Après plus d’un mois de mouvement de grève, les médecins des services publics de l’État s’apprêtent à reprendre le travail en République démocratique du Congo. Le Syndicat national des médecins (SYNAMED) a annoncé, le vendredi 7 août 2026, la suspension du mouvement déclenché le 24 juin dernier dans 23 provinces du pays. La reprise des activités est fixée au lundi 10 août à 7h30, selon les horaires et les roulements propres à chaque établissement de santé.
Cette décision intervient après l’évaluation, par le Bureau national du SYNAMED, des avancées enregistrées dans les discussions avec le Gouvernement autour des principales revendications des médecins. Le syndicat estime que plusieurs engagements commencent désormais à se traduire en mesures concrètes, justifiant la suspension du mouvement.
Parmi les éléments mis en avant figure l’intégration effective de la paie complémentaire dans l’état liquidatif de la paie ordinaire, constatée dès la rémunération du mois de juillet 2026. Le syndicat évoque également la convocation de la sous-commission chargée du dossier des médecins afin de permettre l’alignement de 800 nouveaux médecins à la prime de risques professionnels.
La régularisation de la situation des médecins sous-payés fait également partie des avancées relevées. Selon le SYNAMED, les dossiers nécessaires à cette régularisation ont été transmis pour permettre leur prise en compte à partir de juillet.
À cela s’ajoute la mécanisation de plusieurs médecins dans la paie de juillet, tandis que les démarches se poursuivent pour les professionnels relevant de régimes particuliers, notamment au sein des FARDC, de la PNC et de l’ESURSI.
Ces avancées s’avouent au prolongement du procès-verbal paraphé le 17 juillet 2026 entre le Gouvernement et les principales structures syndicales du secteur médical, dont le SYNAMED, le SYMECO, le SYLIMED et le SIPUMECO. Les engagements conclus prévoyaient notamment l’alignement de nouveaux médecins à la prime de risque ainsi que le paiement progressif des arriérés de rémunération entre juillet et octobre 2026.
En annonçant la suspension de la grève, le SYNAMED tient également compte du contexte sanitaire que traverse actuellement le pays, marqué notamment par la riposte contre la maladie à virus Ebola.
Durant le mouvement, les médecins avaient maintenu la prise en charge des urgences médicales et vitales. Cette disposition restera d’application jusqu’à la reprise effective des activités, prévue lundi matin.
Le syndicat précise toutefois que la suspension ne constitue pas encore une levée définitive de la grève. Cette dernière devra être décidée par la base syndicale, après appréciation de l’évolution des engagements pris par le Gouvernement.
La suspension du mouvement constitue ainsi une étape dans le dialogue entre les médecins et les autorités publiques. Le SYNAMED veut donner une chance aux engagements pris de produire leurs effets, tout en maintenant une vigilance sur leur mise en œuvre.
Les revendications des médecins portent plus largement sur leurs conditions de travail, leur mécanisation et leur reconnaissance dans le système public de santé. Le Gouvernement devra donc poursuivre les réformes annoncées afin de consolider les acquis et de répondre aux préoccupations encore en suspens.
Après plusieurs semaines de perturbations dans les services publics de santé, la reprise annoncée pour le lundi 10 août constitue un soulagement pour les patients et les structures hospitalières, particulièrement dans un contexte où le système sanitaire est déjà fortement sollicité.
Le retour des médecins dans les hôpitaux marque ainsi une nouvelle phase de la mise à l’épreuve des engagements pris autour de leur rémunération et de leurs conditions professionnelles.
Pour le SYNAMED, la confiance désormais accordée au processus de dialogue devra être accompagnée de résultats concrets sur le terrain.

Lydia Mangala


