Malgré le refus du gouverneur de Kinshasa, Daniel Bumba, d’autoriser la marche de soutien aux institutions de la République et aux Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC), prévue ce mercredi 22 juillet, l’Union sacrée de la Nation affirme maintenir sa mobilisation. La plateforme présidentielle annonce toutefois une réunion interne ce mardi 21 juillet pour arrêter les orientations définitives.
La tension politique reste vive autour des manifestations annoncées dans la capitale. Après la décision du gouverneur de Kinshasa de ne pas autoriser la marche de la Majorité extraparlementaire de l’Union sacrée de la Nation (MEP-USN), les organisateurs refusent de renoncer à leur initiative.
À l’issue de la réunion tenue avec Daniel Bumba, le secrétaire permanent de l’Union sacrée, André Mbata, a indiqué que la plateforme maintenait sa position.
« Nous avons suivi avec attention les recommandations du gouverneur de la ville-province de Kinshasa par rapport à l’interdiction de la marche du 22. Nous avons décidé de maintenir notre marche parce qu’il s’agit d’une grande réunion de l’Union sacrée. Nous ferons rapport au Présidium de l’Union sacrée de la Nation et nous verrons ce qui va suivre aussitôt après », a-t-il déclaré.
Selon lui, cette mobilisation vise avant tout à témoigner du soutien de la majorité présidentielle aux institutions de la République ainsi qu’aux FARDC, engagées dans la lutte contre les groupes armés dans l’est du pays.
« Il s’agit d’une marche pour la protection des institutions de la République et pour encourager nos FARDC », a insisté André Mbata.
L’Union sacrée prévoit de réunir ses instances dirigeantes ce mardi afin d’évaluer la situation et de définir la conduite à tenir après la décision des autorités provinciales.
Cette réunion devrait permettre au Présidium de la plateforme de statuer sur le maintien effectif de la marche ou sur les éventuels ajustements à apporter à cette mobilisation.
Il sied de rappeler que, lundi 20 juillet, le gouverneur Daniel Bumba avait informé une délégation de l’Union sacrée qu’il ne prenait pas acte de l’organisation de cette manifestation.
L’autorité provinciale s’appuie sur la décision du Gouvernement central suspendant les rassemblements de masse dans le cadre des mesures de prévention contre la 17ᵉ épidémie de la maladie à virus Ebola.
Selon le gouverneur, ces restrictions demeurent applicables jusqu’à nouvel ordre et ne permettent pas d’autoriser une manifestation publique de grande ampleur.
Daniel Bumba a également rappelé que la commune de la Gombe reste une zone interdite aux manifestations politiques, tout en soulignant que cette décision répond exclusivement à des impératifs de santé publique visant à protéger la population kinoise.
Le maintien de cette marche intervient dans un contexte particulier. Quelques heures plus tôt, la Coalition C64 avait annoncé le report de sa propre marche, initialement prévue le 22 juillet, afin de donner une chance au dialogue national annoncé par le président Félix-Antoine Tshisekedi.
La décision de l’Union sacrée de maintenir sa mobilisation ouvre ainsi un nouvel épisode dans le bras de fer entre les organisateurs des manifestations publiques et les autorités provinciales, sur fond de mesures sanitaires toujours en vigueur et d’intense activité politique autour des enjeux sécuritaires et institutionnels du pays.
Lydia Mangala


