À l’occasion de la célébration de la fête nationale française, mardi 14 juillet, à la Résidence de France à Kinshasa, l’ambassadeur de France en République démocratique du Congo, Rémi Maréchaux, a prononcé un discours axé sur la paix dans l’Est du pays, le renforcement de la coopération bilatérale, le développement économique et le rôle croissant de la RDC sur la scène internationale.
En présence de nombreuses personnalités congolaises et françaises, dont le président de l’Assemblée nationale, Aimé Boji, le diplomate a réaffirmé l’engagement de Paris aux côtés de Kinshasa face aux défis sécuritaires, sanitaires et économiques.
En ouvrant son allocution, Rémi Maréchaux a rappelé la portée historique du 14 juillet, précisant que la France célèbre avant tout les idéaux issus de la Révolution française.

« Nous célébrons ce soir la Révolution de 1789 et notre attachement aux valeurs essentielles que sont la liberté, l’égalité et la fraternité », a-t-il déclaré.
Évoquant la situation sécuritaire dans l’Est du pays, l’ambassadeur a insisté sur l’implication constante de la France au Conseil de sécurité des Nations unies afin de favoriser une sortie durable de la crise.
Il a notamment rappelé l’adoption de la résolution 2773, qui exige la cessation des hostilités par le M23, le retrait de ses combattants des territoires occupés ainsi que la fin du soutien apporté par l’armée rwandaise à cette rébellion.
« La République démocratique du Congo fait face aujourd’hui à de nombreux défis. D’abord, une guerre qui n’a que trop duré dans l’Est du pays. La France s’est mobilisée au Conseil de sécurité des Nations unies, où elle a œuvré à l’adoption de plusieurs résolutions importantes », a-t-il souligné.
Rémi Maréchaux a également évoqué les résolutions renouvelant le mandat de la MONUSCO et celui du Groupe d’experts des Nations unies chargé de documenter les violations commises dans la région.

Le diplomate français a salué les efforts de médiation actuellement conduits par les États-Unis, le Qatar et l’Union africaine, estimant que la voie diplomatique demeure la meilleure option pour parvenir à une paix durable.
« La solution négociée intègre des principes non négociables : la souveraineté de la RDC et le respect de son intégrité territoriale », a-t-il insisté.
L’ambassadeur a rappelé que la coopération franco-congolaise se traduit également par un accompagnement concret dans le domaine militaire.
Il a notamment évoqué la régénération d’un bataillon de la Brigade Jungle à Kisangani par des instructeurs français et annoncé qu’un deuxième bataillon bénéficiera du même programme dès le mois d’octobre prochain.
Selon lui, cette coopération vise à renforcer durablement les capacités opérationnelles des forces congolaises.
Rémi Maréchaux a également mis en avant la coopération sanitaire entre les deux pays, particulièrement dans la lutte contre les épidémies.
Il a rappelé l’appui apporté par la France à l’Institut national de recherche biomédicale (INRB), notamment dans le domaine du séquençage génomique, ainsi que le financement, via l’Agence française de développement (AFD), d’un réseau de cinq laboratoires sentinelles à Kinshasa.

« Pour sortir des urgences à répétition, nous renforçons une coopération visant à permettre à la RDC de disposer de capacités nationales pérennes de gestion de ces épidémies », a expliqué le diplomate.
Il a annoncé qu’un nouveau laboratoire devait être inauguré à Kinkole dans le cadre de ce partenariat.
L’ambassadeur de France s’est par ailleurs réjoui du retour de la République démocratique du Congo au premier plan de la diplomatie internationale.
Il a cité la présidence congolaise du Conseil de sécurité des Nations unies, son siège au Conseil des droits de l’homme, sa présidence de la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs (CIRGL) ainsi que la candidature de Juliana Lumumba au poste de secrétaire générale de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF).
« Il n’y a pas qu’à la Coupe du monde de football que la RDC a fait un retour historique », a-t-il déclaré, estimant que ces avancées témoignent du regain d’influence diplomatique du pays.
Selon lui, ce retour intervient dans un contexte où la RDC apparaît de plus en plus comme un acteur stratégique dans la transition énergétique mondiale et dans la lutte contre le changement climatique.
diplomatiques et sécuritaires, Rémi Maréchaux a insisté sur les opportunités économiques offertes par la RDC.
Il a plaidé pour une amélioration du climat des affaires afin de favoriser davantage d’investissements européens, rappelant que l’Union européenne et ses États membres demeurent les premiers partenaires de développement du pays.
Selon lui, les entreprises françaises manifestent un intérêt croissant pour le marché congolais, non seulement en raison de son potentiel économique, mais aussi de ses ressources humaines.
« Les entreprises françaises n’explorent pas seulement la RDC pour son vaste marché, elles viennent parce qu’elles croient au potentiel du pays, à ses talents et à son avenir », a-t-il affirmé.
Aimé Boji appelle à une coopération économique et parlementaire plus ambitieuse

Prenant la parole au nom des institutions congolaises, le président de l’Assemblée nationale, Aimé Boji, a salué la qualité des relations entre Kinshasa et Paris.
Il a encouragé les entreprises françaises à poursuivre leurs investissements en RDC dans des secteurs tels que l’agriculture, les infrastructures, l’énergie, le numérique, les transports, l’éducation, la recherche scientifique, la culture et l’innovation.
Le président de la Chambre basse a également plaidé pour un renforcement de la diplomatie parlementaire entre les deux pays.
Rappelant sa visite officielle effectuée en mai dernier à l’Assemblée nationale française sur invitation de Yaël Braun-Pivet, Aimé Boji a exprimé le souhait de voir les échanges institutionnels s’intensifier à travers des visites réciproques, des programmes de renforcement des capacités et une coopération parlementaire plus soutenue.
Cette célébration du 14 juillet intervient dans un contexte marqué par une intensification des initiatives diplomatiques autour de la crise sécuritaire dans l’Est de la RDC.
Si les accords conclus sous médiation internationale, notamment à Washington, ainsi que les discussions engagées à Doha, nourrissent l’espoir d’une désescalade, la persistance des combats et le maintien de l’AFC/M23 dans plusieurs zones du Nord-Kivu et du Sud-Kivu rappellent que le chemin vers une paix durable reste encore semé d’importants défis.
Dans ce contexte, la France réaffirme sa volonté d’accompagner la RDC aussi bien sur le plan sécuritaire que dans les domaines économique, sanitaire et diplomatique.
Lydia Mangala


