La République démocratique du Congo entend privilégier les faits scientifiques face aux informations faisant état d’une possible présence d’uranium dans certains produits issus de sa chaîne polymétallique. La ministre de l’Enseignement supérieur, universitaire, Recherche scientifique et Innovations, Professeure Marie-Thérèse Sombo, a appelé à une approche rigoureuse et institutionnelle pour établir la réalité de ces allégations.
La ministre s’est exprimée lors des travaux du Conseil national de sécurité nucléaire, réunis dans un contexte marqué par plusieurs publications de la presse internationale évoquant la présence éventuelle d’uranium dans certains produits de la chaîne polymétallique congolaise. Certaines informations avancent également l’hypothèse que d’importantes quantités de cette ressource stratégique auraient quitté le territoire national au cours des dernières décennies.
Face à ces révélations, le gouvernement congolais entend éviter toute conclusion hâtive et privilégier l’expertise scientifique.
« Nous ne sommes pas réunis aujourd’hui pour confirmer ce qui a été publié dans la presse, ni pour les réfuter par principe », a déclaré Marie-Thérèse Sombo, appelant plutôt à comprendre, vérifier et confronter les différentes informations disponibles.
Pour la ministre, la question de la présence éventuelle d’uranium dans certains produits miniers ne peut être traitée sur la seule base d’informations médiatiques. Elle nécessite des analyses, des données vérifiables et une évaluation menée par les institutions compétentes.
Cette démarche doit notamment permettre de déterminer la nature exacte des substances concernées, leur origine éventuelle, leur niveau de présence et les conditions dans lesquelles elles auraient pu être extraites, transportées ou commercialisées.
Les travaux du Conseil national de sécurité nucléaire devront ainsi permettre de confronter les informations disponibles avec les données scientifiques et les mécanismes de contrôle existants en République démocratique du Congo.
Cette réunion constitue également une occasion d’évaluer les mécanismes nationaux de surveillance et de contrôle des matières nucléaires et radioactives.
Il s’agit notamment d’identifier les éventuelles insuffisances du dispositif actuel et, si nécessaire, de proposer des mesures destinées à renforcer la surveillance, la traçabilité et la gestion de ces matières.
Une attention particulière devra être accordée à la circulation des substances potentiellement sensibles, à leur contrôle aux différentes étapes de la chaîne ainsi qu’à la capacité des institutions nationales à prévenir les risques liés à leur manipulation ou à leur sortie du territoire.
La question dépasse ainsi le seul secteur minier. Elle touche également à la sécurité des populations, à la protection de l’environnement et à la préservation des ressources stratégiques de la RDC.
La ministre Marie-Thérèse Sombo a ainsi placé la démarche dans le respect des obligations nationales et internationales du pays en matière de sécurité nucléaire.
L’objectif est de disposer d’une lecture claire et documentée de la situation afin de permettre aux autorités de prendre, le cas échéant, les décisions appropriées.
Dans ce dossier sensible, Kinshasa veut donc privilégier l’expertise aux spéculations et les preuves aux affirmations. Une approche qui doit permettre d’établir les faits, de mesurer les éventuels risques et de renforcer, si nécessaire, les mécanismes destinés à protéger les intérêts stratégiques de la République démocratique du Congo.
Lydia Mangala


