Trois mois après le lancement officiel du projet RDC-Pass par le Président Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, une nouvelle étape vient d’être franchie ce mardi 15 septembre 2026 à Kinshasa. Le ministre de l’Économie numérique, Augustin Kibassa Maliba, a lancé la formation de la première cohorte de 50 agents d’enregistrement, appelés à constituer les premiers maillons opérationnels de ce dispositif numérique.
Placée sous le thème « Un identifiant numérique de confiance pour tous : la transformation numérique qui n’oublie personne », cette formation marque le passage du RDC-Pass à une nouvelle phase de sa mise en œuvre.
Du 16 au 26 septembre, les 50 agents suivront une formation intensive consacrée aux exigences techniques, éthiques et sécuritaires du dispositif.
Ils seront notamment formés à la rigueur du processus d’enregistrement, à la protection des données à caractère personnel, à la traçabilité des opérations ainsi qu’au respect des droits des citoyens.
Lors de son intervention, Augustin Kibassa Maliba a tenu à clarifier la nature du RDC-Pass.
Le dispositif ne constitue pas une carte nationale d’identité et ne remplace pas les institutions chargées de l’état civil. Il s’agit plutôt d’un outil sécurisé d’accès et d’authentification numériques destiné à faciliter et à unifier les interactions entre les citoyens, l’administration et les services numériques.
Pour le ministre, son déploiement doit progressivement contribuer à réduire la multiplicité des identifiants administratifs et à simplifier les démarches aussi bien pour les ménages que pour les entreprises.
La question de la sécurité des données occupe une place centrale dans la mise en œuvre du RDC-Pass.

Confidentialité, traçabilité des opérations et limitation des accès figurent parmi les exigences rappelées par le ministre. L’objectif est de construire un dispositif capable d’instaurer la confiance des citoyens dans l’utilisation de leurs données personnelles.
S’adressant aux 50 premiers agents, Augustin Kibassa Maliba les a présentés comme les « premiers gardiens opérationnels » de cet écosystème numérique. Il les a appelés à faire preuve de rigueur, d’intégrité et de confidentialité dans l’exercice de leur mission.

Le ministre de l’Économie numérique a également insisté sur la nécessité de faire du RDC-Pass un outil d’inclusion et non une nouvelle source d’exclusion.
« La transformation numérique doit réduire la distance entre l’État et le citoyen, et non créer une nouvelle distance numérique », a souligné Augustin Kibassa Maliba.
Cette orientation implique notamment de prendre en compte les citoyens vivant en dehors de Kinshasa ainsi que ceux disposant d’un accès limité aux outils numériques.

Inscrit dans la vision du Gouvernement conduit par la Première ministre Judith Suminwa Tuluka et dans la trajectoire « DRC Digital Nation 2030 », le RDC-Pass ambitionne de participer à la construction d’un écosystème public numérique plus intégré.
À terme, le dispositif doit notamment faciliter les échanges d’informations nécessaires entre les administrations, dans le respect de la législation et des règles relatives à la protection des données personnelles.
La réussite du projet ne devrait toutefois pas se mesurer uniquement au nombre de comptes créés ou d’équipements déployés. Pour Augustin Kibassa Maliba, elle devra surtout se traduire par une simplification réelle des démarches administratives, un meilleur accès aux services publics et un rapprochement entre l’administration et les citoyens.
Avec cette première cohorte de 50 agents, le RDC-Pass franchit ainsi une étape concrète vers la mise en place progressive d’une infrastructure numérique appelée à accompagner la transformation de la RDC à l’horizon 2030.
Lydia Mangala


