La 9ᵉ édition de l’Exposition des Universités de la République démocratique du Congo (EXPUNRDC) s’est achevée ce dimanche 23 août 2026 à l’Institut National Pilote d’Enseignement des Sciences de Santé (INPESS), à Kinshasa, au terme de quatre journées consacrées à la formation, à l’innovation, à l’entrepreneuriat, à l’exposition et au réseautage.
Placée sous le thème « Innover pour impacter : les universités au cœur des solutions », cette édition a notamment mis en avant le concours ExpoCut, le programme « EXPUNRDC 5000 Jeunes » et plusieurs initiatives portées par de jeunes Congolais.
Ouverte le jeudi 20 août, l’édition 2026 a progressivement conduit les participants de la découverte des projets à la formation, puis à la certification et enfin à la compétition entrepreneuriale. Les activités ont réuni étudiants, porteurs de projets, entrepreneurs, formateurs, institutions et acteurs de différents secteurs pour rapprocher davantage l’université des solutions concrètes aux défis de la société.
L’EXPUNRDC a mis la formation au cœur de sa neuvième édition
L’un des faits marquants de cette édition reste le programme EXPUNRDC 5000 Jeunes, conçu autour de la gestion de projets, de l’entrepreneuriat et du leadership. Une première cohorte de plus de 1 000 jeunes a été formée et certifiée dans le cadre de cette initiative.
Lors de la cérémonie de clôture, la secrétaire exécutive de l’EXPUNRDC, Sharon Rose Kapinga, a présenté ce programme comme l’une des grandes réussites de cette neuvième édition.

« Pour moi, c’est l’une des plus grandes réussites de cette neuvième édition », a-t-elle déclaré, en soulignant l’ambition de l’initiative d’aller au-delà d’un simple événement annuel.
Revenant sur le parcours de l’EXPUNRDC depuis 2019, elle a rappelé les différentes retombées enregistrées au fil des éditions.
« Depuis 2019, ce sont des milliers de jeunes qui sont formés, des centaines de projets accompagnés, des milliers de relations qui sont construites », a-t-elle indiqué.

Pour Sharon Rose Kapinga, l’enjeu ne se limite désormais plus à organiser une exposition, mais à faire émerger une communauté capable de poursuivre les collaborations au-delà des quatre jours.
« Au-delà d’être un simple événement, c’est une communauté vivante que nous avions à bâtir avec vous et pour vous », a-t-elle affirmé.
Le concours ExpoCut a placé les jeunes porteurs de solutions au centre de la clôture

La grande finale du concours ExpoCut a constitué l’un des temps forts de cette neuvième édition. Après une phase de sensibilisation menée dans les universités, les candidats ont bénéficié de formations sur la conception et la structuration des projets avant de passer par une phase de casting.
Le secrétaire général de l’EXPUNRDC, Caleb Mubwangolo, a expliqué que cette démarche visait à donner aux jeunes les outils nécessaires pour mieux transformer leurs idées en projets.

« Qu’est-ce qu’un projet ? Comment le rédiger ? Comment le créer ? Nous avons réalisé une séance de formation et nous travaillons toujours pour le bien-être de la jeunesse », a-t-il expliqué.

Les formations ont été proposées gratuitement aux participants avant la sélection des candidats devant un jury.
Tania Katanga a replacé la compétition dans une vision plus large du développement national

Après le mot du secrétaire général de l’EXPUNRDC, Caleb Mubwangolo, la cérémonie s’est poursuivie avec l’intervention de Tania Katanga, directrice de cabinet adjointe du vice-Premier ministre, ministre du Plan et de l’Aide au développement.
Avant le lancement des pitchs, elle a pris un moment pour saluer le travail accompli par les organisateurs et surtout la qualité des initiatives portées par les jeunes finalistes. Pour elle, la diversité des projets présentés témoigne d’une jeunesse capable d’observer les réalités de son environnement, d’identifier des problèmes et de rechercher des solutions adaptées.

Son intervention a ainsi permis de donner une portée plus large au concours ExpoCut. Au-delà de la compétition et de la recherche d’un lauréat, l’enjeu était de montrer que les idées développées par les jeunes peuvent devenir des réponses concrètes aux défis économiques et sociaux de la RDC.
Tania Katanga a notamment invité les finalistes à ne pas considérer leurs projets comme de simples exercices universitaires, mais comme des initiatives susceptibles d’évoluer, de créer de la valeur et, à terme, de générer des emplois.
Elle a également insisté sur le potentiel que représentent les nombreux défis du pays dans des secteurs tels que l’agriculture, la santé, le numérique, l’environnement, l’énergie ou encore la transformation agroalimentaire.
« On ne développe pas un pays pour sa jeunesse, on le développe avec elle », a-t-elle martelé.
Les projets finalistes ont proposé des réponses à des problèmes concrets

Au terme du premier putch organisé jeudi 20 août, 13 candidats ont été retenus pour la phase finale. Les projets ont été évalués sur cinq critères notamment la pertinence, l’innovation, la rentabilité, l’impact socio-économique et la qualité de l’argumentaire, présenté en six minutes.
Le jury était composé de Max Seke Vangu, physicien, innovateur et directeur général de Cimax, Isaac Kabasele, informaticien et expert en réseaux de télécommunications, Jonathan Donda, responsable du laboratoire de mécatronique de l’ISTA, Sharon Rose Kapinga, formatrice à l’Académie EXPUNRDC, et Oman Ngungu, directeur général d’IPrint.
Les treize projets finalistes ont abordé des secteurs aussi variés que la sécurité minière, l’environnement, l’agriculture, la santé, l’intelligence artificielle, l’agroalimentaire, l’insertion professionnelle et la transformation locale avec l’objectif de transformer un problème identifié en solution.

Parmi les projets présentés, Ulinzi, porté par Nathan Kabongo, étudiant à l’UNIKIN, s’est intéressé à la sécurité dans le secteur minier. La solution combine une montre connectée, un boîtier de sécurité et une application de supervision. L’objectif est de détecter en temps réel les incidents, de déclencher des alertes et de recueillir notamment des informations biométriques et environnementales afin de renforcer la prévention des risques et la communication sur les sites miniers.

Claudel Lubaya a, pour sa part, présenté un projet de valorisation des déchets plastiques en blocs de construction. Son initiative entend transformer les déchets plastiques en matériaux de construction plus résistants, tout en contribuant à l’assainissement de Kinshasa. Le projet part du constat de l’importance des déchets plastiques produits dans la capitale pour proposer une logique de transformation d’un problème environnemental en opportunité économique.

Avec K-Délices, notamment à travers le produit K-Lait, Christelle Kapinga a présenté une initiative agroalimentaire consacrée à la production de yaourts à base de lait et d’autres ingrédients. Elle souhaite notamment disposer d’un point de vente fixe et de deux chariots isothermes pour développer la distribution et créer des emplois directs et indirects.

Laetitia Shekembe, avec Maïsha yetu, a mis en avant les saveurs naturelles et le « made in Congo » à travers une gamme d’épices naturelles en poudre, sans additifs. Le projet vise à offrir aux consommateurs une alternative présentée comme plus naturelle tout en valorisant la production locale.

De son côté, Tarsis Kongolo a défendu GloraHub, une plateforme destinée à accompagner les jeunes dans le développement de leurs compétences et l’acquisition d’expériences professionnelles. Son modèle économique repose notamment sur un système d’abonnement.
Dans le domaine de la santé, Winner Ngalu a présenté Gaïa Coeur Network, une solution pensée pour réduire la fracture sanitaire en connectant patients, professionnels de santé et pharmacies. Le projet comptait déjà une vingtaine d’utilisateurs ainsi que deux médecins, avec la participation de médecins stagiaires et d’étudiants de l’UNIKIN.
Gloria Binda, avec GG Agro Business, a présenté une entreprise agricole spécialisée dans la production et la commercialisation de légumes frais à Kinshasa. La cible comprend notamment les femmes maraîchères et d’autres acteurs du marché. Le projet prévoit un besoin de financement pour développer ses activités.
Avec Elikya System, Roger Kabadi, étudiant à la Haute École de Commerce de Kinshasa, a proposé une solution reposant sur l’intelligence artificielle afin de permettre à une caméra de détecter des actions et de reconnaître des mouvements en temps réel. L’objectif est notamment de prévenir certains drames grâce à une surveillance intelligente. Le candidat a d’ailleurs réalisé une démonstration de son système devant le jury.
Ethan Kamba Tshimane, porteur de Nikelus, a défendu une entreprise de transformation de piments frais en poudre. L’initiative vise à valoriser les agriculteurs locaux, réduire les pertes agricoles et promouvoir le « made in Congo » en apportant une valeur ajoutée aux productions locales.

Avec Yohanniss-Juice, Divine Dikizeyiko a présenté une gamme de jus élaborés à partir de fruits naturels, avec l’utilisation du miel en remplacement du sucre. Le projet produit actuellement environ 300 bouteilles par mois et ambitionne de devenir une marque de référence en RDC et au-delà.
Chancelle Diaso a, quant à elle, présenté C-Jus, un produit destiné à répondre à la forte dépendance du marché des snacks aux importations. Le projet mise sur un produit naturel, un prix accessible et une stratégie débutant par la vente en ligne avant un passage progressif de l’échelle artisanale à l’échelle industrielle. La promotrice prévoit notamment l’aménagement d’un atelier répondant aux normes sanitaires.
Dans le secteur agricole, Justifico Ciepela Kazadi, avec Mac GreenShop, a présenté un projet de production de denrées alimentaires à travers une phase pilote consacrée notamment au manioc et à la ciboulette. Le modèle repose sur la production, la récolte et le réinvestissement des revenus. Le promoteur dispose déjà de deux terrains à Menkao et Kinkole pour développer l’activité.

Enfin, Annick Kabula, étudiante à Leadership Academia, a présenté Crousti Plantain, une initiative proposant des plantains nettoyés, épluchés et prêts à être frits, avec l’ambition de faciliter leur utilisation par les consommateurs.
À travers ces treize projets, ExpoCut a ainsi offert une photographie de la diversité des idées développées par de jeunes Congolais : sécurité minière, environnement, agriculture, agroalimentaire, santé, intelligence artificielle, insertion professionnelle et transformation locale.
Les finalistes ont été invités à considérer la compétition comme un nouveau départ
Après les pitchs, la directrice de cabinet adjointe du vice-Premier ministre en charge du Plan et de l’Aide au développement, Tania Katanga, a livré un message d’encouragement aux candidats.
Elle a estimé que les projets présentés démontraient la capacité des jeunes à identifier des problèmes et à rechercher des réponses adaptées.
« Ce que vous avez su démontrer ce soir est que vous avez identifié des problèmes auxquels vous apportez des solutions qui sont tous pertinents les uns après les autres », a-t-elle souligné.

Tout en reconnaissant que la compétition ne pouvait désigner qu’un seul vainqueur, elle a appelé les candidats non retenus à poursuivre leurs initiatives.
« Vous êtes tous gagnants dans une certaine mesure. Mais ce soir, il n’y aura qu’un seul candidat qui pourra l’emporter », a-t-elle rappelé.
Elle les a surtout invités à ne pas considérer cette finale comme une fin.
« Cette fin, on devrait la considérer comme le commencement d’une nouvelle aventure dans l’entrepreneuriat », a-t-elle déclaré.

Dans la même dynamique, le directeur général d’IPrint, Oman Ngungu, a annoncé un appui concret à l’ensemble des finalistes. Chaque candidat ayant participé au pitch a reçu un bon d’achat d’une valeur de 50 dollars utilisable auprès de l’imprimerie pour différents supports de communication, notamment cartes de visite, roll-up, t-shirts ou autres produits.
« Pour tous les candidats, pas seulement pour le premier et le deuxième, c’est pour tous les candidats qui ont pitché aujourd’hui un bon d’achat de 50 dollars », a-t-il annoncé.
Les résultats ont consacré trois lauréats et une meilleure performance
Après la délibération du jury, les résultats ont consacré trois lauréats au concours ExpoCut, ainsi qu’un prix spécial récompensant la meilleure performance de l’édition.
Nathan Kabongo, étudiant à l’UNIKIN et porteur du projet Ulinzi, a remporté la première place.
La deuxième place est revenue à Roger Kabadi, étudiant à la Haute École de Commerce de Kinshasa, avec son projet Elikya System, tandis qu’Annick Kabula, étudiante de Leadership Academia et porteuse du projet Crousti Plantain, a occupé la troisième place.
Le prix de la meilleure performance EXPUNRDC 2026 a, pour sa part, été décerné à Gloria Binda, étudiante de l’UPN et promotrice de GG Agro Business.
Ces distinctions sont venues récompenser des projets inscrits dans des problématiques concrètes, allant de la sécurité et de la technologie à l’agriculture et à la transformation des produits locaux.
Les stands ont présenté une diversité de secteurs et d’initiatives
L’EXPUNRDC 2026 a également donné une place importante aux expositions. Les stands étaient organisés autour de plusieurs univers, notamment la santé, l’agriculture, la technologie, les accessoires féminins, la cuisine, les services bancaires, les cosmétiques, les produits capillaires et les boissons.
Ces espaces ont permis aux participants de présenter leurs produits et services, mais également de rencontrer d’autres acteurs, d’échanger sur leurs expériences et d’explorer de nouvelles possibilités de collaboration.
Le réseautage a ainsi constitué un autre volet important de cette neuvième édition, dans la continuité de la vision de l’EXPUNRDC visant à créer des passerelles entre universités, jeunes, entreprises et institutions.
La clôture a rappelé que l’impact doit se poursuivre après les quatre jours
La cérémonie officielle de clôture, modérée par Lucien Mpeti et Eunice Lusamba, a été ouverte par un slam de cette dernière, qui a rendu hommage aux personnes ayant contribué à la réussite de l’événement.
Elle a notamment rappelé que la jeunesse ne devait pas être considérée uniquement comme une promesse pour demain.
« La jeunesse n’est pas seulement l’avenir, elle est déjà une partie de la solution », a-t-elle déclaré.

Eunice Lusamba a également résumé la philosophie de l’EXPUNRDC à travers le lien entre idées, universités et impact.
« Pas seulement une exposition. Pas seulement des stands. Pas seulement des rencontres. Mais un espace où l’idée rencontre l’opportunité, où l’université rencontre l’innovation, et où l’innovation rencontre l’impact », a-t-elle affirmé.

Elle a enfin rappelé que la fermeture des portes de l’exposition ne devait pas mettre un terme aux initiatives nées durant ces quatre jours.
« Une exposition peut fermer ses portes, mais une idée, elle, ne ferme jamais », a-t-elle lancé.
L’EXPUNRDC entend prolonger son impact au-delà de l’exposition
Après quatre jours, l’EXPUNRDC aura ainsi articulé quatre dimensions entre autres former, exposer, connecter et faire émerger des solutions. Du programme « 5000 Jeunes » au concours ExpoCut, en passant par les stands et les espaces de réseautage, l’événement a cherché à donner aux jeunes des outils leur permettant de passer de l’idée à l’action.
La cérémonie s’est achevée dans une ambiance festive avec des prestations culturelles, notamment celles de Loulou le saxophone, de l’artiste Gaz Mawete, ainsi qu’une animation musicale assurée par le DJ The Best.
Portée par une coordination dirigée par Jonathan Mitelezi, avec Caleb Mubwangolo au secrétariat général, Sharon Rose Kapinga au secrétariat exécutif et Daniel Bampende à la communication, cette neuvième édition aura surtout démontré que l’université peut devenir davantage qu’un espace de transmission des connaissances, en se positionnant comme un véritable laboratoire d’idées, d’innovations et de solutions pour la société congolaise.
« Que cette clôture ne soit pas la fin d’EXPUN, mais le début de tout ce que nous allons construire après EXPUN », a résumé Eunice Lusamba au terme de son slam.
Lydia Mangala


