Une nouvelle page s’est ouverte mardi 14 juillet 2026 dans la politique nationale de promotion de l’entrepreneuriat des jeunes en République démocratique du Congo. À Kinshasa, dix-huit jeunes entrepreneurs ont officiellement signé leurs contrats de financement dans le cadre du programme Vijana, devenant ainsi les premiers bénéficiaires de ce mécanisme inédit destiné à accompagner les porteurs de projets industriels et de transformation locale.
La cérémonie, présidée par le ministre de l’Entrepreneuriat et du Développement des PME, Justin Kalumba Mwana-Ngongo, assurant l’intérim du ministre de l’Industrie, a réuni les dirigeants du Fonds de Promotion de l’Industrie (FPI), du Fonds de Garantie de l’Entrepreneuriat au Congo (FOGEC) ainsi que plusieurs membres du Gouvernement.
Cette première cohorte symbolise le passage à l’action d’un programme qui ambitionne de transformer durablement le paysage entrepreneurial congolais en faisant de la jeunesse le principal moteur de l’industrialisation du pays.
Pour Justin Kalumba, cette étape traduit la concrétisation de la vision portée par le Président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, à travers le programme « Debout Jeunes Congolais », lancé le 30 juin dernier afin de promouvoir l’emploi, l’entrepreneuriat et l’autonomisation économique des jeunes.
Face aux bénéficiaires, le ministre a rappelé que le développement de la RDC dépend moins de l’abondance de ses ressources naturelles que de la capacité de sa jeunesse à les transformer.
« Le Président de la République croit en la jeunesse. Il voit en elle la véritable richesse du pays. Notre développement ne dépend pas uniquement de nos ressources naturelles, mais surtout de notre capacité à les transformer grâce au génie de nos jeunes », déclaré Justin Kalumba, insistant sur la nécessité de placer la jeunesse au cœur de la transformation économique nationale.

Pour lui, le programme Vijana marque également un changement profond de paradigme économique.
« Nous sommes en train de rompre avec une économie fondée sur l’import-export pour bâtir une économie de production et de transformation locale. C’est cette industrialisation à taille humaine que nous voulons voir émerger grâce aux jeunes entrepreneurs », a-t-il affirmé, appelant à une nouvelle dynamique économique basée sur la création de valeur locale.
Le ministre a souligné que la réussite de cette initiative repose sur une mobilisation collective de toutes les institutions concernées.
« Aujourd’hui, les jeunes se sont levés, le FPI s’est levé, le FOGEC s’est levé, les ministères se sont levés. Si nous nous levons ensemble, rien ne nous sera impossible. Nous devons être une équipe qui gagne », a-t-il lancé, plaidant pour une synergie entre les différentes structures publiques impliquées dans le programme.
S’adressant directement aux dix-huit premiers bénéficiaires, il leur a rappelé la responsabilité particulière qui leur incombe.
« Vous êtes les premiers-nés de ce programme. Si vous réussissez, vous ouvrirez la voie à des milliers d’autres jeunes. Vous avez la responsabilité de prouver que cette vision est porteuse d’avenir pour toute la nation », a-t-il déclaré, exhortant les bénéficiaires à faire de leurs projets des exemples de réussite.
Lors de la cérémonie, il leur a également lancé un message clair.
« Travaillez, produisez, créez des emplois, respectez vos engagements et remboursez les financements afin de permettre à d’autres jeunes Congolais de bénéficier à leur tour de cette initiative. Vous êtes les pionniers d’un programme appelé à s’étendre dans toutes les provinces », a insisté Justin Kalumba, rappelant aux jeunes entrepreneurs leur rôle dans la pérennisation du dispositif.
Né d’un partenariat entre le Fonds de Promotion de l’Industrie (FPI) et le Fonds de Garantie de l’Entrepreneuriat au Congo (FOGEC), le programme Vijana s’adresse aux jeunes entrepreneurs âgés de 18 à 35 ans.
Son ambition est de supprimer l’un des principaux obstacles auxquels se heurtent les jeunes porteurs de projets, à savoir l’absence de garanties exigées par les banques.
Grâce à ce dispositif, les bénéficiaires peuvent accéder à des financements pouvant atteindre 50 000 dollars américains, accordés à un taux préférentiel de 4 % l’an, contre 6 % auparavant.
Le FPI assure directement le financement des projets, tandis que le FOGEC apporte la garantie nécessaire, permettant ainsi à des centaines de jeunes auparavant exclus du système bancaire classique de concrétiser leurs ambitions entrepreneuriales.
Cette baisse du taux d’intérêt, combinée à l’allègement des critères d’accès au crédit, constitue l’une des principales innovations du programme.
Le Directeur général du FOGEC, Luto Nzolantima, a qualifié cette cérémonie de moment historique pour l’entrepreneuriat congolais.
« Nous ne signons pas simplement des contrats de financement. Nous posons un acte concret en faveur de l’entrepreneuriat des jeunes. Le produit Vijana illustre la force de l’action publique concertée : le FPI finance, le FOGEC garantit », a déclaré Luto Nzolantima, soulignant l’importance de la complémentarité entre les deux institutions.
Selon lui, cette coopération institutionnelle offre désormais aux jeunes entrepreneurs la possibilité d’accéder aux financements sans être pénalisés par l’absence des garanties classiques.
S’adressant aux bénéficiaires, il les a invités à adopter une culture de responsabilité.
« Dire ce que l’on va faire, faire ce que l’on dit et rendre compte de ce que l’on a fa », a-t-il recommandé, appelant les jeunes entrepreneurs à cultiver la rigueur et la transparence dans la gestion de leurs projets.
Pour le Directeur général du FPI, Hervé Claude Ntumba Batukonke, cette première cohorte dépasse largement la simple signature de contrats.
Selon lui, soutenir la jeunesse revient à investir directement dans l’avenir économique de la République démocratique du Congo.
« Les 18 projets financés aujourd’hui témoignent de la volonté du Gouvernement de soutenir des initiatives créatrices de valeur, d’emplois et de richesse. Derrière chaque projet se trouvent des emplois qui seront créés, des revenus qui seront générés et une économie nationale qui se renforce », a déclaré Hervé Claude Ntumba Batukonke, mettant en avant l’impact attendu de ces investissements sur l’économie congolaise.
Il a insisté sur le fait que le rôle du FPI ne s’arrêtera pas au décaissement des fonds.
« La signature de ces contrats marque le début d’un accompagnement. Le FPI demeurera aux côtés des bénéficiaires afin d’assurer le suivi des investissements et de contribuer à la réussite de leurs entreprises », a-t-il assuré, promettant un suivi rapproché des projets financés.
Selon lui, l’objectif est de faire de la jeunesse le premier capital de la nation, capable de porter la croissance, l’innovation et la prospérité du pays.
Dix-huit projets répartis dans des secteurs stratégiques
Les dix-huit premiers projets retenus concernent plusieurs domaines jugés prioritaires pour l’économie nationale.
Les bénéficiaires évolueront notamment dansla transformation agroalimentaire, la production manufacturière, la menuiserie, le textile, le recyclage ainsi que la fabrication de matériaux de construction.
Ces investissements visent à renforcer le tissu industriel national, développer les chaînes de valeur locales, stimuler la création d’emplois et promouvoir le Made in Congo.
Le lancement opérationnel de Vijana ne constitue qu’une première étape. Depuis l’ouverture du programme, plus d’une cinquantaine de projets ont déjà été déposés dans les bureaux du FPI et du FOGEC à travers les différentes provinces du pays.
Les responsables annoncent d’ailleurs le lancement prochain d’un appel national à projets, qui permettra à un nombre beaucoup plus important de jeunes entrepreneurs de soumettre leurs initiatives.
Le Gouvernement entend progressivement déployer le programme sur l’ensemble du territoire afin d’offrir à des milliers de jeunes la possibilité de créer leurs entreprises, d’innover et de participer activement au développement économique de la République démocratique du Congo.
En fin de compte, la signature de ces premiers contrats ne représente pas seulement l’accès de dix-huit jeunes à un financement. Elle incarne le début d’une politique qui ambitionne de faire de l’entrepreneuriat des jeunes un levier majeur d’industrialisation, de création d’emplois et de transformation économique du pays.
Pour les premiers bénéficiaires, l’enjeu dépasse désormais leur réussite personnelle. Ils portent la responsabilité de démontrer que cette nouvelle approche peut ouvrir la voie à toute une génération d’entrepreneurs congolais.
Lydia Mangala


