La République démocratique du Congo a marqué les travaux de la 7ᵉ Conférence des plénipotentiaires de l’Union africaine des télécommunications (CPL-26), organisée du 16 au 24 juillet 2026 à Abuja, au Nigéria. À travers une participation remarquée du ministère des Postes, Télécommunications et Numérique, de l’Autorité de Régulation de la Poste et des Télécommunications du Congo (ARPTC) et des experts congolais, le pays a consolidé son positionnement parmi les acteurs majeurs de la gouvernance numérique en Afrique.
Placée sous le thème de la « Connectivité significative universelle », cette conférence a réuni les ministres, régulateurs, opérateurs et partenaires du secteur des télécommunications afin de définir les grandes orientations du numérique sur le continent.
Conduite par le ministre des Postes, Télécommunications et Numérique, José Mpanda Kabangu, la délégation congolaise comprenait notamment le président de l’ARPTC, Christian Katende, ainsi qu’une équipe d’experts ayant participé aux travaux techniques des différentes commissions.
Tout au long des assises, la délégation congolaise a adopté une stratégie coordonnée, articulant leadership politique et expertise technique. Tandis que le ministre José Mpanda Kabangu a porté la vision politique de la République démocratique du Congo en séance plénière, Christian Katende a assuré le plaidoyer institutionnel, pendant que les experts congolais défendaient les positions du pays au sein des commissions spécialisées.
Cette approche concertée a permis à la RDC d’obtenir plusieurs avancées majeures en faveur de son ambition de devenir un acteur incontournable de la transformation numérique en Afrique.
L’un des temps forts de la conférence a été la campagne menée par Christian Katende en faveur de la candidature de la République démocratique du Congo au Conseil de l’Union internationale des télécommunications (UIT). Le scrutin est prévu lors de la Conférence des plénipotentiaires de l’UIT (PP-26), qui se tiendra du 9 au 27 novembre 2026 à Doha, au Qatar.
Au cours d’un espace diplomatique organisé en marge de la conférence, le président de l’ARPTC a réaffirmé les engagements de la RDC en cas d’élection.
« Si vous nous accordez votre confiance, la RDC s’engage à être une voix constante au service de l’Afrique et de l’UAT. Nous œuvrerons notamment pour défendre les priorités africaines dans les politiques et décisions de l’UIT, promouvoir la connectivité universelle et significative, soutenir la mobilisation des financements pour les infrastructures numériques, renforcer les compétences numériques, l’innovation, la cybersécurité et l’inclusion numérique », a-t-il déclaré.

Pour appuyer cette candidature, Christian Katende a mis en avant les atouts stratégiques de la RDC, notamment sa population de plus de 110 millions d’habitants, ses quelque 74 millions d’abonnements mobiles ainsi que son rôle majeur dans la chaîne mondiale des ressources critiques indispensables au développement des technologies numériques.
Il a conclu son plaidoyer par un appel à une plus grande solidarité continentale.

« Ensemble, faisons de la prochaine décennie celle d’une Afrique pleinement actrice de la gouvernance mondiale du numérique », a-t-il lancé.
Au-delà de cette candidature, la participation congolaise s’est soldée par une victoire diplomatique de premier plan avec le transfert officiel du siège de l’Union africaine des télécommunications (UAT) en République démocratique du Congo. Cette décision confère également au pays un siège au Conseil d’administration de l’organisation, renforçant ainsi son influence dans les instances africaines de gouvernance du secteur.

La conférence a également été marquée par l’élection de l’ingénieur Kezias Kazuba Mwale, de la Zambie, au poste de Secrétaire général de l’UAT pour le mandat 2027-2031.
Sur le plan technique, les experts congolais ont activement contribué à l’adoption de plusieurs résolutions structurantes, notamment le nouveau plan stratégique et financier 2027-2030 de l’UAT, le relèvement du plancher budgétaire de l’organisation afin de garantir sa viabilité financière, la consolidation de la Déclaration d’Abuja issue de la table ronde ministérielle ainsi que le renforcement des partenariats stratégiques à travers le lancement du Forum UAT Towers Pro.
Par cette participation active et les résultats obtenus, la République démocratique du Congo confirme sa volonté de jouer un rôle central dans la construction de l’écosystème numérique africain. Pour l’ARPTC, ces avancées traduisent la mise en œuvre progressive de la vision « DRC Digital Nation 2030 », qui ambitionne de faire du pays un véritable hub technologique et numérique au cœur de l’Afrique.
Lydia Mangala


