économique des entreprises de presse constituent également des enjeux importants pour le ministère de la Communication et Médias. L’objectif est de favoriser un environnement professionnel plus structuré, capable de garantir une information de qualité et de renforcer la crédibilité des médias congolais.
Une charte médiatique pour répondre aux défis du journalisme
Les travaux du forum ont porté sur plusieurs thématiques essentielles : la liberté de la presse et la sécurité des journalistes, la viabilité économique et l’indépendance des médias, la désinformation et l’intégrité de l’information, l’intelligence artificielle ainsi que la collaboration interafricaine et les réseaux médiatiques.
La gouvernance des médias a également occupé une place centrale dans les discussions, avec une interrogation majeure : comment réguler l’espace médiatique tout en encourageant l’innovation et la coopération ?
Les participants ont travaillé en groupes sur les différentes thématiques devant constituer la charte médiatique, avant la restitution des propositions en séance plénière et la consolidation du document.
L’adoption de cette charte marque une étape importante dans la volonté de dégager des principes communs pour répondre aux défis du secteur. Elle traduit également la nécessité de renforcer les synergies entre les professionnels des médias africains face aux transformations technologiques et aux nouvelles menaces pesant sur l’intégrité de l’information.
Entre innovation, responsabilité et liberté de la presse
La clôture de ce forum intervient dans un contexte où les médias africains sont confrontés à une double exigence : s’adapter aux innovations numériques tout en préservant les principes fondamentaux du journalisme.
Si les plateformes numériques offrent de nouvelles possibilités de diffusion et d’accès à l’information, elles favorisent également la circulation rapide de contenus trompeurs, mettant à l’épreuve les mécanismes de vérification et la confiance du public.
Pour la RDC, l’enjeu consiste à poursuivre les réformes du secteur tout en créant les conditions d’une collaboration durable entre les institutions publiques, les organisations professionnelles et les acteurs de la société civile.
À travers sa participation à la clôture, Patrick Muyaya a ainsi remis au centre du débat la nécessité d’une gouvernance médiatique conciliant liberté, responsabilité et innovation.
Il sied de noter que cette rencontre aura notamment permis de mettre en lumière une question essentielle : comment construire un espace médiatique africain mieux connecté, économiquement viable et capable de garantir aux citoyens une information fiable, dans un environnement numérique en constante évolution.
Joséphine Mawete


