La remise des brevets de la première promotion de l’École du parti Agissons pour la République (AREP), organisée ce lundi 27 juillet 2026 au Fleuve Congo Hotel de Kinshasa, a également été marquée par l’intervention des professeurs ayant assuré les enseignements durant les six mois de formation. Porte-parole du corps enseignant, le professeur Émile Bongeli a salué une initiative qu’il considère comme une contribution à la professionnalisation de la vie politique en République démocratique du Congo.
Dans une allocution riche en enseignements, il a insisté sur la nécessité de former des responsables politiques compétents, éthiques et capables de conduire durablement la transformation du pays.

Dès l’entame de son intervention, le professeur Bongeli a rappelé que la politique ne se résume pas à la conquête du pouvoir. À ses yeux, elle trouve toute sa noblesse lorsqu’elle est exercée avec responsabilité et au service de l’intérêt général.
« Le côté noble de la politique, c’est lorsque l’on a le pouvoir, la compétence et l’éthique pour amener à la transformation positive de la communauté », a-t-il déclaré.
Selon lui, exercer une responsabilité publique exige bien davantage que de la bonne volonté. Il a expliqué que les décisions politiques produisent des effets durables sur toute une société et doivent, pour cette raison, s’appuyer sur des connaissances solides.

« La deuxième phase exige non seulement de l’éthique, mais aussi une éthique fondée sur des connaissances réelles », a-t-il souligné.
Le professeur a ensuite attiré l’attention sur le rôle constitutionnel des partis politiques, estimant qu’ils ne peuvent être dirigés sans une véritable préparation intellectuelle.
« Les partis politiques ont des devoirs constitutionnels et il ne faut pas qu’on les laisse entre les mains d’inexpérimentés », a-t-il affirmé.

Pour illustrer la portée des choix politiques, il a établi une comparaison entre les erreurs commises dans différents domaines.
« Une faute médicale fait qu’il y ait un mort, mais une faute politique fait qu’il y ait des générations en guerre », a-t-il déclaré, insistant sur l’impact profond que peuvent avoir les mauvaises décisions publiques.
Revenant sur les six mois de formation dispensés à la première promotion de l’École du Parti, Émile Bongeli a salué le sérieux de l’organisation et le niveau d’implication des participants. Il a révélé que plusieurs enseignants, pourtant extérieurs à l’AREP, avaient été agréablement surpris par la qualité du programme.

« Nous n’avons jamais participé à un séminaire aussi rigoureusement organisé », a-t-il confié.
Le professeur a expliqué que les enseignements ne se sont pas limités à des exposés théoriques. Les participants ont également pris part à des travaux pratiques, à des échanges approfondis avec les enseignants et à des évaluations qui ont permis de mesurer leur progression.
« Il y a eu des travaux pratiques d’une telle qualité que les professeurs eux-mêmes ont été convaincus », a-t-il indiqué.

Il a également salué la curiosité intellectuelle des apprenants, soulignant la pertinence des questions posées tout au long de la formation.
« Nous avons senti la force du savoir à travers les questions qui ont été posées », a-t-il déclaré.
Le professeur Bongeli a invité les responsables de l’École du Parti à inscrire cette initiative dans une dynamique plus large, ouverte à l’ensemble de la classe politique congolaise.

« Je voudrais convier l’École à élargir son influence. Elle doit ouvrir ses portes aux autres partis pour que demain nous puissions avoir une jeunesse consciente prête à prendre les rênes », a-t-il plaidé.
Pour l’universitaire, la République démocratique du Congo gagnera à investir davantage dans la formation politique de ses futurs dirigeants. Pour lui, le développement du pays dépend avant tout de la qualité des femmes et des hommes appelés à exercer les responsabilités publiques.
« Le pays a besoin d’intelligence. Il a besoin de compétence pour transformer la nation », a conclu le professeur Émile Bongeli.

Par cette intervention, le corps enseignant de l’École du Parti a rappelé que la formation politique ne constitue pas un simple exercice académique, mais un investissement stratégique pour l’avenir du pays. Un message qui entre pleinement dans l’ambition affichée par l’AREP de contribuer à l’émergence d’une nouvelle génération de responsables publics, mieux formés, plus compétents et attachés aux valeurs de l’éthique et du service de la Nation.
Lydia Mangala


