La société civile a appelé au renforcement des mécanismes de suivi de l’action publique et à l’accélération de l’adoption de la loi sur l’accès à l’information, estimant que ces outils sont indispensables pour améliorer la redevabilité des institutions et l’efficacité de l’action gouvernementale. Cet appel a été lancé par Christian Muleka, représentant de la société civile, lors du lancement de Landila, le nouveau baromètre citoyen de suivi de l’action du gouvernement, organisé jeudi 9 juillet à Kinshasa par l’institut de recherche Ebuteli.
Saluant la mise en place de cette plateforme citoyenne, Christian Muleka a estimé que Landila constitue un nouvel instrument de contrôle citoyen capable de renforcer la transparence dans la gestion des affaires publiques.

« La question de l’agenda législatif est pertinente. C’est un outil de planification, mais comme toute planification, il évolue en fonction de la conjoncture », a-t-il déclaré.
Selon lui, les priorités du Gouvernement ont été profondément influencées par l’évolution de la situation politique et sécuritaire du pays, notamment les défis liés à l’insécurité dans l’est de la République démocratique du Congo et aux négociations diplomatiques.

« Ce qui était au départ une planification structurelle s’est adapté à l’urgence. Le gouvernement qui devait travailler dans une logique de transformation s’est retrouvé à gérer des priorités imposées par la conjoncture », a expliqué le représentant de la société civile.
S’appuyant sur les travaux de suivi réalisés par le CEPAS, Christian Muleka a indiqué que les difficultés ne résident pas uniquement dans la prise de décisions, mais surtout dans leur mise en œuvre.

« Nous constatons une inflation des décisions gouvernementales, mais pas le même rythme dans leur exécution. Il faut renforcer les mécanismes de suivi, d’évaluation et les capacités des structures chargées de la mise en œuvre », a-t-il souligné.
Le représentant de la société civile a également insisté sur le rôle que doivent jouer les citoyens dans le contrôle de l’action publique.

« Que ce soit Talatala ou Landila, si nous n’avons pas des citoyens suffisamment exigeants et vigilants, capables d’interpeller les gouvernants, nous risquons de rester dans une gestion permanente de l’urgence », a averti Christian Muleka.
Outre le suivi de l’action gouvernementale, il a plaidé pour l’adoption rapide de la loi relative à l’accès à l’information publique, qu’il considère comme une réforme essentielle pour renforcer la transparence.

« Si nous avons cette loi sur l’accès à l’information, les journalistes et les citoyens ne seront plus obligés de courir derrière les ministères, car le gouvernement aura l’obligation de rendre l’information publique accessible », a-t-il déclaré.
Selon lui, cette réforme, portée depuis plusieurs années par les organisations de la société civile avant d’être reprise par le Gouvernement, demeure une priorité qui n’a toujours pas abouti malgré son importance pour la gouvernance démocratique.

L’intervention de Christian Muleka est intervenue au cours du lancement officiel de Landila, premier baromètre citoyen de suivi de l’action gouvernementale en République démocratique du Congo. Développé par Ebuteli avec l’appui de l’Agence suédoise de coopération internationale pour le développement (Sida), cet outil vise à suivre les engagements de l’Exécutif, à évaluer leur niveau de mise en œuvre et à renforcer la redevabilité des institutions publiques à travers un accès simplifié à l’information.
Lydia Mangala


