L’Institut national de santé publique (INSP) annonce un cumul de 1 926 cas confirmés d’Ebola répartis dans cinq provinces de la République démocratique du Congo. Le bilan publié le dimanche 12 juillet, portant sur la situation arrêtée au 11 juillet 2026, fait état de 702 décès, 318 guérisons et 753 patients actuellement en isolement ou hospitalisés. Le taux de létalité global s’élève à 36,4 %.
La flambée épidémique demeure géographiquement dispersée. Les provinces de l’Ituri, du Nord-Kivu, du Sud-Kivu, du Haut-Uélé et de la Tshopo sont touchées, avec plusieurs foyers recensés dans différentes zones de santé, notamment à Bunia, Beni, Goma, Mambasa et Makiso-Kisangani. L’INSP souligne que l’insécurité et les contraintes logistiques compliquent la coordination de la riposte.

« La riposte maintient une surveillance épidémiologique active », précise l’INSP, qui indique également que le taux de suivi des contacts atteint 78,3 % dans les trois provinces disposant des données les plus complètes.
Cette amélioration est attribuée au renforcement des capacités communautaires et logistiques, notamment grâce à la mise à disposition de motos pour les équipes de terrain, à l’intensification de la sensibilisation de proximité et au fonctionnement des centres d’isolement.
Les équipes médicales signalent des progrès dans la prise en charge clinique et psychosociale des patients, ayant permis d’enregistrer de nouvelles guérisons. Toutefois, le nombre de décès reste élevé et continue d’alimenter les inquiétudes des populations concernées.
« Les guérisons illustrent l’efficacité des protocoles thérapeutiques mis en œuvre », souligne le rapport, tout en rappelant que les systèmes de soins et de surveillance demeurent fragiles.
Le document met également en évidence plusieurs défis structurels, notamment les difficultés d’accès aux zones rurales, le mauvais état des routes, les coûts logistiques élevés ainsi que l’insécurité persistante dans l’est du pays, qui freinent la détection précoce des cas et le déploiement des équipes sanitaires. La dispersion des foyers dans plusieurs provinces rend par ailleurs la coordination des interventions plus complexe et exige d’importantes ressources humaines et matérielles.
L’INSP indique en outre que les données ont fait l’objet d’une harmonisation dans la plateforme DHIS2, à la suite d’un processus de consolidation entre les zones de santé, les laboratoires et les structures de prise en charge.

Le rapport salue l’engagement des autorités sanitaires nationales et provinciales, avec l’appui des partenaires internationaux, pour renforcer la surveillance, améliorer la prise en charge des malades et intensifier la communication communautaire.
Sur le terrain, la distribution de motos, d’équipements de protection individuelle et de kits de laboratoire, ainsi que le renforcement des campagnes de sensibilisation, visent à améliorer le signalement des cas suspects et à renforcer la confiance des communautés envers les équipes de santé.
Il sied de noter que la situation demeure préoccupante, avec 1 926 cas confirmés et un taux de létalité de 36,4 %. Les progrès enregistrés dans la prise en charge thérapeutique et le suivi des contacts témoignent d’avancées, mais les efforts doivent être intensifiés pour réduire la mortalité et freiner la propagation de la maladie. L’amélioration de l’accès aux zones touchées, le renforcement des moyens logistiques et la sécurisation des équipes sanitaires restent des priorités.
L’INSP et ses partenaires appellent à un soutien accru, notamment en matière de financement, de renforcement des capacités locales, de matériel médical et de sécurisation des interventions, afin de poursuivre efficacement les activités de détection, d’isolement et de prise en charge.
Les autorités sanitaires invitent également la population à rester vigilante, à signaler rapidement tout cas suspect et à faire confiance aux équipes médicales. En cas de symptômes évocateurs de la maladie, elles recommandent d’appeler gratuitement le 151 et de respecter les mesures de prévention en vigueur.
Joëlle Luniongo


