L’ambiance était électrique ce samedi 25 juillet au chapiteau 19, situé au cœur de la commune de la Gombe. Journalistes sportifs, dirigeants du football congolais et nombreux supporters avaient fait le déplacement pour assister à une conférence de presse d’éclaircissement très attendue. Face aux micros et aux caméras, le fondateur et président du Conseil d’administration du Daring Club Motema Pembe (DCMP-K), Jonas Mukamba, a pris la parole. Aux côtés d’Olivier Bierlaire, cofondateur du club, la figure emblématique des Vert et Blanc s’est livrée à un exercice de vérité sans concession sur la situation institutionnelle de cette formation historique du football congolais.
Cette prise de parole fait suite à l’Assemblée générale extraordinaire dite de « clarification », tenue le 18 juillet dernier à l’hôtel Sultani. À cette occasion, le Conseil d’administration avait adopté plusieurs décisions majeures en vue de redresser le club. Parmi elles figurait notamment la révocation et la radiation, à l’unanimité, d’Omer Makutu, secrétaire général adjoint, pour des motifs disciplinaires. Une décision destinée à mettre un terme aux dysfonctionnements administratifs et à amorcer une nouvelle gouvernance.
Au cœur de ce tournant se trouve la fin officielle du mandat du comité de direction dirigé par Paul Kasembele. Dans son allocution, Jonas Mukamba a confirmé la fin des fonctions de l’ancien président de coordination, mettant ainsi un terme à une période marquée par de nombreuses turbulences.
Toutefois, dans le respect des statuts du club, le patriarche a précisé que Paul Kasembele intégrait désormais le collège des administrateurs. Ce repositionnement vise à assurer une certaine continuité institutionnelle tout en retirant à son équipe la gestion quotidienne du club.
Pour combler le vide managérial, Jonas Mukamba a annoncé la mise en place d’un comité provisoire. Cette équipe de transition aura pour mission d’assurer les affaires courantes, de servir d’interface entre le Conseil d’administration, les instances sportives et les supporters, tout en préparant la prochaine saison dans la sérénité.
Ce comité est notamment composé de l’honorable Sandra Kaposa, députée provinciale de Kinshasa, et d’Étienne Matoto. Leur mandat prendra fin après l’organisation des prochaines élections.
Sans détour, le président du Conseil d’administration s’en est pris au bilan du comité sortant, qu’il accuse de n’avoir jamais respecté les textes régissant le fonctionnement du club.
« Depuis son arrivée, ce comité n’a jamais respecté les statuts. Les statuts ont même été bafoués. Depuis sa réélection, il n’a tenu aucune réunion », a dénoncé Jonas Mukamba.

Il a également pointé du doigt l’absence de fonctionnement collégial au sein de l’ancien comité.
« Le comité qui vient de partir n’a jamais été complet. Il n’y avait que deux ou trois personnes. Le dernier secrétaire, Tshimbalanga, n’a jamais siégé au club. Contrairement à d’autres clubs, aucune matière n’a été présentée en réunion. C’est le Conseil d’administration qui, à plusieurs reprises, a pris les choses en main pour faire avancer le club », a-t-il affirmé.
Revenant sur les origines de cette reprise en main, Jonas Mukamba a expliqué que les dysfonctionnements étaient perceptibles depuis plusieurs années.
« C’est grâce au sursaut des Léopards lors de la dernière Coupe du monde que nous avons compris qu’il fallait agir », a-t-il déclaré.

Le fondateur du DCMP a ensuite opposé sa vision à celle de son prédécesseur, estimant que le club devait être géré avec passion plutôt qu’avec une logique commerciale.
« Je me suis sacrifié pour le Daring, j’ai loué des avions pour ce club. Je reste ici parce que je ne peux pas accepter qu’on blague avec le DCMP. Je ne suis pas un commerçant. Paul est un commerçant », a-t-il lancé.
Selon lui, l’intérêt supérieur du club aurait dû conduire les anciens dirigeants à tirer les conséquences de leurs résultats.
« Si j’étais Paul, avec tout ce qui s’est passé durant son mandat, avec sa gestion et ses résultats, j’aurais déjà démissionné dans l’intérêt de l’équipe. Les hommes passent, les institutions restent. Le club continuera à vivre. Au DCMP, il y aura toujours de bons dirigeants. Les bonnes habitudes doivent revenir, car le DCMP est une équipe d’intellectuels », a-t-il poursuivi.

Souhaitant également dissiper toute idée de transmission familiale du pouvoir, Jonas Mukamba a tenu à clarifier sa vision de la gouvernance du club.
« Je suis aujourd’hui fondateur, mais ce n’est pas l’équipe de mon père ou de ma mère que mon fils va reprendre. Le jour où mon âge ne me permettra plus d’assumer cette responsabilité, je demanderai à la Confédération de me laisser le statut de fondateur et de confier la présidence du Conseil d’administration à une autre personne », a-t-il expliqué.
En conclusion, le patriarche a réaffirmé son engagement à préserver l’existence du club.
« Tant que je suis vivant, président du Conseil d’administration et fondateur, je n’accepterai jamais que le DCMP disparaisse », a-t-il martelé.
Jonas Mukamba a annoncé la création prochaine d’une commission chargée d’examiner les candidatures en vue de la mise en place d’une nouvelle direction.
« Une petite commission sera créée. Tous ceux qui souhaitent être candidats et qui se sentent capables de diriger l’équipe pourront se présenter », a conclu le fondateur du DCMP, ouvrant ainsi une nouvelle phase de restructuration pour les Immaculés.
Josaphat Mayi


