La province de l’Ituri a observé, dimanche 2 août 2026, la Journée nationale de commémoration du GENOCOST (Génocide congolais pour des fins économiques) à travers une cérémonie officielle organisée à Bunia. Présidée par le gouverneur militaire, le Général-major Gaby Kasongo Mulumba, cette commémoration a réuni les autorités politico-administratives, les représentants des Nations Unies, les partenaires techniques et financiers, les organisations de la société civile, les associations des victimes ainsi que de nombreux survivants venus rendre hommage aux millions de Congolaises et Congolais victimes des conflits armés.
Placée sous le thème national « Maintenant que tu sais, que fais-tu ? », cette journée a été l’occasion de rappeler que le devoir de mémoire doit se traduire par des engagements concrets en faveur de la vérité, de la justice, de la réparation et d’une paix durable.
Dans son allocution, le gouverneur militaire a invité les communautés ituriennes à faire de cette commémoration un point de départ vers une plus grande cohésion nationale, en rejetant les discours de haine, les divisions et les manipulations identitaires qui continuent d’alimenter les violences.
« Maintenant que nous savons, nous refusons d’oublier. Nous choisissons la vérité. Nous exigeons la justice. Nous soutenons la réparation. Nous défendons l’unité nationale et demeurons solidaires de toutes les victimes », a déclaré le Général-major Gaby Kasongo Mulumba.

Il a salué les efforts engagés par le Président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, en faveur du rétablissement de la paix, de la reconnaissance internationale du GENOCOST ainsi que de la lutte contre la 17ᵉ épidémie d’Ebola qui touche actuellement la province.
Après une minute de silence observée en mémoire des victimes des massacres, des déplacements forcés et des violences ayant marqué l’histoire récente du pays, le chef de l’exécutif provincial a insisté sur la nécessité de transmettre cette mémoire aux jeunes générations à travers l’école, les universités, les médias et les familles.
Évoquant la situation sécuritaire de l’Ituri, il a dénoncé les exactions des groupes armés, les conflits intercommunautaires et les discours de haine qui fragilisent le vivre-ensemble. Il a appelé les communautés à privilégier le dialogue, le pardon et la réconciliation afin de consolider une paix durable.
Au cours de cette commémoration, les autorités provinciales, aux côtés du coordonnateur provincial du Fonds national de réparation des victimes de violences sexuelles liées aux conflits et des victimes des crimes contre la paix et la sécurité de l’humanité (FONAREV), ont réaffirmé leur engagement à poursuivre les efforts en faveur de la vérité, de la justice, de la réparation et de l’accompagnement des survivants.
La cérémonie s’est achevée sur un appel à l’unité autour des institutions de la République et à la préservation de la mémoire des victimes, avec la volonté affirmée de faire du GENOCOST non seulement un devoir de souvenir, mais aussi un engagement collectif pour qu’aucune génération ne revive de telles tragédies.
Lydia Mangala


