Au lendemain de l’annonce d’un dialogue inclusif par le président Félix Tshisekedi, les confessions religieuses ont entamé leur mission de médiation auprès des forces politiques. La CENCO et l’ECC ont rencontré ce samedi 18 juillet les responsables de la plateforme d’opposition C64 pour solliciter le report de leur manifestation annoncée pour le 22 juillet.
La dynamique du dialogue national inclusif prend forme en République démocratique du Congo. Après leur audience avec le Chef de l’État, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, les responsables de la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO) et de l’Église du Christ au Congo (ECC) ont lancé leurs consultations avec les différentes parties prenantes.
Première étape de cette mission : l’opposition. Réunis ce samedi à l’Archevêché de Kinshasa autour du cardinal Fridolin Ambongo, les représentants de la coalition C64 ont échangé avec les deux confessions religieuses sur la nouvelle séquence politique ouverte par l’annonce d’un dialogue inclusif.
Cette rencontre intervient alors que la plateforme d’opposition maintient jusqu’ici son appel à une marche prévue le 22 juillet prochain à Kinshasa. Les discussions ont notamment porté sur la possibilité d’un report de cette mobilisation afin de créer un climat favorable aux négociations annoncées.
À l’issue des échanges, le pasteur Éric Senga, porte-parole de l’ECC, a expliqué que la démarche des confessions religieuses visait à obtenir l’adhésion des différentes parties au processus de dialogue.
« Dès lors que le processus est déjà lancé, nous, dans ce rôle de médiation, avons l’obligation d’obtenir des uns et des autres leur engagement », a-t-il déclaré.
Selon lui, le report de la marche constituerait un signe d’appropriation de cette nouvelle initiative politique.
« C’est le signe et l’engagement qui montrent qu’ils acceptent d’adhérer et d’accompagner le processus qui vient d’être lancé », a ajouté le responsable religieux.
Toutefois, cette rencontre n’a pas encore abouti à une décision officielle de l’opposition concernant le maintien, le report ou l’annulation de la manifestation du 22 juillet. Les responsables de C64 doivent poursuivre leurs discussions internes avant de communiquer leur position.
Au cours des échanges, les représentants de l’opposition ont exprimé plusieurs préoccupations, notamment sur les contours du futur dialogue.
D’après le pasteur Éric Senga, deux principales questions ont été soulevées notamment l’inclusivité du processus et la question constitutionnelle, qui constitue l’un des éléments majeurs ayant motivé la mobilisation de cette plateforme.
« Ils ont posé des questions pertinentes de leur point de vue, notamment la question sur l’inclusivité, où ils voulaient comprendre dans quels termes le dialogue va se passer », a-t-il expliqué.
Les confessions religieuses affirment avoir apporté des éléments de clarification afin de rassurer leurs interlocuteurs sur l’esprit et les objectifs du dialogue annoncé.
« Ils ont aussi soulevé la question de l’essor de la constitution. On savait que leur dynamique avait été mise en place en rapport avec cette question, et donc il était de notre devoir de les rassurer », a précisé Éric Senga.
Face aux interrogations sur leur implication dans ce processus, les responsables de la CENCO et de l’ECC insistent sur la nature non partisane de leur démarche.
Le porte-parole de l’ECC affirme que cette initiative ne répond pas à une logique politique, mais plutôt à une mission de réconciliation nationale.
« Cette initiative prise par le Président de la République et confiée aux églises relève d’une dimension pastorale. Notre objectif, c’est de réconcilier le peuple, c’est de nous amener tous, fils et filles du pays, dans un cadre apaisé et consensuel où toutes les questions d’intérêt national seront abordées », a-t-il souligné.
Les deux confessions religieuses entendent ainsi poursuivre leurs consultations avec les différents acteurs concernés par la crise politique actuelle.
La rencontre avec C64 marque le début d’une série de consultations annoncées par la CENCO et l’ECC. Les médiateurs religieux devraient également échanger avec d’autres composantes de la scène politique et sociale afin de favoriser une adhésion collective au processus.
Pour l’heure, l’un des enjeux immédiats reste la décision de l’opposition concernant la marche du 22 juillet. Son maintien ou son report pourrait constituer un premier indicateur de la capacité des acteurs politiques à privilégier la voie du dialogue.
Alors que le pays ouvre une nouvelle phase de discussions sur les questions d’intérêt national, la médiation des confessions religieuses apparaît comme un test majeur pour parvenir à un cadre d’échanges inclusif et apaisé.
Lydia Mangala


