La deuxième édition de la Semaine de l’Étudiant a également ouvert une fenêtre sur les opportunités concrètes dont disposent aujourd’hui les jeunes porteurs de projets. Responsable de l’accompagnement entrepreneurial au Silikin Village, Mike Bondo a invité les étudiants à sortir des amphithéâtres pour aller à la rencontre de l’écosystème entrepreneurial et des dispositifs qui peuvent les aider à transformer leurs idées en entreprises.
Intervenant dans le cadre de cette édition placée sous le thème « Études universitaires et capital humain à l’ère du numérique : se former, s’adapter, réussir », Mike Bondo a notamment insisté sur l’existence de programmes d’accompagnement accessibles gratuitement aux entrepreneurs.

Son message s’adresse particulièrement aux étudiants qui ont déjà une idée, un projet ou une solution, mais qui ne savent pas toujours vers quelle structure se tourner pour passer à l’étape suivante.
Pour Mike Bondo, l’écosystème entrepreneurial congolais évolue progressivement. Il reconnaît que plusieurs infrastructures et mécanismes qui font aujourd’hui partie de cet environnement n’existaient pas encore il y a quelques années.
Fort de son expérience dans le secteur, il estime toutefois que les opportunités deviennent de plus en plus nombreuses, notamment avec l’arrivée de nouveaux programmes, de fonds et de structures prêtes à accompagner les porteurs de projets.
« De plus en plus, l’écosystème s’améliore et il y a des opportunités. Les fonds sont prêts à accompagner ce que nous faisons », a-t-il expliqué.
Une évolution qui devrait encourager les jeunes à ne plus considérer l’absence de moyens comme une raison suffisante pour abandonner une idée.

L’un des principaux messages de son intervention concernait un programme actuellement lancé au Silikin Village pour accompagner 40 solutions d’innovation environnementale.
Le parcours, entièrement gratuit, s’étendra sur six mois. À l’issue de l’accompagnement, le meilleur projet pourra bénéficier d’une subvention.

« Chaque trois mois, on lance un programme d’accompagnement pour sélectionner des entrepreneurs. Actuellement, on lance un programme où on va accompagner 40 solutions d’innovation environnementales », a annoncé Mike Bondo.
L’objectif est surtout de permettre aux entrepreneurs sélectionnés de bénéficier d’un cadre structuré pour faire progresser leurs projets.
Pour le responsable de l’accompagnement entrepreneurial, l’université constitue une étape importante dans la formation, mais elle ne doit pas être le seul espace d’apprentissage des jeunes.
Il encourage ainsi les étudiants à s’intéresser à ce qui se passe dans l’écosystème entrepreneurial, à découvrir les initiatives existantes et à se rapprocher des acteurs qui peuvent les aider à développer leurs projets.
Son propre parcours lui permet de mesurer le chemin parcouru. Il rappelle qu’il y a une dizaine d’années, lorsqu’il est revenu en RDC, certaines infrastructures indispensables au développement des projets numériques, notamment dans le commerce en ligne, étaient encore peu développées. Aujourd’hui, il observe une évolution progressive de cet environnement.
Mike Bondo a également voulu déconstruire l’idée selon laquelle l’accompagnement entrepreneurial se résume à donner de l’argent aux porteurs de projets.
Une fois sélectionnés, les entrepreneurs peuvent notamment bénéficier d’un espace de travail, d’un accès à certains équipements et d’un accompagnement destiné à les aider à structurer leurs initiatives.
« Nos programmes d’accompagnement ne sont pas payants. Une fois que vous êtes sélectionné, vous avez l’espace de travail, la connexion et les outils nécessaires », a-t-il indiqué.

Pour les étudiants qui souhaitent se lancer, cette approche peut constituer une première porte d’entrée vers l’écosystème entrepreneurial.
Mike Bondo a laisse comprendre que les opportunités existent, mais encore faut-il les chercher, se renseigner et oser présenter son projet.
Dans cette deuxième édition de La Semaine de l’Étudiant consacrée à l’adaptation du capital humain à l’ère numérique, son intervention rappelle ainsi que la réussite professionnelle ne repose pas uniquement sur les connaissances acquises à l’université. Elle dépend aussi de la capacité des jeunes à identifier les opportunités, à développer leurs compétences et à transformer leurs idées en solutions concrètes.
Lydia Mangala


