La paix en République démocratique du Congo ne pourra être durable sans une participation pleine et entière des femmes aux processus de dialogue et de résolution des conflits. C’est le message porté le mardi 11 août à Kinshasa par la ministre du Genre, Famille et Enfant, Micheline Ombae Kalama, à l’occasion du lancement du Forum national des femmes pour une paix durable et inclusive.
Organisé durant deux jours par le Secrétariat national permanent de la Résolution 1325, avec l’appui d’ONU-Femmes, ce forum réunit des femmes autour d’un objectif central : renforcer leur présence et leur influence dans les mécanismes de paix, de dialogue et de prise de décision en République démocratique du Congo.
Dans son discours d’ouverture, la ministre a insisté sur la nécessité de rompre avec une approche qui cantonne les femmes au rôle de victimes des conflits. Pour elle, les Congolaises doivent désormais être reconnues comme des actrices à part entière dans la recherche des solutions aux crises qui affectent le pays.

« Notre inclusion n’est ni une faveur, ni une concession. Aucune paix durable ne peut être bâtie sans les femmes », a déclaré Micheline Ombae Kalama.
La ministre a ainsi plaidé pour une participation féminine à la fois politique, stratégique et décisionnelle, estimant que les femmes doivent être présentes là où se négocient les accords et où se prennent les décisions qui engagent l’avenir du pays.
« J’ai fermement plaidé pour que nos mères, nos sœurs et nos filles quittent la périphérie pour s’installer définitivement au cœur des décisions politiques et des mécanismes stratégiques de résolution des conflits », a-t-elle déclaré à l’issue du forum.

Les participantes sont également appelées à tirer les leçons des différents processus de paix engagés ces dernières années, notamment ceux de Nairobi, Luanda, Doha et Washington.
Pour Micheline Ombae, ces différentes initiatives doivent permettre de réfléchir à une meilleure représentation des femmes dans les processus actuels et futurs. Elle estime que les acquis en matière de participation féminine doivent être protégés afin d’éviter tout recul dans la représentativité des femmes.
La ministre a également insisté sur la nécessité pour les femmes congolaises de dépasser les divisions et de parler d’une voix plus coordonnée.

« Le temps n’est plus à la dispersion de nos forces. Le temps est à l’unité, à la solidarité et à l’action collective », a-t-elle lancé.
Le forum ambitionne de déboucher sur des engagements concrets. Parmi les principaux résultats attendus figurent notamment l’élaboration d’une feuille de route commune, la mise en place d’une stratégie nationale concertée ainsi que la création d’un comité de plaidoyer chargé de porter les engagements des femmes dans les différents processus de paix.

Pour la ministre du Genre, l’adoption d’un cahier de charges commun constitue un outil essentiel pour structurer les revendications et renforcer le poids des femmes dans les négociations.
« C’est notre boussole, notre force unie pour structurer nos revendications et imposer notre rôle incontournable dans l’avenir de la nation », a-t-elle souligné.
Les autorités congolaises et leurs partenaires entendent ainsi renforcer la mise en œuvre des principes portés par la Résolution 1325 des Nations unies, qui reconnaît l’importance de la participation des femmes dans la prévention et la résolution des conflits ainsi que dans la consolidation de la paix.
Pour Micheline Ombae, l’enjeu dépasse donc la seule représentation symbolique. Il s’agit de permettre aux femmes de participer effectivement à la définition des solutions et aux décisions qui façonnent l’avenir de la République démocratique du Congo.
Au terme de ces deux jours de travaux, les participantes devront ainsi disposer d’un cadre commun pour porter leurs propositions et renforcer leur présence dans les mécanismes de paix.
Par ce forum, il sied de retenir que femmes congolaises ne veulent plus seulement être protégées par les accords de paix, elles veulent aussi participer à leur construction et à leur mise en œuvre.
Lydia Mangala


