À la deuxième édition du Heaven Brunch Gospel, organisée dimanche 12 juillet à la Maison Hobah à Kinshasa, les témoignages se sont succédé, chacun révélant une facette différente de la foi, de la résilience et de la restauration. Parmi les interventions les plus marquantes de cette rencontre, celle de Charlotte Kalala a profondément touché l’assemblée. Entre confidences sur une enfance douloureuse, combat contre le cancer, blessures familiales et reconstruction spirituelle, la communicante et entrepreneure congolaise a livré un récit sans détour, centré sur la fidélité de Dieu au cœur des épreuves.
Fondatrice de Congo Na Paris et engagée dans la promotion de la RDC à l’international, Charlotte Kalala a choisi de laisser de côté son parcours professionnel pour raconter l’histoire intime qui a façonné la femme qu’elle est devenue.
Dès les premières minutes de son intervention, elle est revenue sur les contradictions qui ont marqué son enfance.
« Moi, je suis fille de pasteur à la base. J’ai grandi dans la maison du Seigneur, mais j’ai aussi grandi avec beaucoup de violence, beaucoup de mépris, beaucoup de rejets et beaucoup de difficultés », a-t-elle confié.
Elle décrit une famille où l’image présentée à l’extérieur contrastait avec les souffrances vécues dans l’intimité. Selon elle, grandir dans cet environnement l’a progressivement conduite à une profonde détresse psychologique.
Elle a révélé avoir traversé plusieurs épisodes de dépression, ponctués de scarifications et de tentatives de suicide, sans jamais pouvoir exprimer sa souffrance.
« Quand on est enfant de pasteur, on ne peut pas exprimer sa souffrance parce que si on parle, on tue le témoignage de papa », a-t-elle expliqué avec émotion.

Alors qu’elle pensait ne plus avoir de raison de vivre, une grossesse inattendue est venue bouleverser son destin. D’abord perçue comme une humiliation, cette naissance s’est finalement transformée en point de départ d’une nouvelle existence.
« Aujourd’hui, mon fils a 15 ans… c’est la chose que Dieu a permise pour me permettre de ne plus jamais faire une tentative de suicide », a-t-elle témoigné sous les applaudissements du public.
Charlotte Kalala a ensuite raconté comment ses blessures l’avaient poussée à remettre en question tout ce qu’elle croyait connaître de Dieu. Déçue par certaines expériences vécues dans le milieu chrétien, elle a expliqué avoir quitté son église et entrepris une longue quête spirituelle à travers différentes confessions religieuses, avant de redécouvrir une relation personnelle avec Dieu.
« J’ai compris que le problème, ce n’était pas Dieu, c’était les hommes. Alors je me suis accrochée à ce Dieu-là et je lui ai demandé de me restaurer », a-t-elle raconté.
Au fil des années, d’autres épreuves sont venues s’ajouter à son parcours notamment des difficultés financières, une crise identitaire liée à son histoire familiale et la nécessité de reconstruire son estime personnelle.
C’est dans ce contexte qu’est née l’idée de Congo Na Paris en 2015, un projet qu’elle présente aujourd’hui comme l’une des preuves que Dieu peut transformer les saisons les plus sombres en opportunités.
Mais c’est en 2019 qu’elle affronte l’épreuve qui marquera définitivement sa vie : un cancer.
Face au diagnostic, elle affirme s’être immédiatement rappelé toutes les batailles déjà traversées.
« Quand le cancer est arrivé, je me suis dit : même dans la vallée de l’ombre de la mort, je ne crains aucun mal, car l’Éternel est avec moi. »
Elle raconte les séances de chimiothérapie, les traitements, les nuits où les médecins annonçaient à ses proches que le pire pouvait arriver, mais aussi les instants où elle choisissait malgré tout de remercier Dieu.
« Avec le peu de souffle qu’il me restait, je rendais grâce à Dieu », a-t-elle déclaré.
Selon elle, c’est précisément cette attitude de reconnaissance qui a transformé son regard sur la maladie et renouvelé son espérance.
Aujourd’hui encore, reconnaît-elle, les défis existent. Mais ils ne définissent plus son identité.
« Dieu est capable de prendre un cœur brisé, de le restaurer et de faire d’une personne quelqu’un qui inspire les autres », a-t-elle insisté.

En guise d’exhortation, Charlotte Kalala a lancé un appel à ne jamais laisser les circonstances prendre le dessus sur la foi.
« Apprenez à rendre grâce à Dieu pour les bons comme pour les mauvais moments. Même lorsque la douleur est intense, que les paroles qui sortent de votre bouche soient des actions de grâce », a-t-elle demandé aux participants.
Convaincue que la reconnaissance change l’atmosphère d’une vie, elle a encouragé chacun à s’appuyer sur les promesses bibliques plutôt que sur les réalités parfois décourageantes des circonstances.
Invitée à résumer sa relation avec Dieu en seulement trois mots, elle a conclu son intervention dans une profonde simplicité :
« Dieu est amour, fidèle et bon », a-t-elle décrit Dieu en trois mots.
Par ces derniers mots, Charlotte Kalala a refermé un témoignage où les blessures du passé ont laissé place à un message d’espérance, rappelant que, selon son expérience, la foi peut devenir le point de départ d’une véritable restauration.
Lydia Mangala


