Le ministre d’État en charge des Relations avec le Parlement, Guy Loando Mboyo, a défendu le bilan législatif du Gouvernement Suminwa tout en appelant à une lecture plus équilibrée de l’action publique, lors du lancement de Landila, le nouveau baromètre citoyen de suivi de l’action gouvernementale, organisé jeudi 9 juillet par l’institut de recherche Ebuteli à Kinshasa.
Prenant la parole devant des membres du gouvernement, des parlementaires, des chercheurs, des diplomates et des représentants de la société civile, le ministre d’État a salué la mise en place de cet outil de suivi citoyen, estimant qu’il constitue une initiative susceptible de renforcer la transparence et la redevabilité de l’exécutif.

« J’aimerais saluer cette initiative citoyenne qui constitue une alerte dans le suivi de la mise en œuvre des politiques publiques et permet de mesurer la perception de l’action du gouvernement auprès de la population », a déclaré Guy Loando.
Le ministre a toutefois insisté sur la nécessité d’apprécier l’action gouvernementale dans toute sa globalité. Selon lui, l’évaluation ne devrait pas se limiter aux engagements encore en cours d’exécution, mais également tenir compte des nombreuses réformes déjà engagées et des contraintes institutionnelles qui accompagnent le processus législatif.

« Le gouvernement est à jour par rapport à son agenda législatif », a-t-il affirmé, rappelant que plusieurs textes figurant dans le programme d’action du Gouvernement suivent actuellement leur parcours normal au Parlement.
À ce sujet, Guy Loando a dressé un panorama des principaux projets de loi déjà déposés ou en cours d’examen. Il a notamment cité la loi de programmation militaire, la loi sur le statut des anciens combattants, la loi portant création du Médiateur de la République, le projet de loi sur Inga, la réforme des jeux de hasard, la loi sur le marché boursier, le projet de loi contre la corruption, la réforme des partenariats public-privé ainsi que plusieurs accords internationaux soumis à ratification.
Il a expliqué que certains engagements initialement annoncés par le Gouvernement ont évolué au fil des consultations ou ont changé de véhicule juridique, à l’image de la réforme sur l’agriculture, désormais portée sous forme de proposition de loi.
Le ministre d’État a également rappelé que plusieurs textes actuellement examinés durant la session extraordinaire répondent à des impératifs nationaux, notamment la programmation militaire, le renouvellement de l’état de siège, les lois d’habilitation, les accords de coopération internationale ainsi que les textes destinés à renforcer la gouvernance économique.
Selon lui, cette dynamique législative traduit une volonté du Gouvernement d’adapter continuellement son agenda aux réalités du pays et aux priorités nationales.
Évoquant les critiques formulées sur le rythme des réformes, Guy Loando a invité les observateurs à dépasser une lecture exclusivement centrée sur les dépenses publiques.

« Il faut aussi regarder les recettes. Les budgets se présentent en équilibre : il faut des recettes pour financer les dépenses. Aidez-nous aussi à sensibiliser la population à payer les impôts », a lancé le ministre.
Pour lui, la participation citoyenne ne se limite pas au contrôle de l’action gouvernementale, mais implique également un engagement collectif dans le civisme fiscal afin de donner à l’État les moyens de financer ses politiques publiques.
Le ministre d’État a par ailleurs souligné que plusieurs réformes législatives produisent déjà des effets concrets, même avant leur mise en œuvre complète. Il a notamment évoqué la future loi anticorruption, dont l’adoption permettra, selon lui, de débloquer près d’un milliard de dollars de financements internationaux.
Il a également mis en avant les progrès enregistrés en matière de crédibilité financière de la République démocratique du Congo.

« Aujourd’hui, on a pu mobiliser près de 1,65 milliard de dollars sur les marchés financiers. Cela signifie que le pays inspire davantage confiance », a-t-il soutenu.
Guy Loando a aussi appelé à mieux valoriser les avancées enregistrées par la RDC sur la scène internationale, notamment la levée progressive de certaines restrictions aériennes, la présidence congolaise du Conseil de sécurité des Nations unies ainsi que les efforts diplomatiques entrepris dans le cadre de la recherche de la paix dans l’Est du pays.

« On nous donne parfois l’impression que le gouvernement ne fait rien. Pourtant, il faut reconnaître les progrès accomplis et les résultats obtenus », a insisté le ministre.
Revenant sur le projet de loi relatif au référendum, Guy Loando a tenu à rappeler que cette initiative ne constitue pas une nouveauté, mais procède de l’application d’une disposition constitutionnelle vieille de vingt ans.

« Il ne faut pas faire croire que cette réflexion commence aujourd’hui. La Constitution prévoit cette loi depuis vingt ans. Il manquait simplement l’instrument juridique pour organiser sa mise en œuvre », a précisé le ministre.
Guy Loando a plaidé pour une approche collaborative entre les institutions publiques, la société civile et les citoyens afin d’améliorer le suivi de l’action gouvernementale.

« Le pays a besoin de nous tous. C’est un travail qui concerne la majorité, l’opposition, la société civile et chaque citoyen », a conclu le ministre d’État.
Il estime que des initiatives comme Landila peuvent contribuer à renforcer la culture de la redevabilité tout en encourageant une meilleure compréhension des réformes engagées par l’État.
Lydia Mangala


