Le salaire de l’enseignant doit être « sacré ». C’est le message porté par la Direction nationale de contrôle, de la paie et de la gestion des enseignants (DINACOPE), qui a annoncé ce mercredi 12 août 2026 une importante opération de régularisation dans le paiement de la prime de gratuité.
Face aux professionnels des médias, Vital Lumbala Kadiata, directeur national de la DINACOPE, a expliqué les raisons ayant conduit à la réforme du mécanisme de paiement de cette prime, introduite dans le cadre de la mise en œuvre de la gratuité de l’enseignement primaire dans les écoles publiques.
Initialement, la prime de gratuité transitait par les frais de fonctionnement des établissements scolaires. Elle était ensuite retirée par le mandataire de l’école, généralement le chef d’établissement, avant d’être distribuée manuellement aux enseignants.
Un mécanisme qui, selon la DINACOPE, avait montré ses limites au fil des années.
Le montant de la prime est progressivement passé de 30 000 à 80 000 francs congolais par enseignant, tandis que le nombre d’enseignants pris en charge augmentait. Cette évolution a entraîné des situations de sous-paiement et, pour certains enseignants, une absence totale de perception de la prime.
La prime de gratuité est désormais intégrée au salaire

Pour mettre fin à ces disparités, la DINACOPE a entrepris de faire migrer la prime de gratuité vers le salaire direct des enseignants.
Selon les chiffres communiqués, 23 675 enseignants du primaire qui étaient sous-payés ont été régularisés, tandis que 621 enseignants qui ne bénéficiaient pas encore de la prime ont également été intégrés au dispositif.
Au total, 24 296 enseignants ont ainsi vu leur situation régularisée et doivent désormais bénéficier de la prime complète de 80 000 francs congolais.
Pour la DINACOPE, cette opération ne constitue pas simplement une modification technique du système de paie. Elle vise surtout à réduire les intermédiaires et à faire parvenir directement aux bénéficiaires la rémunération qui leur est destinée.
Plus de 471 millions de francs congolais d’économies dégagés
Autre élément mis en avant par la DINACOPE : cette régularisation aurait été réalisée sans enveloppe budgétaire supplémentaire.
L’administration affirme avoir procédé à un contrôle des données existantes, identifié les incohérences et réorienté les ressources disponibles vers les enseignants concernés.
Cette opération aurait ainsi permis de dégager plus de 471 millions de francs congolais d’économies.
Pour l’administration chargée du contrôle et de la gestion des enseignants, l’enjeu est désormais de faire en sorte que chaque franc destiné à l’enseignant atteigne effectivement son bénéficiaire.
La DINACOPE assure donc vouloir poursuivre les contrôles afin de corriger les anomalies et d’améliorer la fiabilité du système de rémunération.
Derrière cette réforme se dessine une ambition plus large : faire du paiement direct de la prime de gratuité un outil de transparence dans la gestion des ressources consacrées à l’enseignement.
Une démarche qui doit permettre à l’administration de réduire les difficultés liées au paiement de la prime, tout en renforçant le contrôle des fonds publics destinés au secteur éducatif.
Ben Mandjolo


