À quelques jours de la marche annoncée par l’opposition congolaise pour le 22 juillet, les autorités et les institutions chargées de la protection des droits humains multiplient les appels au respect des règles encadrant les manifestations publiques. Réunis mercredi 15 juillet à Kinshasa lors d’une conférence scientifique organisée à l’Université islamique du Congo (UNICO), le ministre des Droits humains, Samuel Mbemba Kabuya, le président de la Commission nationale des droits de l’homme (CNDH), Paul Nsapu, et le rapporteur adjoint du Conseil supérieur de l’audiovisuel et de la communication (CSAC), Serge Ndjibu, ont insisté sur la nécessité de prévenir toute violation des droits humains.
Prenant la parole, le ministre des Droits humains a rappelé que la Constitution garantit la liberté de manifestation, tout en imposant aux organisateurs l’obligation d’informer les autorités compétentes afin de permettre un encadrement adéquat de l’événement.
Selon Samuel Mbemba, cette démarche implique notamment la communication de l’itinéraire et de l’objet de la manifestation afin de faciliter les dispositions sécuritaires et logistiques.
« La Constitution instaure le principe d’information, mais pour sa bonne tenue, il faut l’adoption d’un itinéraire afin de permettre l’encadrement des manifestants. Ceci existe dans tous les pays du monde et ne constitue pas une atteinte au principe constitutionnel », a-t-il déclaré.
Le ministre a également mis en garde contre toute tentative de manipulation visant à utiliser cette marche pour provoquer des troubles.
« Organiser une manifestation avec des visées obscures tendant à créer le chaos relève de la manipulation », a-t-il affirmé, appelant les organisateurs à faire preuve de sincérité.

Samuel Mbemba a, en outre, indiqué avoir alerté les responsables de l’opposition sur les risques d’infiltration par des personnes susceptibles de commettre des exactions dans le but de les attribuer aux forces de sécurité.
« Nous avons informé les opposants sur le danger représenté par les ennemis de la République qui pourraient commettre des atteintes aux droits humains des manifestants afin d’en faire porter la responsabilité aux policiers et au Gouvernement. Nous resterons vigilants face à ces tentatives de manipulation », a-t-il ajouté.

De son côté, le président de la CNDH, Paul Nsapu, a assuré que son institution travaille avec les différentes parties prenantes afin de garantir le bon déroulement de la manifestation.
« Contrairement aux rumeurs qui circulent, nous œuvrons à l’adoption d’un itinéraire avec les organisateurs et les autorités compétentes afin de garantir la sécurité des manifestants et l’inviolabilité de certains lieux. Il n’y aura pas d’apocalypse le 22 juillet », a déclaré le président de la CNDH.
Il a précisé que des concertations sont en cours avec les acteurs politiques et les autorités pour définir un parcours compatible avec les exigences de sécurité et le respect des sites institutionnels protégés, tels que le Palais de la Nation, le Parlement ou encore la Primature.

La conférence a aussi mis l’accent sur la prévention des violations des droits humains comme fondement de la protection des libertés publiques.
« La prévention des violations des droits humains est la forme la plus accomplie de leur protection. On ne mesure pas la capacité d’une institution au nombre de violations dénoncées, mais à sa capacité à les empêcher », a souligné Paul Nsapu.
Intervenant également lors de cette rencontre, le rapporteur adjoint du CSAC, Serge Ndjibu, a insisté sur la responsabilité des médias dans un contexte marqué par les tensions politiques et sécuritaires.
Il a invité les professionnels de la presse à privilégier la rigueur, la vérification des faits et la recherche de la vérité afin d’éviter la diffusion de discours susceptibles d’alimenter les violences ou les divisions.
Initialement prévue le 8 juillet, la marche de l’opposition a été reportée au 22 juillet. Les autorités rappellent que si le droit de manifester est garanti par la Constitution, son exercice doit s’effectuer dans le respect des dispositions légales, de l’ordre public et de la protection des institutions de la République.
Lydia Mangala


