À la deuxième journée de la deuxième édition de la Semaine de l’Étudiant, la rubrique « Zua Mayele » a ouvert une nouvelle fenêtre sur les réalités du monde professionnel. Devant les étudiants réunis au Silikin Village, Marvels Biaya, professionnel de la communication depuis plus de 15 ans, a livré un témoignage personnel sur un parcours construit entre apprentissage, échecs, sacrifices et persévérance.
Derrière le visage connu du public, le communicant a présenté un parcours que peu de personnes connaissent. Réalisateur, vidéaste, graphiste, photographe et concepteur d’événements, Marvels Biaya a expliqué comment il a progressivement acquis ces compétences, bien avant de se faire une place dans le secteur de la communication.
Son histoire commence à l’adolescence. À 14 ans, il est amené à travailler dans la petite bureautique de son père après l’école. Ce qui lui apparaissait alors comme une contrainte va finalement devenir le point de départ de son apprentissage professionnel.
« Je ne savais pas que c’était une compétence. Je ne savais pas que c’était un boulot », a-t-il raconté, revenant sur ses premières expériences dans la saisie, le graphisme, Photoshop, le montage vidéo et la photographie.

Par cette expérience, Marvels Biaya découvre progressivement la valeur de la pratique. Il apprend en observant, en expérimentant et en essayant de reproduire ce qu’il voit. À une époque où l’accès à Internet était encore limité, il cherche par lui-même les moyens de progresser et transforme peu à peu sa curiosité en savoir-faire.
« La vie, c’est les compétences. Quand on a des compétences, ça ouvre énormément de portes », a-t-il insisté devant les étudiants.

Pour l’intervenant, l’université demeure importante, mais elle ne peut à elle seule garantir une insertion professionnelle. Les connaissances acquises dans les auditoires doivent être accompagnées d’une expérience pratique et d’une volonté constante de se former.
Son propre parcours en constitue, selon lui, une illustration. Ses premières réalisations, ses collaborations et même ses investissements sont nés de cette volonté d’apprendre en faisant.

« J’ai appris, j’ai fait. Et j’ai appris, j’ai fait », a-t-il résumé, insistant sur la nécessité de passer rapidement de la théorie à la pratique.
Cette trajectoire n’a toutefois pas été épargnée par les difficultés. Marvels Biaya a évoqué des projets qui n’ont pas abouti, du matériel perdu ou endommagé, des investissements infructueux et des périodes particulièrement difficiles. Des expériences qui, loin de mettre un terme à son parcours, lui ont permis de développer sa résilience.

« J’ai appris qu’avec rien, on peut construire quelque chose », a-t-il déclaré, présentant les échecs comme des expériences capables de former parfois davantage que les enseignements théoriques.
Une autre partie de son intervention a porté sur la visibilité et la construction de l’image professionnelle sur Internet. Marvels Biaya a expliqué avoir commencé à publier ses réalisations sur Facebook, une démarche qui lui a finalement permis d’être repéré et d’obtenir de nouvelles opportunités.

« On s’expose. On montre ce qu’on sait faire », a-t-il lancé aux étudiants.
Pour lui, les réseaux sociaux ne doivent donc pas uniquement servir au divertissement. Ils peuvent devenir une véritable vitrine professionnelle pour les jeunes qui cherchent à faire connaître leurs compétences.
Il encourage ainsi les étudiants à publier leurs travaux, leurs créations et leurs expériences afin de construire progressivement leur e-réputation. Selon lui, lorsqu’un recruteur ou un partenaire recherche un candidat, sa présence numérique peut déjà constituer une première présentation de son profil.
« Faites un effort de bâtir une réputation sur Internet. Ce qu’on appelle une e-réputation », a-t-il conseillé.

Marvels Biaya a également invité les jeunes à commencer modestement, notamment en collaborant avec des micro-influenceurs et en se formant aux outils de communication numérique et de publicité en ligne.
Pour lui, il ne suffit plus aujourd’hui de posséder une compétence mais encore faut-il savoir la démontrer, la valoriser et la rendre visible.
Au terme de son partage d’expérience, le communicant a surtout voulu transmettre aux étudiants une philosophie construite au fil de son propre parcours : commencer avec ce que l’on possède, apprendre continuellement et ne pas attendre que les opportunités viennent naturellement.
Son histoire, marquée par les contraintes de l’adolescence, les premières expériences professionnelles, les formations, les échecs et les collaborations, illustre selon lui l’importance de la persévérance.
Au « Zua Mayele », la Semaine de l’Étudiant poursuit ainsi son objectif de rapprocher les étudiants des expériences concrètes du monde professionnel. Le témoignage de Marvels Biaya a notamment rappelé que le diplôme peut ouvrir une porte, mais que les compétences, l’expérience, la capacité d’apprentissage et la réputation construite au fil du temps permettent de la franchir durablement.
Lydia Mangala


