Le rôle des normes, du contrôle technique et de la régulation dans le secteur des BTP a été au cœur du panel 3 de la 12ᵉ édition d’ExpoBeton RDC, consacrée au thème « Normes de construction, contrôle technique et régulation dans le secteur des BTP ».
Prenant la parole comme keynote, le Secrétaire général aux Infrastructures et Travaux publics, Georges Koshi, a insisté sur la nécessité de disposer de références techniques adaptées aux réalités de la RDC, tout en renforçant les mécanismes de contrôle et de responsabilité.
Georges Koshi a d’abord relevé le paradoxe d’un pays qui construit et se développe, mais où certains ouvrages peuvent présenter des défaillances importantes. Pour lui, l’enjeu ne réside plus uniquement dans la construction, mais dans la capacité à bâtir des infrastructures sûres, durables et conformes aux réalités nationales.
Il a ainsi mis l’accent sur l’élaboration de normes nationales capables de tenir compte des spécificités du pays, notamment le climat, la nature des sols, les matériaux disponibles localement et les différentes contraintes techniques.
Dans cette dynamique, la Commission nationale des normes des ITP est appelée à jouer un rôle central dans la définition des référentiels applicables aux travaux publics et aux infrastructures.
Le Secrétaire général a expliqué que le processus repose notamment sur la préparation des projets normatifs, la définition des paramètres techniques nationaux, ainsi que la mise en place de groupes de travail et de structures scientifiques chargés de leur adaptation.
Il a également annoncé la disponibilité d’un socle de normes pilotes portant notamment sur la conception des routes et des ouvrages liés aux voies de circulation, qui doivent encore être consolidées avant leur diffusion.
Outre l’élaboration des normes, Georges Koshi a insisté sur la nécessité de garantir leur application effective. Il a déploré que le contrôle dans le secteur des infrastructures soit encore trop souvent réduit à une simple formalité, alors que la qualité des ouvrages dépend d’une chaîne de contrôle cohérente.
Pour lui, les normes doivent permettre aux entreprises, aux laboratoires et aux différents intervenants du secteur de disposer de références précises pour qualifier les matériaux et les travaux.
Il a également appelé à mieux articuler les interventions des différentes administrations afin d’éviter les chevauchements et les insuffisances dans la régulation du secteur.
Le responsable des ITP a par ailleurs insisté sur la nécessité de renforcer la responsabilité des entreprises et des intervenants techniques. Il a notamment évoqué la conditionnalité du paiement des travaux à une certification appropriée ainsi que le renforcement des garanties liées à la qualité des ouvrages.
L’objectif est de faire en sorte que la responsabilité des constructeurs ne s’arrête pas à la réception provisoire, mais puisse être engagée lorsque des défaillances apparaissent après la livraison.
La question des zones déjà habitées de Kinshasa mais construites en dehors des normes a également été abordée. Georges Koshi a rejeté l’idée d’une régularisation automatique de toutes les constructions existantes, tout comme celle d’une démolition systématique.
Il a préconisé une approche différenciée, fondée sur l’évaluation de la situation de chaque ouvrage et surtout du niveau de danger qu’il représente.
Une construction présentant des irrégularités administratives ou techniques ne doit ainsi pas être traitée de la même manière qu’un ouvrage présentant un risque sérieux pour ses occupants ou pour le voisinage.
Pour le Secrétaire général aux ITP, l’intervention publique doit privilégier la sécurité et la protection des populations, avec des mesures adaptées selon la nature et le niveau du risque.
Cette approche vise à concilier les impératifs de sécurité, de conformité aux normes et les réalités sociales d’une ville déjà largement bâtie.
En conclusion, Georges Koshi a appelé à renforcer la prévention dans le secteur des BTP. La mise en place de normes adaptées, leur application effective, le contrôle technique et la responsabilisation des acteurs doivent, selon lui, constituer les piliers d’une construction plus sûre et plus durable en RDC.
Son intervention inscrit ainsi la réforme normative dans une perspective plus large de faire du respect des standards techniques et du contrôle des ouvrages des instruments essentiels de la transformation urbaine de Kinshasa.
Lydia Mangala


