Le fonctionnement de plusieurs établissements d’enseignement supérieur et universitaire de Goma et de Bukavu est désormais suspendu jusqu’à nouvel ordre. La décision, prise par le ministère de l’Enseignement supérieur, universitaire, Recherche scientifique et Innovations (ESURSI), intervient dans un contexte sécuritaire préoccupant dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu.
À travers l’Arrêté ministériel n°239/MINESURSI/CAB.MIN/SASM/MMK/2026, le ministère suspend les activités académiques et para-académiques liées à l’année académique 2026-2027 au sein de plusieurs établissements des deux villes.
La mesure concerne notamment plusieurs établissements de Goma, parmi lesquels l’Université de Goma (UOG), l’Institut Supérieur de Commerce de Goma (ISC-Goma), l’Institut Supérieur des Techniques Médicales de Goma (ISTM-Goma) et l’Institut Supérieur Pédagogique (ISP-Goma).
À Bukavu, sont notamment concernés l’Université Officielle de Bukavu (UOB), l’ISC-Bukavu, l’ISTM-Bukavu, l’ISP-Bukavu, l’Institut Supérieur de Développement Rural (ISDR-Bukavu) ainsi que l’Institut Supérieur des Arts et Métiers (ISAM-Bukavu).
La suspension couvre l’ensemble des principales opérations académiques, notamment les inscriptions et réinscriptions, les enseignements, les évaluations et les délibérations. Elle s’étend également à tout acte académique susceptible d’aboutir à la délivrance d’un titre au cours de l’année académique 2026-2027.
Cette décision vient ainsi interrompre le démarrage ou la poursuite normale des activités universitaires dans les établissements concernés, en attendant une évolution favorable de la situation sécuritaire.
Le ministère prévoit toutefois une disposition spécifique pour les étudiants finalistes de l’année académique 2025-2026.
Afin d’éviter que la suspension ne compromette l’achèvement de leur cursus, ces étudiants sont autorisés à présenter leurs évaluations et à accomplir les activités académiques nécessaires à la finalisation de leur formation dans d’autres établissements d’enseignement supérieur et universitaire, publics ou privés, légalement reconnus par la République.
Cette mesure vise notamment à préserver la continuité de leur parcours et à garantir la validité des démarches académiques nécessaires à l’obtention de leurs titres.
Dans ce contexte exceptionnel, l’ESURSI appelle les membres du personnel académique, scientifique et administratif ainsi que les étudiants concernés à respecter strictement les mesures arrêtées, l’ordre et la discipline.
Le ministère indique par ailleurs qu’une observation permanente de l’évolution de la situation sécuritaire sera assurée. Cette veille doit permettre aux autorités compétentes d’adapter leur dispositif et de prendre, au moment opportun, les mesures nécessaires à la reprise normale des activités académiques.
Le ministère entend avant tout tenir compte des conditions sécuritaires qui affectent actuellement le fonctionnement des institutions d’enseignement supérieur dans les deux provinces.
La décision vise ainsi à protéger les étudiants ainsi que les personnels académique, scientifique et administratif, tout en évitant que les activités universitaires ne se déroulent dans des conditions susceptibles de compromettre leur sécurité.
Pour les établissements concernés, la reprise des activités reste donc conditionnée à l’évolution de la situation et aux décisions ultérieures des autorités compétentes.
En suspendant temporairement les activités académiques tout en prévoyant un mécanisme particulier pour les finalistes, l’ESURSI cherche ainsi à concilier impératif de sécurité et continuité des parcours universitaires, dans une période particulièrement délicate pour l’enseignement supérieur au Nord-Kivu et au Sud-Kivu.
Lydia Mangala


